Le contexte sociosanitaire du Québec au début du XXe siècle n’est pas des plus sain et Drummondville n’y fait pas exception. En fait, ce sont les autorités municipales qui sont en charge de répondre aux besoins de la population locale, et ce, sans grand succès. À l’automne 1910, des démarches sont entreprises pour doter Drummondville de son propre hôpital. On fait alors appel aux Sœurs Grises de Nicolet, connues dans le secteur hospitalier, afin d’assumer la direction de la mission. Le 5 décembre de la même année, les Sœurs décident de s’installer dans l’ancien hôtel Corona situé au coin des rues Lindsay et Cockburn et d’opérer sous le nom d’Hôpital Sainte-Croix de Drummondville.  Au terme d’une location de cinq ans dans l’ancien hôtel, les religieuses, faute de ressources financières suffisantes, se tournent vers l’ancien couvent des Sœurs de la Présentation qui leur est offert gracieusement pour déménager l’hôpital. Situé au coin des rues Brock et Marchand, l’établissement demeure toutefois sous-développé d’un point de vue médical et deux événements majeurs font prendre conscience aux autorités de la nécessité de moderniser l’hôpital. D’abord, le 20 août 1916, une explosion survient à l’usine Aetna Chemical, faisant de nombreux blessés. Faute d’équipements adéquats, plusieurs décèdent...

Le 6 juin 1933, un homme d’affaires du New Jersey du nom de Richard Hollingshead inaugure ce qui deviendra un symbole fort de l’Amérique de l’après-guerre, le fameux « drive in » ou ciné-parc américain. Le site aménagé par Hollingshead peut accueillir 336 voitures prenant place devant un même écran. Le son est alors assuré par un système de haut-parleurs situés près de l’écran et le prix d’entrée, de 0.25$ par famille, constitue une véritable aubaine de divertissement familial. Ce n’est cependant qu’après la Deuxième Guerre mondiale que cette industrie prend véritablement son envol. L’expérience culturelle estivale permet alors d’allier deux des plus grandes passions des Américains : le cinéma et l’automobile. Au Québec, le gouvernement de Maurice Duplessis interdit, après le conflit mondial de 1939-1945, cette pratique qui encourage, dit-on, la débauche et le vice. Pour contrecarrer ce blocus, bon nombre de cinéphiles québécois n’hésitent pas, d’ailleurs, à se rendre dans les ciné-parcs ontariens et américains pour pouvoir regarder des films en plein air. Il faut attendre plusieurs années avant de voir s’implanter graduellement les premiers ciné-parcs dignes de ce nom dans la province. Devant la demande et la pression grandissante de la population, le gouvernement de Robert Bourassa n’a d’autre...

  Entre les deux Guerres mondiales, l’industrie du cirque américain connait de grands moments, bénéficiant de l’engouement des années folles, de la popularité du vaudeville, et de la montée du capitalisme de consommation. Malgré la crise économique de 1929, le Cole Brothers Circus, réussit à se démarquer de certains géants américains tels que les Ringling Brothers. Seulement six mois après sa création, en 1934, ce cirque devient l’un des plus importants des États-Unis grâce au génie de deux hommes d’affaires, Jess Adkins et Zack Terrell. En juin 1938, le Cole Brothers Circus débarque à Drummondville. Le spectacle compte parmi ses têtes d’affiche le plus grand dompteur d’animaux de l’époque, le célèbre Clyde Beatty, ainsi que l’étoile renommée des films de Cow-Boys, Ken Maynard. Il y est présenté également nombre d’acrobates, de casse-cous et de trapézistes, tels que la troupe Gretona, les Flying Harolds, les Peerless Illington, et l’automobiliste Florenzo. L’un des numéros de la famille Gretona, par exemple, implique une bicyclette et trois acrobates : le premier pédalant sans toucher au guidon, le deuxième se tenant debout sur ses épaules, et le troisième, en équilibre sur le guidon la tête en bas et les jambes en l’air. Le tout se passe sur un...

De 1946 à 1966, le Québec voit naître la génération du baby-boom. Sachant qu’entre 1957 et 1959, le taux de natalité au Québec atteint des sommets en franchissant le cap des 144 000 naissances par an, il n’est pas étonnant de voir de plus en plus de gens préoccupés par les loisirs de la jeunesse de l’époque. Déjà présente à Drummondville dans les années 1950, l’Œuvre des terrains de jeux (OTJ) joue un rôle de plus en plus actif auprès des enfants. Au cours de la décennie 1960, cette association dirigée par plusieurs hommes d’influence, tant laïques que cléricaux, prend en charge l’organisation des activités offertes aux « boomers ». La période estivale est de loin la plus occupée, alors qu’une centaine de moniteurs travaille à l’animation d’activités pour les jeunes dans les quatorze parcs du Grand Drummondville. Une journée typique dans les parcs débute à 9h. Après les jeux du matin, l’après-midi est laissé libre afin que les enfants aient l’opportunité de se baigner dans les piscines publiques. En soirée, entre 18h et 20h, tous sont invités à revenir pour d’autres types d’activités telles que l’artisanat et le base-ball. Garçons et filles de 2 à 16 ans peuvent ainsi participer et apprécier...

Au Canada, l’année 1885 est marquée par un important conflit entre le gouvernement fédéral de John A. Macdonald, et les peuples métis du Nord-Ouest qui tentent, sans succès, d’obtenir les titres de propriété des terres de leur région. Cette tentative vient contrecarrer les plans du gouvernement central qui nourrit des visées colonisatrices sur ce territoire. Les tensions entre Ottawa et les Métis, menés par Louis Riel, atteignent leur paroxysme en mai 1885 et culmine par la défaite des Métis à la célèbre bataille de Batoche.  Dans les mois suivants, Louis Riel, tenu responsable des troubles, est condamné à la peine de mort pour les motifs de haute trahison. La partialité du procès est remise en cause par une majorité de Canadiens Français qui y voit un règlement de compte orchestré par Ottawa suite à l’exécution en 1870 de Thomas Scott, jeune orangiste protestant et spéculateur farouchement opposé aux Métis. Quoi qu’il en soit, Louis Riel est exécuté le 16 novembre 1885. La grogne des Canadiens Français face à cet évènement est alors manifeste et polarise le débat public de l’époque. Six jours après la pendaison du chef métis, plus de 50 000 personnes se réunissent au Champ-de-Mars à Montréal pour manifester contre...

À l’automne 1967, René Lévesque quitte le Parti libéral du Québec pour fonder, quelques mois plus tard, le Mouvement Souveraineté Association (MSA). L’ancien journaliste à Radio-Canada publie dès l’année suivante son célèbre essai Option Québec dans lequel il développe l’idée que l’avenir du Québec passe par la convergence des sphères sociales, politiques et économiques dans un projet de souveraineté-association. Cette idée gagnera alors en popularité un peu partout dans la province. À Drummondville, le premier rassemblement public du MSA se tient en février 1968 au Manoir Drummond. Bien qu’encore embryonnaire, le mouvement suscite déjà l’intérêt chez plusieurs et attire plus de 150 sympathisants. L’adhésion des membres augmente considérablement durant l’année, si bien que le MSA-Drummond est autorisé à déléguer douze de ses membres au congrès général d’octobre qui a pour but la mise sur pied d’un parti souverainiste. De l’union du MSA, du Ralliement national (RN) et du Rassemblement pour l’indépendance nationale (RIN) nait alors le Parti Québécois (PQ) avec, à sa tête, René Lévesque. L’année 1969 devient décisive pour la nouvelle formation politique. La section locale organise plusieurs campagnes de recrutement dans toute la circonscription de Drummond pour augmenter sa base partisane. Elle doit également mettre sur pied une équipe forte et...

La fin de la Deuxième Guerre mondiale laisse la plupart des belligérants d’Europe considérablement affaiblis, voire dévastés. Deux pays se démarquent alors comme étant les nouvelles puissances mondiales, soit les États-Unis et l’U.R.S.S. La conclusion du conflit amène ces deux anciens Alliés à s’opposer pour le partage de l’Europe… puis du monde. Dans cette ambiance tendue, agitée par la crainte d’une guerre nucléaire, les États-Unis et l’Union soviétique se lancent dans un affrontement global, alimenté entre autres par une dichotomie idéologique. Aux États-Unis, cette lutte prend des proportions inquisitrices : sous le sénateur Joseph McCarthy, la chasse aux communistes s’apparente à une véritable chasse aux sorcières. La « Peur Rouge » s’étend ainsi à tous les domaines de la vie politique, économique, et culturelle, et ce, jusqu’à Drummondville. Qui dit lutte idéologique, dit aussi propagande massive, tel que nous pouvons le voir dans le journal La Parole de 1957. En effet, c’est aux côtés d’annonces de films alors à l’affiche au Capitol, et à saveur souvent patriotique, telles qu’« Away All Boats » ou « The Return of Captain America », que plusieurs articles de journalistes comme W.N. Ewer et Richard Scott, prennent vivement position contre le communisme. Ce qu’il faut savoir, c’est que l’année 1956 fut, tel que le...

Suite aux succès répétés du club de hockey senior des Rockets de Drummondville au tournant des années 1960, de nombreux citoyens réclament la construction d’un nouvel aréna. En réponse à une demande des amateurs en janvier 1961, les élus ont d’abord tranché le problème en votant pour la rénovation du vieil aréna ; une solution qui déplaît à plusieurs. En mars 1961, les amateurs de hockey lancent un nouveau cri d’alarme par le biais du journal La Parole. La direction des Rockets de Drummondville projette même de suspendre la prochaine saison de l’équipe si la situation concernant l’aréna n’est pas réglée. Cette possibilité entraînerait des pertes économiques importantes, en plus d’une vive déception chez les amateurs. Une délégation de partisans des Rockets, mené par le pilote des Rockets, Lou Poliquin, se rend alors à la séance du Conseil de Ville, en avril 1961, pour obtenir des réponses quant à la rénovation ou à la construction d’un aréna. Suite à la rencontre, tous les élus se déclarent ouvertement en faveur d’un changement ; dans les conditions actuelles, un nouveau bâtiment s’impose. Suite au dépôt des plans de l’aréna à l’automne 1961, deux emplacements sont considérés par la Ville. Le premier, au coin des...

Étant donné que la Ligue provinciale de Hockey n’opère pas lors de la saison 1957-58, Drummondville se tourne vers la Ligue intermédiaire des Cantons-de-l’Est afin d’obtenir une concession. D’abord refusée au profit d’une autre municipalité, la ville obtient finalement un club de hockey lorsque Windsor Mills se retire de la ligue quelques semaines avant le début de la saison. Les Rockets de Drummondville voient alors le jour, venant remplacer les défunts Dragons de la Ligue provinciale. L’équipe a d’ailleurs pris ce nom à la suite d’une suggestion de l’un de ses directeurs, Léo Loiselle, en l’honneur de Maurice Richard. Après une première saison fructueuse, les Rockets, dirigées par l’instructeur Lou Poliquin, entament leur deuxième saison avec de grandes attentes. Faisant preuve d’une belle solidarité, le club s’impose comme l’une des puissances de la ligue et termine au premier rang du classement général. Menés par le joueur étoile Robert Pépin et les frères Boivin, les Rockets récoltent 21 victoires en 30 matchs, dont 14 victoires en 15 parties à l’aréna de Drummondville. Continuant sur sa lancée, l’équipe atteint la finale des séries et se mérite les grands honneurs devant Sherbrooke. Les joueurs gagneront ensuite la finale du championnat provincial des ligues intermédiaires. Après...

À l’approche de la Journée internationale des femmes 2018, la Société d’histoire de Drummond (SHD) souhaite célébrer avec ses lecteurs et ses lectrices cette date importante du calendrier féministe en dédiant l’une de ses chroniques bimensuelles à l’une des grandes dames de notre histoire régionale, madame Thérèse Janelle (1919-2012). Thérèse Janelle naît le 14 février 1919. Fille de Rodolphe Janelle et de Léda Lajoie, cette dernière passe toute sa vie dans le quartier Saint-Frédéric, à Drummondville. Durant l’enfance, Thérèse fréquente l’école Garceau et le Pensionnat Marie-de-la-Présentation. Puis, une fois ses études terminées, elle travaille comme plusieurs autres jeunes femmes de son âge à la Butterfly Hosiery Company, de 1938 à la fermeture de l’usine, en 1962. Passionnée par la lecture et les livres, elle réoriente ensuite sa carrière vers la Bibliothèque municipale où elle s’affaire au catalogage, de 1962 à sa retraite, en 1979. En marge de ses activités professionnelles, madame Janelle s’implique auprès de différents organismes dédiés à la jeunesse et à la condition féminine tels que la Jeunesse ouvrière catholique (JOC) et les Cercles Sociaux Féminins (CSF), dont elle assume la présidence durant plusieurs années. Les Cercles Sociaux Féminins (CSF) de Drummondville voient le jour en décembre 1946 à l’initiative...