Au Canada, l’année 1885 est marquée par un important conflit entre le gouvernement fédéral de John A. Macdonald, et les peuples métis du Nord-Ouest qui tentent, sans succès, d’obtenir les titres de propriété des terres de leur région. Cette tentative vient contrecarrer les plans du gouvernement central qui nourrit des visées colonisatrices sur ce territoire. Les tensions entre Ottawa et les Métis, menés par Louis Riel, atteignent leur paroxysme en mai 1885 et culmine par la défaite des Métis à la célèbre bataille de Batoche.  Dans les mois suivants, Louis Riel, tenu responsable des troubles, est condamné à la peine de mort pour les motifs de haute trahison. La partialité du procès est remise en cause par une majorité de Canadiens Français qui y voit un règlement de compte orchestré par Ottawa suite à l’exécution en 1870 de Thomas Scott, jeune orangiste protestant et spéculateur farouchement opposé aux Métis. Quoi qu’il en soit, Louis Riel est exécuté le 16 novembre 1885. La grogne des Canadiens Français face à cet évènement est alors manifeste et polarise le débat public de l’époque. Six jours après la pendaison du chef métis, plus de 50 000 personnes se réunissent au Champ-de-Mars à Montréal pour manifester contre

À l’automne 1967, René Lévesque quitte le Parti libéral du Québec pour fonder, quelques mois plus tard, le Mouvement Souveraineté Association (MSA). L’ancien journaliste à Radio-Canada publie dès l’année suivante son célèbre essai Option Québec dans lequel il développe l’idée que l’avenir du Québec passe par la convergence des sphères sociales, politiques et économiques dans un projet de souveraineté-association. Cette idée gagnera alors en popularité un peu partout dans la province. À Drummondville, le premier rassemblement public du MSA se tient en février 1968 au Manoir Drummond. Bien qu’encore embryonnaire, le mouvement suscite déjà l’intérêt chez plusieurs et attire plus de 150 sympathisants. L’adhésion des membres augmente considérablement durant l’année, si bien que le MSA-Drummond est autorisé à déléguer douze de ses membres au congrès général d’octobre qui a pour but la mise sur pied d’un parti souverainiste. De l’union du MSA, du Ralliement national (RN) et du Rassemblement pour l’indépendance nationale (RIN) nait alors le Parti Québécois (PQ) avec, à sa tête, René Lévesque. L’année 1969 devient décisive pour la nouvelle formation politique. La section locale organise plusieurs campagnes de recrutement dans toute la circonscription de Drummond pour augmenter sa base partisane. Elle doit également mettre sur pied une équipe forte et

La fin de la Deuxième Guerre mondiale laisse la plupart des belligérants d’Europe considérablement affaiblis, voire dévastés. Deux pays se démarquent alors comme étant les nouvelles puissances mondiales, soit les États-Unis et l’U.R.S.S. La conclusion du conflit amène ces deux anciens Alliés à s’opposer pour le partage de l’Europe… puis du monde. Dans cette ambiance tendue, agitée par la crainte d’une guerre nucléaire, les États-Unis et l’Union soviétique se lancent dans un affrontement global, alimenté entre autres par une dichotomie idéologique. Aux États-Unis, cette lutte prend des proportions inquisitrices : sous le sénateur Joseph McCarthy, la chasse aux communistes s’apparente à une véritable chasse aux sorcières. La « Peur Rouge » s’étend ainsi à tous les domaines de la vie politique, économique, et culturelle, et ce, jusqu’à Drummondville. Qui dit lutte idéologique, dit aussi propagande massive, tel que nous pouvons le voir dans le journal La Parole de 1957. En effet, c’est aux côtés d’annonces de films alors à l’affiche au Capitol, et à saveur souvent patriotique, telles qu’« Away All Boats » ou « The Return of Captain America », que plusieurs articles de journalistes comme W.N. Ewer et Richard Scott, prennent vivement position contre le communisme. Ce qu’il faut savoir, c’est que l’année 1956 fut, tel que le

Suite aux succès répétés du club de hockey senior des Rockets de Drummondville au tournant des années 1960, de nombreux citoyens réclament la construction d’un nouvel aréna. En réponse à une demande des amateurs en janvier 1961, les élus ont d’abord tranché le problème en votant pour la rénovation du vieil aréna ; une solution qui déplaît à plusieurs. En mars 1961, les amateurs de hockey lancent un nouveau cri d’alarme par le biais du journal La Parole. La direction des Rockets de Drummondville projette même de suspendre la prochaine saison de l’équipe si la situation concernant l’aréna n’est pas réglée. Cette possibilité entraînerait des pertes économiques importantes, en plus d’une vive déception chez les amateurs. Une délégation de partisans des Rockets, mené par le pilote des Rockets, Lou Poliquin, se rend alors à la séance du Conseil de Ville, en avril 1961, pour obtenir des réponses quant à la rénovation ou à la construction d’un aréna. Suite à la rencontre, tous les élus se déclarent ouvertement en faveur d’un changement ; dans les conditions actuelles, un nouveau bâtiment s’impose. Suite au dépôt des plans de l’aréna à l’automne 1961, deux emplacements sont considérés par la Ville. Le premier, au coin des

Étant donné que la Ligue provinciale de Hockey n’opère pas lors de la saison 1957-58, Drummondville se tourne vers la Ligue intermédiaire des Cantons-de-l’Est afin d’obtenir une concession. D’abord refusée au profit d’une autre municipalité, la ville obtient finalement un club de hockey lorsque Windsor Mills se retire de la ligue quelques semaines avant le début de la saison. Les Rockets de Drummondville voient alors le jour, venant remplacer les défunts Dragons de la Ligue provinciale. L’équipe a d’ailleurs pris ce nom à la suite d’une suggestion de l’un de ses directeurs, Léo Loiselle, en l’honneur de Maurice Richard. Après une première saison fructueuse, les Rockets, dirigées par l’instructeur Lou Poliquin, entament leur deuxième saison avec de grandes attentes. Faisant preuve d’une belle solidarité, le club s’impose comme l’une des puissances de la ligue et termine au premier rang du classement général. Menés par le joueur étoile Robert Pépin et les frères Boivin, les Rockets récoltent 21 victoires en 30 matchs, dont 14 victoires en 15 parties à l’aréna de Drummondville. Continuant sur sa lancée, l’équipe atteint la finale des séries et se mérite les grands honneurs devant Sherbrooke. Les joueurs gagneront ensuite la finale du championnat provincial des ligues intermédiaires. Après

À l’approche de la Journée internationale des femmes 2018, la Société d’histoire de Drummond (SHD) souhaite célébrer avec ses lecteurs et ses lectrices cette date importante du calendrier féministe en dédiant l’une de ses chroniques bimensuelles à l’une des grandes dames de notre histoire régionale, madame Thérèse Janelle (1919-2012). Thérèse Janelle naît le 14 février 1919. Fille de Rodolphe Janelle et de Léda Lajoie, cette dernière passe toute sa vie dans le quartier Saint-Frédéric, à Drummondville. Durant l’enfance, Thérèse fréquente l’école Garceau et le Pensionnat Marie-de-la-Présentation. Puis, une fois ses études terminées, elle travaille comme plusieurs autres jeunes femmes de son âge à la Butterfly Hosiery Company, de 1938 à la fermeture de l’usine, en 1962. Passionnée par la lecture et les livres, elle réoriente ensuite sa carrière vers la Bibliothèque municipale où elle s’affaire au catalogage, de 1962 à sa retraite, en 1979. En marge de ses activités professionnelles, madame Janelle s’implique auprès de différents organismes dédiés à la jeunesse et à la condition féminine tels que la Jeunesse ouvrière catholique (JOC) et les Cercles Sociaux Féminins (CSF), dont elle assume la présidence durant plusieurs années. Les Cercles Sociaux Féminins (CSF) de Drummondville voient le jour en décembre 1946 à l’initiative

Connu dans la région comme un photographe de grand talent, Pierre Dozois aura figé dans le temps plus de trente ans d’histoire drummondvilloise et régionale. Né à Montréal le 14 juin 1930, il est le fils du comptable Gérard Dozois et de Christiane Laferté. Il grandit dans la Métropole avant d’emménager à Drummondville en 1949. Il épouse Lily Fuller le 29 décembre 1952 à l’église Saint-Frédéric de Drummondville. En 1953, Pierre Dozois installe d’abord son studio privé dans les locaux de la Tabagie Marier au 251 Heriot, avant de s’établir définitivement dans la boutique voisine, au 102 rue Marchand en 1958. Il y vend alors du matériel photographique en plus d’en initier plusieurs à l’art de saisir le moment. Au fil des ans, l’homme au talent de farceur indéniable se bâtit une solide réputation auprès des commerçants et des industriels de la région qui désirent faire la promotion de leurs produits par le biais de clichés d’exception, ainsi qu’auprès des nouveaux mariés qui immortalisent de manière unique le plus beau jour de leur vie. Photojournaliste pour des journaux comme La Tribune, Le Voltigeur et The Gazette, il débute sa carrière en 1951 en se voyant confier la page couverture d’un journal du

Dans son histoire presque centenaire, la défunte Laiterie Lamothe et Frères aura vu se succéder cinq générations de laitiers. Dès 1913, Hilaire Lamothe et sa femme Emma Dumaine développent, avec leurs enfants, une petite exploitation laitière familiale. Prenant graduellement de l’expansion, la distribution se fait alors à l’aide de bidons de deux gallons que l’on transvide chez le client. En 1934, les garçons d’Hilaire et Emma, les frères Léonidas, Siméon et Armand, font construire une laiterie sur la rue Saint-Jean. Elle sera agrandie en 1942. C’est également les débuts de la pasteurisation qui permet d’assurer la conservation et la qualité du lait. Ce procédé consiste à garder les aliments à une température élevée pendant une durée déterminée, afin de détruire les micro-organismes nuisibles. À cette époque, la laiterie est en activité sept jours sur sept. La distribution se fait encore à cheval et débute vers quatre heures le matin. On distribue alors plus de 2500 pintes de lait par jour. En 1949, les fils de Léonidas Lamothe, Marcel et Laurent, deviennent propriétaires et continuent de faire prospérer l’entreprise. Ils seront à l’origine des développements des années suivantes. L’année 1962 marque un changement important pour la compagnie. En effet, on abandonne la livraison

Dans la foulée des évènements de la classique hivernale de Drummondville qui se déroulera du 9 au 11 février prochain, nous avons cru bon revenir sur l’origine du nom de la nouvelle patinoire extérieure Victor-Pepin. Fils de voiturier, Victor Pepin voit le jour à Drummondville le 11 octobre 1894. Après des études au Collège commercial Saint-Frédéric et au Collège du Sacré-Cœur de Victoriaville, il épouse Antoinette Morel en 1919. Neuf enfants naîtront de cette union. Entre 1913 et 1954, il fait carrière au Canadien National et est élu échevin du quartier sud de Drummondville en 1937. C’est cependant son parcours sportif qui laissera une marque indélébile dans notre paysage drummondvillois. En 1925, l’équipe de hockey de Drummondville aligne de très bons joueurs comme Victor Pepin, Albert Corriveau, Lucien Champagne, Camille Tessier et Garcia Béliveau. Les parties sont disputées à l’extérieur, à la patinoire connue sous le nom de « Chez Schaefer » située à l’emplacement actuel du parc Woodyatt. On dit qu’après les parties, les joueurs poursuivent la soirée en patinant jusqu’à minuit avec leur conjointe. Victor Pepin est également membre de l’équipe d’étoiles de Drummondville de 1931 et s’aligne avec l’équipe des Maple Leafs de la Celanese de 1933-1934. L’année

Mot de la rédaction : Dans le cadre de la sortie prochaine du troisième tome de la série, La colonie de la rivière Saint-François, qui porte cette fois sur les Canadiens français, l’historien Maurice Vallée vous propose un avant-goût exclusif de cet ouvrage qui s’annonce des plus stimulant. Bonne lecture ! La première fondation de la colonie de la rivière Saint-François (Drummondville) fut le fait des vétérans de la Guerre de 1812 et plus spécialement des vétérans du Régiment suisse de Meuron. La seconde fut celle des immigrants irlandais. Dès 1830, une troisième fondation s’organise, petit à petit. C’est celle des Canadiens français. Elle prend de l’ampleur pendant et après la période des soulèvements de 1837-1838. Alors que le fringant colonel Heriot et ses troupes de Volontaires loyaux chassent le patriote et le réformiste dans les Cantons-de-l’Est, les Canadiens défrichent, labourent et peinent à rembourser les dettes contractées pour acheter leur lopin de terre. Les enfants grandissent, épaulent leurs parents et prennent ensuite la relève. La proportion de Canadiens français dans la colonie augmente de jour en jour comme le confirment les recensements de 1844 et 1851. Quant au colonel Heriot, ce dernier siège à Montréal au printemps 1840 sur le Conseil spécial du