Le 4 juin dernier, UV Mutuelle procédait à une pelletée de terre symbolique officialisant la construction de son nouveau siège social sur la rue Jean-Berchmans-Michaud à Drummondville. L’événement est alors qualifié d’historique par monsieur Christian Mercier, président-directeur général de la compagnie d’assurance, et avec raison, puisqu’il marque un nouveau départ tourné vers l’avenir, et du même coup, la fin des activités de l’entreprise au centre-ville, où elle a pris racine il y a plus d’un siècle. À la fin des années 1880, le contexte socio-économique de Drummondville est passablement instable : les conditions de travail sont difficiles, les salaires sont au plus bas et le spectre de l’exode rural fait craindre le pire pour l’avenir. Le 29 décembre 1889, en réponse aux incertitudes du moment, François-Xavier-Édouard Demers et quelques citoyens fermement convaincus des vertus que peut offrir une association de secours mutuel décident de fonder L’Union Saint-Joseph de Drummondville. Les débuts sont difficiles, mais grâce à l’ardeur au travail de MM. Damase Benoît, Honoré Gravel, Alexandre Mercure, Joseph-Henri Tétreau, Gaston Ringuet et Marcel Marier, qui se succèdent tour à tour à la présidence du conseil d’administration, la société peut espérer traverser les bouleversements sociaux et économiques qui se dresseront sur son chemin.

  La Dominion Silk Dyeing & Finishing Company, s’établit à Drummondville en 1922 et débute ses opérations en janvier 1923, près de la rivière Saint-François, à un jet de pierre de la Butterfly Hosiery installée au coin des rues Heriot et des Forges depuis 1919. L’usine bénéficie alors d’un pouvoir électrique considérable ainsi que d’eau en quantité suffisante pour ses activités de traitement des tissus. Propriété de la National Silk Dyeing Compagny, située à Paterson au New Jersey, l’usine de 80 000 pieds carrés de Drummondville est vouée à la teinture, que ce soit à l’écheveau ou à la pièce, de divers tissus tels que la soie naturelle et artificielle, le coton et le velours. Dès lors, il s’agit de la première installation du genre au Canada. L’entreprise prend rapidement de l’expansion, à un point tel qu’une compagnie-sœur s’installe sur le terrain voisin, jusque-là propriété des Frères de la Charité, en 1929 : la Dominion Silk Printing Limited. Les deux usines sont alors reliées physiquement par un passage couvert. La seconde est destinée aux impressions de nombreux textiles, celles-ci étant effectuées sur rouleaux, mais également sur crible lorsque le dessin est trop grand. La Dominion Silk Printing engage ainsi un personnel d’artistes qui

  Drummondville, 1920. La politique protectionniste instaurée quarante ans plus tôt par le gouvernement canadien favorise l’industrialisation partout au pays et Drummondville ne fait pas exception. Conjuguée au pouvoir de la nouvelle centrale hydroélectrique de la ville et aux généreuses exemptions de taxes de nos édiles municipaux, la Politique nationale ouvre grande la porte aux industriels qui désirent s’implanter à Drummondville. Et ils seront nombreux. La Jenckes Canadian Tire Fabrics (1920-1928) C’est dans ce contexte que la compagnie américaine Jenckes Spinning Company, de Pawtucket, au Rhode Island, décide de s’établir à Drummondville, en 1920, sur le site actuel du 575 rue des Écoles. La filiale canadienne, qui opère sous le vocable Jenckes Canadian Tire Fabrics, se lance dès lors dans la construction d’une vaste manufacture de quatre étages, au coût de deux millions de dollars. Les travaux débutent au courant de l’été 1920 et se terminent au printemps 1921. La production commence peu après et offre du travail à environ 300 ouvriers dédiés à la fabrication de corde à pneus pour les automobiles. La Drummondville Cotton (1928-1954) En décembre 1928, tel que le laisse croire une rumeur publiée dans les journaux locaux, la Jenckes est vendue à la Dominion Textile. La nouvelle succursale mène dès

Le 25 mai dernier, la directrice générale de l’Académie de ballet de Drummondville (ABD), Christiane Proulx, annonçait la mise sur pied de la Fondation Germaine-Morin-Proulx, créée en l’honneur de sa mère. Cette annonce chargée d’émotions et d’histoire, puisqu’elle réfère à l’une des figures marquantes du développement artistique et culturel de la région, est l’occasion toute désignée de rappeler le parcours exceptionnel de cette grande dame. Germaine Morin naît le 18 janvier 1923 à Saint-Félix-de-Kingsey. Jeune, elle ne pense qu’au théâtre, au Music-Hall américain et au cinéma. Sa passion débordante pour les arts lui vient sans doute de ses parents, car tous les dimanches de son enfance, dit-on, les Morin « ouvrent » le salon et chacun montre ses talents. Les enfants s’en imprègnent. Surtout Germaine, qui étudie très tôt le chant et le théâtre. Au milieu des années 1940, lorsque la famille Morin arrive en ville, les chorales abondent. Germaine prête sa voix à plusieurs d’entre elles et fait la rencontre de Thérèse Ringuet et Berthilde Lachance. Elles poussent les notes ensembles et se laissent transporter de chœur en jubé dans les églises de la région. Bientôt, le chant ne suffit plus; elles rêvent de danse, de l’élégance des ballerines russes et italiennes. Cependant,

  Durant les années 1920, le textile devient le symbole du développement économique et industriel de Drummondville. On assiste alors à l’implantation des plus grands complexes manufacturiers de notre histoire régionale, notamment avec l’établissement de la Butterfly Hosiery, en 1919, une entreprise à capitaux américains spécialisée dans la confection de bas de soie haut de gamme. En effet, le boom économique occasionné par la Grande Guerre (1914-1918) offre une pléiade d’opportunités d’affaires aux industriels américains richissimes qui souhaitent investir chez nous. Ainsi, nos édiles municipaux, avec à leur tête le maire J.-Ovila Montplaisir, s’évertuent à vaincre la concurrence des grandes villes canadiennes en offrant à ces messieurs aux chapeaux haut de forme et aux souliers neufs toutes sortes d’avantages fiscaux. Dans le cas de la Butterfly Hosiery, la Ville de Drummondville lui accorde une généreuse exemption de taxes d’une durée de vingt ans. Au moment de la grande séduction, la Butterfly Hosiery est la plus grande entreprise manufacturière de bas au monde : elle possède une trentaine de moulins en marche aux États-Unis ; produit chaque jour plus de 30 000 paires de bas et son chiffre d’affaires s’élève à 25 millions de dollars annuellement. Inutile de mentionner que d’attirer une telle entreprise à

  Drummondville, novembre 1919. L’administration municipale, menée par le maire J.-Ovila Montplaisir, vient de conclure une série d’ententes assurant l’établissement des deux premières industries du textile à Drummondville, soit la Butterfly Hosiery, qui fera l’objet d’un prochain article, et la Canadian H. W. Gossard, une entreprise torontoise spécialisée dans la fabrication de soutiens-gorges et de corsets haut de gamme. L’événement est historique et les impacts quasi immédiats, puisque le succès de ces usines semble être le point de départ et la condition primordiale de l’agglomération de manufactures qui choisissent successivement Drummondville par la suite comme lieu de leurs opérations. L’implantation de la Canadian H. W. Gossard se fait en deux temps. D’abord prudentes sur ses intentions, les autorités de la compagnie souhaitent expérimenter les conditions locales, notamment du point de vue de la main-d’œuvre, avant de s’installer de manière permanente à Drummondville. Ainsi, dès novembre 1919, la corsetière loue pour quelques mois les anciens locaux de la Drummond Shirt (1915-1918), rue Saint-Jean, et débute presque aussitôt sa production. Dès ses premiers mois d’activités, la manufacture embauche plus de 150 personnes, pour la plupart des jeunes femmes, œuvrant à la confection des soutiens-gorges et des corsets. À son apogée, l’usine donne du travail à

Bien que Drummondville soit fondée en 1815, il faut attendre le début du 20e siècle pour que la petite bourgade de Frederick George Heriot prenne son envol et devienne l’une des capitales du textile au Canada. Nommée ville de la soie durant l’âge d’or de cette industrie, Drummondville a été le berceau de plusieurs manufactures de textile entre les années 1920 et 1960. Il faut savoir que c’est la construction d’une première centrale hydroélectrique en 1919 et d’une seconde en 1925 par la Southern Canada Power qui a été la bougie d’allumage de ce grand développement manufacturier. Afin de se garantir des revenus récurrents, la Southern Canada Power se lance dans une opération de charme auprès de différentes entreprises, le secteur du textile étant privilégié en raison des besoins énergétiques considérables de ce type d’industries. En 1919, les premières industries du textile à s’établir à Drummondville sont, à quelques mois d’intervalle, la H.W. Gossard et la Butterfly Hosiery. Celles-ci seront suivies, quelques mois plus tard par la Jenkes Canadian Tire Fabrics en 1920. Puis, les arrivées successives de la Dominion Dyeing and Painting en 1923, de la Louis Roessel en 1924 et de la Canadian Celanese en 1926 confirment le statut

  La ville de Drummondville connaît une période difficile sur les plans économiques et industriels au cours de la fin des années 1970 et du début des années 1980. La ville parvient toutefois à se redynamiser vers la fin de la décennie grâce à des investissements industriels majeurs de plus de 100 millions de dollars sur le territoire de la municipalité. En comparaison, ce montant s’élevait à seulement 58 millions pour l’année précédente. Plusieurs facteurs expliquent cette montée, dont la vente de terrains industriels. Parmi cela, le projet de la construction du centre commercial Les Promenades Drummondville constitue un événement majeur, faisant passer à lui seul ces investissements de 21 millions en 1987 à 72 millions de dollars en 1988. Il aura fallu plus de dix ans avant que la rumeur de la construction de ce centre d’achat se concrétise. Le projet est endossé par le Groupe Westcliff, alors présidé par M. Irwin Adelson, et prévoit occuper plus de 410 000 pieds carrés sur un terrain de 1,5 millions pieds carrés. La mairesse Francine Ruest-Jutras assure donc la signature des derniers documents le lundi 3 août, qui conviennent de faire passer le taux de participation de Westcliff dans les travaux d’infrastructure de 15% à 25%. La firme

Aurèle Durand est un joueur de balle molle important pour l’histoire du sport à Drummondville. En effet, il a marqué ce sport principalement par sa polyvalence comme lanceur et frappeur. Né à Trois-Rivières le 30 mars 1923 des Trifluviens Josaphat Durand et Victorine Gagnon, Aurèle Durand vient d’une famille de 11 enfants. Il a débuté sa carrière comme lanceur à l’âge de 17 ans, grâce à ses succès avec l’équipe de St-Bernardin, à Trois-Rivières. Il s’est fait connaître par la suite à Drummondville lors de la fin de semaine du 8 août 1940, où il a montré son talent lors de 3 joutes contre des équipes locales. La semaine suivante, le propriétaire de la compagnie Drummondville Cotton l’a appelée, afin qu’il joigne les rangs de son équipe. Cette pratique était populaire. Les équipes sportives industrielles allaient chercher des joueurs des autres usines ou de l’extérieur, afin d’améliorer leurs équipes. Le joueur pouvait être un ouvrier moyen, mais puisqu’il performait sur le plan sportif, il restait avec l’entreprise. C’est dans la Ligue de la cité avec le club du Drummondville Cotton qu’Aurèle Durand a commencé sa carrière à Drummondville. C’est également avec cette équipe qu’il va participer au tournoi provincial de balle

  L’urbanisation rapide que connut Drummondville dans les années 1920 amena son lot de problèmes dans le domaine de l’hygiène publique; les gens arrivés de la campagne étaient peu sensibles au problème des déchets, ayant vécu dans un habitat dispersé. Pendant l’hiver, la population avait la mauvaise habitude de lancer dans les cours les détritus de toute sorte, dont les restes de table, sans conséquence immédiate car ces déchets étaient vite recouverts par les chutes de neige successives. En avril 1932, l’éditorialiste Adélard Rivard incitait ses concitoyens à débarrasser les cours des déchets et des détritus qui s’étaient accumulés pendant l’hiver. Autrement les mouches s’y reproduiraient par milliers, pour devenir le pire cauchemar des ménagères. Il y allait de la santé publique, les mouches étant la cause indirecte de nombreuses maladies infectieuses. On discutait encore en 1932 de la nécessité d’obliger chaque propriétaire ou locataire à avoir un réceptacle en bois ou en métal muni d’un couvercle et de deux poignées.  Un règlement municipal fut adopté en 1935 : on devait déposer dans les poubelles les boîtes de conserve, les restes de table, la cendre; il était interdit aux chiffonniers d’y toucher. Les journaux devaient être mis à part, roulés et attachés. Les