Au début de l’année 1916, la Ville de Drummondville reçoit un avis défavorable du Conseil d’hygiène de la province. L’eau de son aqueduc, pompée de la rivière Saint-François et ne bénéficiant d’aucun traitement, ne répond pas aux normes de qualité. La Saint-François commence déjà à se transformer en égout à ciel ouvert depuis que les villes riveraines ont commencé à bâtir des réseaux de canalisations qui recueillent les eaux usées et les jettent sans traitement à la rivière. Et c’est sans parler des pulperies qui y déversent leurs déchets.Pour rendre l’eau potable, le conseil de ville, dont fait partie l’avocat Napoléon Garceau, opte d’abord pour une usine de filtration puis se ravise et signe en mai 1917 un contrat de 70 000 $ avec la compagnie américaine Layne & Bowler pour un système d’approvisionnement par puits artésiens. L’entente prévoit que la firme devra construire une installation capable de fournir 500 000 gallons d’eau par jour avant la fin de l’année.En début d’année 1918, le volume d’eau fourni par les puits est inférieur au seuil prescrit dans le contrat. La Ville met en demeure Layne & Bowler de respecter le contrat sans succès. Très rapidement, les relations se détériorent et les parties ne...

 En 1874, le curé Majorique Marchand sollicite la présence de religieuses de la Présentation de Marie pour enseigner aux enfants des catholiques alors en minorité à Drummondville. Cinq sœurs sont à l’œuvre, dès 1875, dans un édifice construit à la hâte à proximité du presbytère Saint-Frédéric.La population étant sans cesse croissante et, par conséquent, la fréquentation scolaire, le couvent de la rue Brock s’avère trop petit pour loger tout son monde. Un nouveau bâtiment est érigé, en 1890, sur ce qui est aujourd’hui la rue Moisan. Le « grand couvent » impressionne par ses proportions et les nombreux rappels du style Second Empire, dont le toit mansardé percé de larges lucarnes, les corniches ouvragées, le clocheton bien aligné avec le porche d’entrée et les galeries latérales où il fait bon se délasser. La fréquentation scolaire étant toujours grandissante, on ajoute, dès 1915, une aile du côté ouest.Bon an mal an, le pensionnat accueille 65 pensionnaires, 100 quart-pensionnaires (externes du privé) et autant d’externes du public. Le programme d’enseignement est calqué sur les règlements du comité catholique du Conseil de l’instruction publique de la province de Québec. Les parents des quart-pensionnaires déboursent, sur une base mensuelle, 2,50 $ pour les frais de scolarité et...

 Né le 17 mars 1880 à Drummondville, Walter-Alexandre Moisan est le fils du marchand John Moisan, originaire de Saint-Grégoire-d’Iberville et d’Elizabeth Watkins, de Saint-Germain-de-Grantham. Promis à un brillant avenir, le jeune Moisan complète son cours d’études classiques au Séminaire de Nicolet, avant de s’intéresser à la philosophie au Collège Saint-Dunstan, situé sur l’Île-du-Prince-Édouard. Il entame ensuite des études en droit à l’Université Laval de Montréal, devenant notaire à la fin de son cursus, en juillet 1904. Au mois de septembre de la même année, il débute sa carrière dans sa ville natale où il ouvre son cabinet. Deux ans plus tard, il épouse Béatrice Raîche, fille du notaire Joseph Raîche, de Roxton Falls, avec qui il aura cinq enfants.Engagé dans sa communauté, Moisan agit à titre de secrétaire-trésorier de la Ville de Drummondville dès le 11 mars 1905, puis troc la trésorerie pour le greffe de la municipalité en 1914. Fort impliqué dans l’appareillage municipal, Moisan est le candidat tout désigné pour remplacer Napoléon Garceau lorsque celui-ci quitte la mairie au début de l’année 1924. Moisan est alors élu par acclamation et profite dès lors d’une ville en plein développement. L’administration Moisan poursuit sur la lancée et multiplie les bons coups...

  L’histoire de Jacques Laferté et Mabel Perreault prend ses origines bien avant leur union le 13 février 1954. Grâce à d’imposantes recherches débutées en 2018, leur fille, Nathalie, a pu remonter les traces de leurs ancêtres jusqu’au XVIIe siècle, époque où la Nouvelle-France n’en était qu’à ses débuts. De fil en aiguille, les trajectoires de leurs prédécesseurs se réunissent, au début du XXe siècle, à Drummondville, qui deviendra le décor de la vie de Jacques et Mabel. Née le 5 décembre 1929 à Waltham au Massachusetts, Mabel emménage à Drummondville, avec sa famille, en 1932, où Jacques voit le jour le 21 octobre 1931. Jacques et Mabel profitent d’un Drummondville effervescent pour vivre leurs premières expériences. Habitant sur la 6e avenue du quartier Saint-Jean-Baptiste avec sa famille, Mabel est embauchée par la Drummondville Cotton après avoir étudié au Collège Ellis et intègre, après quelque temps, l’équipe de la paie. C’est d’ailleurs lors d’une journée ensoleillée de l’été 1950 où elle se rend à pied à son travail qu’un jeune homme, Jacques Laferté, la remarque et l’invite à sortir. Issu d’une famille d’entrepreneurs, propriétaire du commerce de bois J.-A. Laferté, Jacques grandit sur la rue Bérard, près de l’Hôpital Michaud, avant d’étudier,...

  PREMIÈRE GUERRE MONDIALE. En mars 1918, le gouvernement russe bolchévique signe un traité de paix avec le Reich allemand et retire ses troupes du front de l’Est. L’Allemagne concentre dès lors son armée sur le front de l’Ouest et tente de vaincre la France et l’Angleterre. En réponse, les Alliés, dont le Canada, déploient une force armée internationale en Russie avec l’objectif de rétablir le front de l’Est contre l’Allemagne. Ainsi, le 12 août 1918, la levée du Corps expéditionnaire canadien en Sibérie (CEC Sibérie) est autorisée et le recrutement débute aussitôt dans les provinces. Au total, le contingent compte un effectif de 4210 soldats, ingénieurs, cuisiniers, médecins et infirmières. De ce nombre, 1653 sont des conscrits, enrôlés de force. Onil Boisvert est l’un de ceux-là. Son histoire est fascinante. Originaire de la municipalité rurale de L’Avenir, comté de Drummond, Onil Boisvert naît le 9 juillet 1896. Fils cadet du cultivateur Amable Boisvert et de dame Olympe Demanche, il grandit dans la campagne l’aveniroise entouré de ses six frères et sœurs. Les sources documentaires n’offrent aucune autre information sur la vie d’Onil avant la guerre, sinon que la famille Boisvert habite toujours L’Avenir au recensement de 1911. La Première Guerre mondiale éclate en...

  Le nom Woodyatt rappelle la mémoire de James Blain Woodyatt, né en 1886 à Brantford en Ontario. Diplômé en génie électrique et à peine âgé de 30 ans, celui-ci est nommé directeur général et membre du Conseil d’administration de la Southern Canada Power (SCP), propriétaire du complexe hydroélectrique de la ville, pour qui il travaille depuis 1913. Parallèlement à ses efforts de mise en valeur de la centrale Hemming, Woodyatt envisage de transformer en un parc public une partie du vaste terrain détenu par la compagnie. D’abord envisagé sur les berges de la rivière Saint-François entre le pont Curé-Marchand et la rue des Forges, la compagnie d’électricité opte finalement pour l’aménagement des berges entre ce même pont et la rue Saint-Georges. Après quelques travaux, dont l’enfouissement des déchets s’entassant depuis des décennies au bas du Manoir Drummond, le parc est ouvert au public en 1930, lequel le désigne dès lors sous le nom de « Parc Woodyatt ». La SCP favorise alors l’installation d’équipements sportifs tels que deux courts de tennis et un jeu de croquet qui viennent s’ajouter à la patinoire « en bas de chez Schaefer » en place depuis 1925, et ce afin d’offrir des activités récréatives aux cadres des industries...

  La découverte de nombreuses sépultures anonymes d’enfants autochtones en juin dernier à Kamloops, suivi de milliers d’autres à travers le pays, nous pousse à vouloir nous sensibiliser davantage aux réalités des communautés locales. Nous croyons que cela passe par la compréhension et l’éducation. Dans l’intention de cultiver le respect, l’intérêt et la curiosité pour l’histoire autochtone, il nous semble pertinent de partager cet humble survol de l’histoire des W8banakiak, mieux connu sous le nom des Abénakis, afin de retracer le prélude de leur arrivée et de leur installation dans la région. Dans la première moitié du XVIIe siècle, le territoire ancestral w8banaki, appelé Ndakina, fut largement réparti à travers la côte est de la Nouvelle-Angleterre ; principalement aux abords des rivières Androscoggin, Kennebec, Penobscot, Merrimack et Connecticut. Recouvrant une vaste terre, le peuple abénakis est composé de plusieurs communautés, notamment les Sokokis, les Norrigwocks et les Androscoggins. La vie se régule alors au rythme des saisons, profitant de la côte atlantique pendant l’été, et remontant au nord jusqu’à la rivière Saint-François pour la chasse durant l’hiver. Les raisons poussant les Abénakis à abandonner progressivement ce vaste domaine sont plutôt complexes, mais peuvent sommairement se résumer aux guerres anglo-wabanakis (1675-1763), dont la plus importante est la...

  Peut-être avez-vous déjà eu la mauvaise surprise d’avoir une contravention pour excès de vitesse ou au contraire, peut-être avez-vous déjà eu la chance de compter sur l’appui d’un policier lors d’une mésaventure? Quoi qu’il en soit, les débuts du corps policier de Drummondville, chargé d’assurer la paix publique, datent d’il y a déjà plus d’un siècle. Bien qu’il semble y avoir eu plusieurs hommes désignés pour maintenir l’ordre durant le XIXe siècle, c’est en 1902 qu’est officiellement nommé Auguste Cloutier à titre de chef de police de la Ville de Drummondville. Celui-ci quitte son poste en 1905 pour devenir employé de la voirie, laissant sa place à Noël Boisclair qui cumule alors les responsabilités de chef de police avec celles de chef des pompiers. Les incendies étant l’un des pires cauchemars des municipalités jusqu’au début du XXe siècle, le service d’incendie est longtemps considéré prioritaire, au détriment de la force policière. S’assurant principalement du maintien de l’ordre à la même époque, ce sont les nombreuses bagarres mettant aux prises les clients enivrés des hôtels du centre-ville qui occupe régulièrement les constables. Le poids des responsabilités entre les pompiers et les policiers s’inversent toutefois progressivement avec l’augmentation de la densité urbaine, l’arrivée de...

Durant la première moitié du vingtième siècle, le baseball gagne en popularité et s’organise un peu partout au Québec. Les stades et les parcs de balle envahissent les quartiers ouvriers, les équipes se forment dans les usines, les ligues industrielles se multiplient et les joutes à ciel ouvert attirent des foules de plus en plus partisanes. Les enfants imitent les adultes et les municipalités prennent graduellement en charge la construction et l’aménagement des infrastructures sportives publiques afin de répondre aux nouvelles aspirations de la population. À Drummondville, selon les sources documentaires disponibles, le sport national des Américains fait de nombreux adeptes dès le début des années 1900. Dans un numéro du journal La Justice, publié en 1905, il est d’ailleurs noté que « de tous les sports en honneur ici, le baseball est sans contredit celui qui capte le plus l’attention du grand public ». La cité est alors représentée par le Royal et les joueurs sont motivés par le simple plaisir de jouer, sans rémunération, et s’acquittent même de leurs dépenses. À l’époque, la ville ne dispose pas de plateaux sportifs nécessaires pour accueillir les parties d’exhibition officielles. Les premiers clubs doivent donc se déplacer de municipalité en municipalité à bord...

 Entre 1920 et 1950, Drummondville connait une explosion démographique sans précédent, passant de 2 850 à 27 500 habitants. La vie citoyenne s’organise alors à vitesse grand V et plusieurs secteurs d’activités se développent, notamment celui des arts et de la culture. Quelques individus soucieux que l’essor de la ville reste dans les mémoires se rassemblent alors dans le but de former une association dédiée à la sauvegarde et à la diffusion de l’histoire régionale. Bien qu’une première rencontre avec le maire Marcel Marier ait lieu le 28 février 1957, il faut attendre le 19 avril 1961 pour que la fondation de la Société historique de Drummondville (SHD) soit officielle.Les premières années de la corporation sont marquées par la préservation de la maison Trent, reconnue comme monument historique en 1964, et les fêtes du 150e anniversaire de Drummondville, en 1965. À partir de 1966, l’organisme vit toutefois une période d’accalmie, si bien qu’il frôle la disparition entre 1970 et 1972. Heureusement, la Chambre de commerce de Drummondville aide à sa survie par le biais de son Comité touristique et historique. Le 16 août 1975, la SHD renaît de ses cendres avec l’inauguration du Musée agricole régional, situé sur le site de la...