La découverte de nombreuses sépultures anonymes d’enfants autochtones en juin dernier à Kamloops, suivi de milliers d’autres à travers le pays, nous pousse à vouloir nous sensibiliser davantage aux réalités des communautés locales. Nous croyons que cela passe par la compréhension et l’éducation. Dans l’intention de cultiver le respect, l’intérêt et la curiosité pour l’histoire autochtone, il nous semble pertinent de partager cet humble survol de l’histoire des W8banakiak, mieux connu sous le nom des Abénakis, afin de retracer le prélude de leur arrivée et de leur installation dans la région. Dans la première moitié du XVIIe siècle, le territoire ancestral w8banaki, appelé Ndakina, fut largement réparti à travers la côte est de la Nouvelle-Angleterre ; principalement aux abords des rivières Androscoggin, Kennebec, Penobscot, Merrimack et Connecticut. Recouvrant une vaste terre, le peuple abénakis est composé de plusieurs communautés, notamment les Sokokis, les Norrigwocks et les Androscoggins. La vie se régule alors au rythme des saisons, profitant de la côte atlantique pendant l’été, et remontant au nord jusqu’à la rivière Saint-François pour la chasse durant l’hiver. Les raisons poussant les Abénakis à abandonner progressivement ce vaste domaine sont plutôt complexes, mais peuvent sommairement se résumer aux guerres anglo-wabanakis (1675-1763), dont la plus importante est la...

  Peut-être avez-vous déjà eu la mauvaise surprise d’avoir une contravention pour excès de vitesse ou au contraire, peut-être avez-vous déjà eu la chance de compter sur l’appui d’un policier lors d’une mésaventure? Quoi qu’il en soit, les débuts du corps policier de Drummondville, chargé d’assurer la paix publique, datent d’il y a déjà plus d’un siècle. Bien qu’il semble y avoir eu plusieurs hommes désignés pour maintenir l’ordre durant le XIXe siècle, c’est en 1902 qu’est officiellement nommé Auguste Cloutier à titre de chef de police de la Ville de Drummondville. Celui-ci quitte son poste en 1905 pour devenir employé de la voirie, laissant sa place à Noël Boisclair qui cumule alors les responsabilités de chef de police avec celles de chef des pompiers. Les incendies étant l’un des pires cauchemars des municipalités jusqu’au début du XXe siècle, le service d’incendie est longtemps considéré prioritaire, au détriment de la force policière. S’assurant principalement du maintien de l’ordre à la même époque, ce sont les nombreuses bagarres mettant aux prises les clients enivrés des hôtels du centre-ville qui occupe régulièrement les constables. Le poids des responsabilités entre les pompiers et les policiers s’inversent toutefois progressivement avec l’augmentation de la densité urbaine, l’arrivée de...

Durant la première moitié du vingtième siècle, le baseball gagne en popularité et s’organise un peu partout au Québec. Les stades et les parcs de balle envahissent les quartiers ouvriers, les équipes se forment dans les usines, les ligues industrielles se multiplient et les joutes à ciel ouvert attirent des foules de plus en plus partisanes. Les enfants imitent les adultes et les municipalités prennent graduellement en charge la construction et l’aménagement des infrastructures sportives publiques afin de répondre aux nouvelles aspirations de la population. À Drummondville, selon les sources documentaires disponibles, le sport national des Américains fait de nombreux adeptes dès le début des années 1900. Dans un numéro du journal La Justice, publié en 1905, il est d’ailleurs noté que « de tous les sports en honneur ici, le baseball est sans contredit celui qui capte le plus l’attention du grand public ». La cité est alors représentée par le Royal et les joueurs sont motivés par le simple plaisir de jouer, sans rémunération, et s’acquittent même de leurs dépenses. À l’époque, la ville ne dispose pas de plateaux sportifs nécessaires pour accueillir les parties d’exhibition officielles. Les premiers clubs doivent donc se déplacer de municipalité en municipalité à bord...

 Entre 1920 et 1950, Drummondville connait une explosion démographique sans précédent, passant de 2 850 à 27 500 habitants. La vie citoyenne s’organise alors à vitesse grand V et plusieurs secteurs d’activités se développent, notamment celui des arts et de la culture. Quelques individus soucieux que l’essor de la ville reste dans les mémoires se rassemblent alors dans le but de former une association dédiée à la sauvegarde et à la diffusion de l’histoire régionale. Bien qu’une première rencontre avec le maire Marcel Marier ait lieu le 28 février 1957, il faut attendre le 19 avril 1961 pour que la fondation de la Société historique de Drummondville (SHD) soit officielle.Les premières années de la corporation sont marquées par la préservation de la maison Trent, reconnue comme monument historique en 1964, et les fêtes du 150e anniversaire de Drummondville, en 1965. À partir de 1966, l’organisme vit toutefois une période d’accalmie, si bien qu’il frôle la disparition entre 1970 et 1972. Heureusement, la Chambre de commerce de Drummondville aide à sa survie par le biais de son Comité touristique et historique. Le 16 août 1975, la SHD renaît de ses cendres avec l’inauguration du Musée agricole régional, situé sur le site de la...

 Au début des années 1900, la pratique du sport est déjà bien amorcée à Drummondville. À cette époque, la ville ne dispose pas de grandes installations modernes, alors on s’accommode des grands espaces à ciel ouvert. L’hiver, la neige sert de couche de fond aux surfaces glacées des cours d’école et des parcs. Les premières équipes de hockey de la région s’y disputent des joutes mémorables. L’été, les terrains vagues se transforment en lieux de récréation. On s’y rassemble pour se lancer la balle, pour jouer au ballon ou pour faire la course.Durant les années 1920, la ville poursuit son développement et accueille de nouvelles industries. Les dirigeants d’usine s’organisent dès lors des équipes sportives et les ouvriers affichent fièrement les couleurs de leur club respectif. Certains joueurs se démarquent et deviennent nos étoiles locales. Puis, le sport gagne en popularité et les besoins de la population grandissent. Nos hommes d’affaires jouent les mécènes ; les stades et les arénas sortent de terre ; les clubs et les associations se multiplient ; et bientôt tous les sports sont représentés.Les journalistes suivent avec attention l’évolution des ligues sportives et entretiennent la ferveur des partisans grâce à leurs chroniques dans La Parole...

 Lundi soir 4 mars 1940. Une importante foule s’est rassemblée sur le quai de la gare de Drummondville. Toutes les organisations catholiques sont représentées : des Chevaliers de Colomb en costume d’apparat aux zouaves en passant par les Filles d’Isabelle. Ces gens sont venus souhaiter la bienvenue à Mgr Ildebrando Antoniutti, le délégué apostolique du pape Pie XII pour le Canada.Antoniutti est accompagné de l’évêque de Nicolet, Mgr Albini Lafortune. À leur descente du train, les éminents visiteurs sont accueillis par le chanoine Georges Melançon, curé de la paroisse Saint-Frédéric et par le maire Arthur Rajotte. Par la suite la foule les escorte jusqu’au presbytère où ils vont loger.On explique à la population que le délégué apostolique est en visite de courtoisie à Drummondville et que c’est tout un honneur pour la ville qui pavoise pour l’occasion. En réalité, le but de la visite d’Antoniutti est tout autre et il n’est pas dévoilé au public : le délégué apostolique est venu transmettre à Georges Melançon une demande formulée par le pape lui-même, celle de devenir évêque du diocèse de Chicoutimi.Melançon est ébranlé par cette demande. Il ne s’attendait pas à cela. On ne connaît pas les raisons exactes qui ont...

  Artiste peintre, dessinateur, illustrateur et membre de la prestigieuse Académie royale des arts du Canada, Lorne Holland Bouchard est reconnu pour ses scènes de ville et ses paysages ruraux associant réalisme et impressionnisme. La plupart de ses œuvres, réalisées en plein air, témoignent de ses nombreux voyages et des endroits où il a vécu, dont Drummondville. Lorne Holland Bouchard naît à Montréal le 19 mars 1913. Fils de Roch Bouchard et de Jennie Holland, il découvre la nature et le dessin à l’âge de sept ans dans le village natal de sa mère, Douglastown, un petit hameau gaspésien perché sur une colline au sud de l’estuaire de la rivière Saint-Jean. Ses parents remarquent très tôt son talent naturel et l’envoient étudier à l’École d’art Barnes dès 1928, sous la direction de Wilfred Molson Barnes, puis à l’École des beaux-arts de Montréal, de 1930 à 1932, auprès du professeur Maurice Félix. Les médiums préférés du jeune homme sont alors la peinture à l’huile, la tempera et l’aquarelle. Les premiers vernissages de Lorne Holland Bouchard se tiennent en 1931 dans les galeries de l’Académie royale des arts et de l’Association des arts de Montréal, une collaboration qui durera jusqu’au milieu des années soixante avec...

 Les légendes naissent souvent d’un fait vécu, un peu hors de l’ordinaire, raconté de descendant en descendant estimé de bonne foi. La transmission orale va son chemin d’une génération à l’autre, teintant le fait d’embellie ou de drame de sorte qu’il devient impossible aujourd’hui d’en confirmer l’exactitude.Chez les Archambault, par exemple, la légende du coup de foudre de l’aïeul Ephrem perdure encore de nos jours. Elle débute alors qu’il vit le deuil de sa première femme, Marie. On est en février 1910. Pour se changer les idées, il accepte l’invitation de sa sœur Armélia qui habite aux « États » et prend le train à Acton Vale en direction de Haverhill, au Massachusetts : un trajet de 550 kilomètres qui s’étend sur la ligne du Grand Trunk jusqu’à la frontière canado-américaine, à la hauteur de Norton, et qui traverse le massif des montagnes Blanches pour laisser ses passagers à Portland, dans le Maine. De là, à bord d’un convoi du Boston & Maine Railway, Ephrem rejoint enfin Haverhill, sa destination finale.Afin d’agrémenter le séjour d’Ephrem, Armélia et son mari Télesphore Larivière invitent une de leurs couturières, Alvinia Houle, veuve de son état, à venir jouer aux cartes à la maison....

  Alors que la population drummondvilloise s’adapte à diverses consignes en raison de la pandémie qui prévaut depuis presque un an, il y a tout lieu de revisiter les différentes restrictions qui ont été imposées à Drummondville au fil de son histoire. En octobre 1918, Drummondville n’échappe pas à la crise de la grippe espagnole qui frappe le monde entier. Rapidement, la maladie se propage et touche plus du quart de la population alors que la ville ne compte qu’environ 4 000 habitants, tuant plus de cinquante personnes. Les conditions de vie engendrées par l’industrialisation (entassement des familles, absence d’aqueducs et d’égouts convenables et manque de soins médicaux) favorisent les risques de contagion, forçant le conseil municipal de Drummondville à mettre sur pied le Bureau local d’hygiène le 4 octobre 1918 afin d’enrayer la progression de la maladie. Tout comme dans de nombreuses municipalités de la province, les réunions et les divers rassemblements sont interdits tandis que les écoles et autres lieux publics sont fermés. Les lieux de culte, plus qu’importants à l’époque, doivent également cesser leurs services. L’école Garceau est, quant à elle, convertie en hôpital pour pallier le manque de lits de l’Hôpital Sainte-Croix. Quelques semaines plus tard, l’épidémie s’estompe...

  Depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, que de fois n’a-t-on pas entendu la phrase suivante en période de récession: ça prendrait une bonne guerre pour relancer l’économie! Qu’en est-il vraiment? Assurément, l’entrée en guerre du Canada le 10 septembre 1939 provoque une mobilisation totale des ressources du pays pour répondre aux besoins de l’armée et des Alliés. La Canadian Celanese et la Drummondville Cotton tournent à plein régime, l’agriculture est sollicitée pour fournir de la viande et des produits laitiers. Oublier la crise, le chômage disparaît et on embauche davantage de femmes pour combler les besoins de l’industrie. Cette prospérité apparente a cependant un coût très élevé. Pour financer cette ruineuse entreprise, l’État puise dans les poches des contribuables. L’impôt sur le revenu est majoré de 20%. Le gouvernement augmente les taxes ou en crée de nouvelles sur l’alcool, le vin, le tabac, les boissons gazeuses, le thé et le café, le gaz et l’électricité. Mais cela ne suffit pas; pour combler les déficits de plus en plus considérables, il faut emprunter. Ottawa lance donc neuf campagnes pour inciter le public à acheter des Obligations de la Victoire. La dette explose, passant de 5 milliards $ à 18 milliards...