Illustre personnage de la région, Napoléon Garceau a joué un rôle considérable sur la scène politique drummondvilloise de la première moitié du 20e siècle. Avocat et journaliste, Garceau s’établit à Drummondville le 2 septembre 1900 et amène avec lui un bagage politique déjà très intéressant. Il a en effet l’expérience de la campagne électorale du 11 mai 1897 durant laquelle il s’était présenté comme candidat libéral provincial dans le comté de Saint-Maurice, avant de se désister à la dernière minute et concéder la victoire à Nérée Duplessis, le père d’un certain Maurice Duplessis. Ainsi, dès son arrivée à Drummondville, Napoléon Garceau tente graduellement de faire son entrée dans le monde politique de la région. L’hebdomadaire La Justice, qu’il lance en 1901, sera une courroie de transmission qui lui permettra de faire valoir ses opinions. La même année, il se présente aux élections provinciales partielles dans le comté de Drummond, mais perd par 831 voix de majorité aux mains de Joseph Laferté. À l’été 1904, Garceau est élu commissaire, puis président de la Commission des écoles de Drummond. Il déloge par la même occasion le curé Frédéric Tétreau, élu à ce poste l’année précédente. Il occupera cette fonction,  hormis une interruption de

Drummondville est fondée par le lieutenant-colonel Frederick George Heriot au début de l’été 1815. Ses premiers habitants sont des vétérans soldats, qui  après avoir servi l’Angleterre lors des campagnes de 1812-1814 contre les Américains, la servent encore, en temps de paix, en colonisant les cantons du Bas Saint-François. Durant les premières années, la colonie conserve un cachet quelque peu militaire avec ses casernes et son champ de manœuvres. Peu à peu cependant, les soldats oublient la carrière des armes pour se consacrer à l’agriculture, à la petite industrie ou au commerce et il n’est plus question de milice à Drummondville durant près d’un siècle. Lorsque la Grande Guerre éclate, en 1914, quelques braves de la région s’enrôlent et prennent part au conflit en Europe. La question de la milice est soulevée à nouveau, mais reste toutefois sans réponse. C’est plutôt à l’aube de la Deuxième Guerre mondiale, alors que la Réserve de l’armée canadienne s’installe à Drummondville, qu’une milice locale est véritablement réorganisée. Si au début de la colonie, la majorité des miliciens sont des anciens militaires reconvertis en agriculteurs, au cours de 1939-1945 et par la suite, ce sont des citoyens provenant de divers milieux qui forment les rangs de

Présente à Drummondville depuis 1939, la Réserve de l’armée canadienne a pris différentes dénominations et rempli des fonctions variées.  En 1963 le gouvernement de Lester B. Pearson donne le signal d’une réduction des ressources et de l’abolition de certaines unités.  Le 46e Régiment d’artillerie de campagne fusionne alors avec le 6e Bataillon Royal 22e Régiment le 31 mars 1968 pour former la Compagnie B du 6e Bataillon Royal 22e Régiment, avec le poste de commandement à Saint-Hyacinthe.  Une soixantaine d’artilleurs se reconvertissent donc en fantassins.  Dans un contexte de guerre froide, la Réserve doit assister la Force régulière, assurer la défense territoriale et assister la population en cas de conflit nucléaire. La Compagnie B compte pour environ un tiers du 6e Bataillon qui a des effectifs de 150 à 200; elle s’entraîne à Drummondville, mais aussi à Farnham, à Valcartier et même à l’étranger, au secourisme, au maniement d’armes portatives ou anti-char, à la conduite de véhicules blindés Grizzly, etc.  Le concept de la Force totale de la fin des années 1970 oblige la Réserve à s’arrimer davantage avec la Force régulière, ce qui provoque l’uniformisation de l’entraînement et de l’équipement.  Dans un contexte de réduction des effectifs réguliers dans les

L’histoire de la milice à Drummondville prit véritablement racine à la fin des années 1930, lorsque le Ministère de la Défense nationale décida de doter la ville d’une école de génie militaire. Le bâtiment, aussi appelé manège militaire, fut construit sur la rue Brock à la fin de l’année 1938 et c’est la 19th Field Company qui s’y installa en premier, au début du mois de janvier 1939. Après la Deuxième Guerre mondiale, en 1948, l’unité de génie fut attachée au 46e Régiment Anti-chars de Sorel et prit le nom de 140e Batterie. En avril 1951, le quartier général du 46e Régiment fut transféré de Sorel à Drummondville et deux ans plus tard, un deuxième manège militaire fut construit sur la rue Saint-Louis. Les travaux de construction débutèrent au courant de l’année 1952. En décembre de la même année, les troupes du 46e Régiment Anti-chars découvrirent leurs nouveaux locaux. Le corps principal de l’édifice, bâti sur deux étages, formait la salle d’exercice de la milice. Au sous-sol, on avait aménagé un entrepôt, des casiers, un atelier pour l’armurier et une vaste salle de tir; au rez-de-chaussée, un garage pour les véhicules, une salle de conférences, des bureaux, la cantine et le

Le 30 janvier 1933, Adolf Hitler accède à la chancellerie de l’Allemagne. Son arrivée au pouvoir marque le début d’une période de crises en Europe, si bien qu’à la fin des années 1930 un deuxième conflit mondial semble inévitable. Le Premier ministre du Canada, Mackenzie King, d’abord opposé à toute participation canadienne au conflit européen, entreprend néanmoins d’accroître ses effectifs et mobilise ses troupes partout au pays. Une école de génie À Drummondville, il n’a plus été question de milice depuis 1918. Après la Première Guerre mondiale, la ville s’est plutôt attardée à son industrialisation et à la modernisation de ses services publics. Puis, en 1938, devant l’imminence d’une nouvelle guerre, le Ministère de la Défense nationale se tourne vers Drummondville pour y fonder une unité de l’armée de réserve. En juin, dans les pages du journal La Parole, on annonce la construction prochaine d’une école de génie militaire sur la rue Brock. En formation En janvier 1939, le bâtiment est terminé et la formation des troupes débute aussitôt. La tâche d’organiser l’unité, appelée la 19th Field Co. Royal Canadian Engineers, est alors confiée au major Dominique Courchesne. Au départ, une quarantaine d’élèves forment les rangs. Les cours se donnent à raison

Le 10 décembre 1921, Drummondville accueillait à l’École Saint-Frédéric le premier corps de cadets de son histoire, le CC 946. Quelques jours plus tard, les garçons inscrits recevaient leurs uniformes et participaient à leurs premiers entraînements. En 1925, une fanfare fut organisée au sein du groupe et bientôt, les manœuvres militaires firent un peu de place à la musique et aux parades, rythmées par la cadence des pas et des tambours. L’Armée En janvier 1939, un premier manège militaire fut érigé sur la rue Brock et une unité de l’armée de réserve, y fut introduite. Peu après, il ouvrit ses portes aux cadets de l’École Saint-Frédéric. Aujourd’hui, le CC 946 n’existe plus, mais son histoire se révèle dans les pages des journaux d’époque. En héritage, ses nombreux défilés pavèrent la voie aux autres corps de cadets qui allaient lui emboîter le pas. En 1950, le CC 2394 Drummondville High School Cadet Corps prit racine sur la rue des Écoles, à l’initiative de Malcolm Johnston. Les exercices s’effectuèrent d’abord dans le gymnase de l’école, puis au nouveau manège militaire de la rue Saint-Louis, dès la fin des années 1950. Aujourd’hui, le CC 2394 compte un effectif de 33 cadets et est commandé par

L’entrée en guerre du Canada en 1939 pose d’emblée le problème du recrutement de soldats pour défendre le pays et pour combattre outre-mer.  Le premier ministre Mackenzie King établit le service militaire obligatoire (conscription) pour la défense du Canada en 1940 en décrétant l’Enregistrement national, qui oblige les hommes de 18 à 40 ans à subir quatre mois d’entraînement pour servir au pays.  En 1942, afin de pallier le manque de recrues, le gouvernement impose la conscription pour le service outre-mer, à la suite d’un plébiscite tenu sur la question. Un certain nombre de jeunes gens tentent alors de se soustraire à la loi.  La GRC et la police militaire (les prévôts) se chargent de les repérer et de les arrêter, sans toujours réussir; ainsi un certain Louis Letellier leur échappe à deux reprises en 1943 et à l’automne 1944 (face à une foule hostile).  On peut présumer que c’est pour laver cet affront que les policiers interviennent en force le 24 février 1945, alors une centaine d’entre eux débarquent à Drummondville pour cueillir les réfractaires (une descente effectuée par une douzaine d’agents suffit à créer tout un émoi en 1943). En fin de soirée, ils se mettent en frais de

Le 1er septembre 1939, l’Allemagne envahissait la Pologne. Deux jours plus tard, la Grande-Bretagne et la France lui déclaraient la guerre. Le monde retint son souffle. La Deuxième Guerre mondiale venait tout juste de commencer. La survie de la Grande-Bretagne et la France, ainsi que la libération de l’Europe dépendaient beaucoup de la capacité des Alliés d’outre-mer, dont le Canada, à les approvisionner en troupes et en matériels, par voies navigables. La stratégie allemande consistait donc à rompre cette communication au moyen d’une offensive massive de sous-marins (U-Boat). En septembre 1939, le Canada n’était pas prêt à remplir cette mission, sa marine ne disposant que de six contre-torpilleurs. Toutefois, le gouvernement de Mackenzie King s’empressa de remédier à la situation. Au début de l’année 1940, sur les chantiers navals du pays, on s’affairait à augmenter la flotte de la Marine royale du Canada d’une centaine de «petits navires» de guerre, les NCSM (Navire canadien de Sa Majesté). Le gouvernement fit baptiser ces navires au nom de certaines villes canadiennes en reconnaissance de la générosité des populations à l’effort de guerre. C’est ainsi qu’à Drummondville, dans les pages du journal La Parole du 19 juin 1941, on annonçait le lancement d’une nouvelle «corvette»,

Durant la Première Guerre mondiale, Drummondville se transforme en une méga-usine de munitions, propriété de la compagnie américaine Ætna Explosives.   En effet, dès le mois de mars 1916, dans les limites sud de la ville, un complexe industriel de quelque 135 hectares produit une poudre propulsive destinée d'abord aux canons du tsar Nicolas II de Russie.  Des milliers de travailleurs participeront à cet effort de guerre, pour la plupart des émigrés originaires des îles britanniques, de l'Italie et de l'Europe de l'Est. Une poudre dite sans fumée La poudre fabriquée à Drummondville est le résultat des recherches effectuées vers 1890 par l'ingénieur français Paul Vieille, et le chimiste suédois Alfred Nobel.  Elle se présente sous forme de plaquettes à base de fibres de coton imprégnées d'acides et de solvants qu'on désigne sous le nom de coton-poudre.  Cette découverte présente des avantages certains sur la poudre noire utilisée depuis des siècles.  Entre autres, la combustion du coton-poudre libère un gaz invisible, alors que la poudre noire dégage une fumée noire (riche en oxyde de carbone) qui permet à l'ennemi de localiser avec précision la provenance du projectile. Disqualification du coton-poudre La commande de 3 000 000 kilogrammes de coton-poudre passée par le gouvernement russe est