Le 18 mai dernier, le Corps de cadets de la marine de Drummondville célébrait ses cinquante ans d’existence dans la région sous la coprésidence du capitaine Richard Grenier, commandant-fondateur, et la lieutenant-colonel Annie Malouin, ancienne cadette du 218. La cérémonie prit rapidement l’allure de grandes retrouvailles et permit aux deux cent cinquante anciens présents de rappeler aux membres de l’équipage actuel les origines de la petite flottille qui devint un jour armada… L’histoire des cadets de la marine à Drummondville débute à l’été 1968 à l’initiative de deux jeunes cadets de l’armée, Byron Woolsey et David Conway, qui persuadent le capitaine Richard Grenier, anciennement de la Marine royale canadienne, de les suivre dans leur aventure. Ainsi, les premières rencontres de fondation se tiennent dans la petite salle paroissiale de l’église anglicane, rue Heriot, et la charte du nouveau corps de cadets est officiellement reconnue par la Ligue navale du Canada, en février 1969. L’équipage compte alors une quarantaine de matelots à son bord. Ces derniers reçoivent leur uniforme bleu « navy » peu après. Ils rêvassent aux héros de la Bataille de l’Atlantique et commencent leur entraînement en septembre suivant aux installations du Manège militaire, rue Saint-Louis, où on leur propose des

Avant la Deuxième Guerre mondiale, il y eut la première, que les contemporains qualifièrent de Grande Guerre vu son ampleur, sa durée et son intensité. La Première Guerre mondiale impliqua en effet plus de soldats, occasionna plus de pertes et mobilisa plus de ressources que tout autre conflit armé survenu jusque-là. Chaque année depuis la fin du conflit, nous célébrons l’armistice du 11 novembre 1918 en portant le coquelicot rouge et en nous rappelant la mémoire de nos soldats disparus. Au total, plus de quatre cent mille soldats canadiens, incluant les volontaires et les conscrits, participèrent au grand conflit mondial de 1914-1918. Parmi ces braves, quelques-uns sont originaires de Drummondville ou des municipalités environnantes. Les recherches actuelles permettent d’en identifier plus d’une centaine. Théophile Jr. Antaya est l’un de ceux-là. Comme tous les autres, il laissa derrière lui sa famille et son confort pour se rendre au front. Il subit les bombardements, les attaques au gaz, la peur, la faim et les désagréments de la vie dans les tranchées. Comme tous les autres, il pria pour une guerre courte et un retour rapide à la maison, mais le conflit dura finalement cinq ans et trois mois. Le soldat Antaya passa

ÉMILIEN BUJOLD, architecte et aquarelliste, naît le 19 février 1921 à Saint-Charles de Caplan, au cœur de la Baie-des-Chaleurs. Il est le fils de Joseph-Émile Bujold et de dame Marguerite Pelletier. Émilien Bujold épouse Pauline Malo, fille de Urgel Malo et de Clara Chartier, le 27 août 1946 à Montréal. De cette union naissent trois filles : Josseline, Claudine et Marie-Christine.      Originaire de la Gaspésie, la famille Bujold s’établit à Montréal en 1923 - pour le travail - alors que le patriarche Joseph-Émile se voit confier la surintendance du chantier de construction du bâtiment central de l’Université de Montréal. Émilien est alors âgé de 2 ans. Lorsque le jeune homme atteint l’âge scolaire, il fait ses études auprès des Clercs de Saint-Viateur avant de poursuivre son cursus au Collège de l’Assomption. Bon élève, les études universitaires sont à sa portée. Ainsi, en 1940, il s’inscrit à la Faculté d’Architecture de l’Université de Montréal où il obtient son diplôme en 1945.      Durant ses études, Émilien œuvre comme apprenti architecte chez Louis Nicolas, à Saint-Jérôme, puis aux côtés de Lucien Parent pour le compte du Bureau des architectes de l’Oratoire Saint-Joseph, en 1944-1945. On lui confie notamment les dessins et les croquis du

Au tournant du dix-neuvième siècle et jusqu’au milieu des années 1800, les Chutes Hemming étaient connues sous le nom de Chutes Menut, nommées en l’honneur de l’aubergiste Alexandre Menut, l’un des premiers colons de la région installé ici bien avant la fondation de Drummondville. L’histoire de ce pionnier est fascinante. Né en France en 1736, il émigre au Canada peu après la Conquête et s’installe à Québec. La suite de ses aventures nous transporte au pied de la basse-ville, en décembre 1775… Le colonel américain Benedict Arnold vient tout juste de s’emparer de la Taverne de Menut, une auberge pouvant accueillir plus de deux cents convives, qu’il monopolise pour y établir son quartier général durant le siège de Québec. Chassé de son établissement, Alexandre Menut laisse ses fourneaux, ses chaudrons et ses chambres confortables aux soldats de l’Armée continentale et se réfugie dans la haute-ville… Des murs fortifiés de Québec, l’aubergiste français assiste alors impuissant aux tirs d’artillerie de ses compatriotes anglais et canadiens qui tentent de déloger les troupes étasuniennes emportant avec la force de leurs boulets de canon les cloisons, les fenêtres et la cheminée de sa propriété. Une fois la victoire britannique sonnée et les vestiges de son auberge

  Au début du vingtième siècle, presque tout ce que portent les gens provient de fibres naturelles, comme le coton et le lin, de la fourrure et de la peau des animaux ou encore des vers à soie. Un changement drastique s’opère lorsque deux jeunes chimistes suisses, Henri et Camille Dreyfuss, inventent une substance synthétique appelée acétate de cellulose qu’ils commercialisent sous le nom de Celanese. Utilisée pour la fabrication de fibres artificielles comparables à celles de la soie, cette substance crée une véritable révolution dans l’industrie du textile. Les frères Dreyfuss fondent d’abord, en 1916, la British Cellulose and Chemical Manufacturing Company à Spondon, en Angleterre, puis implantent, en 1918, la American Cellulose and Chemical Manufacturing Company à Cumberland, aux États-Unis, et la Canadian Celanese Limited Company en 1926, à Drummondville, au Canada. L’inauguration de l’usine drummondvilloise a lieu le 13 septembre 1927. À sa pleine maturité, le complexe industriel comprend notamment une centrale thermique, des bâtiments affectés à la production, soit l’extrusion, le malaxage et l’encollage, le tissage, l’ourdissage et la teinture, une infirmerie, des ateliers d’usinage, de ferblanterie et de soudure, des entrepôts, une station de pompage et une usine de filtration de l’eau, des laboratoires, une cafétéria et

  Dans l’hebdomadaire L’Avenir du Nord, édition du vendredi 15 août 1924, on annonce la construction à Drummondville du premier de cinq édifices dont se composera le complexe industriel de la Louis Roessel & Company, une entreprise américaine spécialisée dans la fabrication de tissus de soie naturelle. L’investissement prévu s’élève à 2.5 M$ et promet l’embauche à terme d’environ 700 personnes. Dans les faits, le manufacturier ne fera construire qu’un seul bâtiment et n’emploiera au maximum que 150 travailleurs : un projet plus modeste, certes, qui connaîtra néanmoins du succès durant les décennies 1930-1940 et participera de belle façon au développement économique de la région. Les travaux de construction de la manufacture de quatre étages débutent donc au courant de l’été 1924 et se terminent à l’automne de la même année. La production des soieries haut de gamme et des satins s’enclenche ensuite au début du mois de septembre, sous la supervision du gérant général Norman G. Glattfelter, et offre du travail à une centaine d’ouvriers. Plus tard, l’administration de l’usine sera confiée à Albert Fulhaber, puis à Léonard Labonté. En 1936, l’entreprise fait aménager pour ses employés et leurs familles un terrain de jeu sur sa propriété et un losange de balle-molle

Le 4 juin dernier, UV Mutuelle procédait à une pelletée de terre symbolique officialisant la construction de son nouveau siège social sur la rue Jean-Berchmans-Michaud à Drummondville. L’événement est alors qualifié d’historique par monsieur Christian Mercier, président-directeur général de la compagnie d’assurance, et avec raison, puisqu’il marque un nouveau départ tourné vers l’avenir, et du même coup, la fin des activités de l’entreprise au centre-ville, où elle a pris racine il y a plus d’un siècle. À la fin des années 1880, le contexte socio-économique de Drummondville est passablement instable : les conditions de travail sont difficiles, les salaires sont au plus bas et le spectre de l’exode rural fait craindre le pire pour l’avenir. Le 29 décembre 1889, en réponse aux incertitudes du moment, François-Xavier-Édouard Demers et quelques citoyens fermement convaincus des vertus que peut offrir une association de secours mutuel décident de fonder L’Union Saint-Joseph de Drummondville. Les débuts sont difficiles, mais grâce à l’ardeur au travail de MM. Damase Benoît, Honoré Gravel, Alexandre Mercure, Joseph-Henri Tétreau, Gaston Ringuet et Marcel Marier, qui se succèdent tour à tour à la présidence du conseil d’administration, la société peut espérer traverser les bouleversements sociaux et économiques qui se dresseront sur son chemin.

  Drummondville, 1920. La politique protectionniste instaurée quarante ans plus tôt par le gouvernement canadien favorise l’industrialisation partout au pays et Drummondville ne fait pas exception. Conjuguée au pouvoir de la nouvelle centrale hydroélectrique de la ville et aux généreuses exemptions de taxes de nos édiles municipaux, la Politique nationale ouvre grande la porte aux industriels qui désirent s’implanter à Drummondville. Et ils seront nombreux. La Jenckes Canadian Tire Fabrics (1920-1928) C’est dans ce contexte que la compagnie américaine Jenckes Spinning Company, de Pawtucket, au Rhode Island, décide de s’établir à Drummondville, en 1920, sur le site actuel du 575 rue des Écoles. La filiale canadienne, qui opère sous le vocable Jenckes Canadian Tire Fabrics, se lance dès lors dans la construction d’une vaste manufacture de quatre étages, au coût de deux millions de dollars. Les travaux débutent au courant de l’été 1920 et se terminent au printemps 1921. La production commence peu après et offre du travail à environ 300 ouvriers dédiés à la fabrication de corde à pneus pour les automobiles. La Drummondville Cotton (1928-1954) En décembre 1928, tel que le laisse croire une rumeur publiée dans les journaux locaux, la Jenckes est vendue à la Dominion Textile. La nouvelle succursale mène dès

Le 25 mai dernier, la directrice générale de l’Académie de ballet de Drummondville (ABD), Christiane Proulx, annonçait la mise sur pied de la Fondation Germaine-Morin-Proulx, créée en l’honneur de sa mère. Cette annonce chargée d’émotions et d’histoire, puisqu’elle réfère à l’une des figures marquantes du développement artistique et culturel de la région, est l’occasion toute désignée de rappeler le parcours exceptionnel de cette grande dame. Germaine Morin naît le 18 janvier 1923 à Saint-Félix-de-Kingsey. Jeune, elle ne pense qu’au théâtre, au Music-Hall américain et au cinéma. Sa passion débordante pour les arts lui vient sans doute de ses parents, car tous les dimanches de son enfance, dit-on, les Morin « ouvrent » le salon et chacun montre ses talents. Les enfants s’en imprègnent. Surtout Germaine, qui étudie très tôt le chant et le théâtre. Au milieu des années 1940, lorsque la famille Morin arrive en ville, les chorales abondent. Germaine prête sa voix à plusieurs d’entre elles et fait la rencontre de Thérèse Ringuet et Berthilde Lachance. Elles poussent les notes ensembles et se laissent transporter de chœur en jubé dans les églises de la région. Bientôt, le chant ne suffit plus; elles rêvent de danse, de l’élégance des ballerines russes et italiennes. Cependant,

  Durant les années 1920, le textile devient le symbole du développement économique et industriel de Drummondville. On assiste alors à l’implantation des plus grands complexes manufacturiers de notre histoire régionale, notamment avec l’établissement de la Butterfly Hosiery, en 1919, une entreprise à capitaux américains spécialisée dans la confection de bas de soie haut de gamme. En effet, le boom économique occasionné par la Grande Guerre (1914-1918) offre une pléiade d’opportunités d’affaires aux industriels américains richissimes qui souhaitent investir chez nous. Ainsi, nos édiles municipaux, avec à leur tête le maire J.-Ovila Montplaisir, s’évertuent à vaincre la concurrence des grandes villes canadiennes en offrant à ces messieurs aux chapeaux haut de forme et aux souliers neufs toutes sortes d’avantages fiscaux. Dans le cas de la Butterfly Hosiery, la Ville de Drummondville lui accorde une généreuse exemption de taxes d’une durée de vingt ans. Au moment de la grande séduction, la Butterfly Hosiery est la plus grande entreprise manufacturière de bas au monde : elle possède une trentaine de moulins en marche aux États-Unis ; produit chaque jour plus de 30 000 paires de bas et son chiffre d’affaires s’élève à 25 millions de dollars annuellement. Inutile de mentionner que d’attirer une telle entreprise à