Lors de la fondation de Drummondville en 1815, plusieurs vétérans de la Guerre de 1812 se voient attribués des concessions dans les cantons du bas Saint-François grâce à l’intermédiaire du surintendant désigné par la Couronne britannique, Frederick George Heriot. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la colonie naissante est multiethnique. En effet, les premiers colons de 1815 sont principalement d’origine irlandaise, écossaise et anglaise, alors que ceux arrivés en 1816 sont de nationalité suisse, italienne, allemande, polonaise et française. Plus de 250 vétérans participent ainsi aux débuts de Drummondville, en commençant par l’aménagement de la place d’Armes où sont construites trois baraques. Ces casernes rudimentaires servent d’abord d’espace d’entreposage pour les vivres, les outils et les armes, mais jouent aussi un rôle central dans la communauté, notamment en devenant le premier lieu de culte de la colonie, tant pour les anglicans que pour les catholiques. Rapidement, le bâtiment utilisé comme chapelle multiconfessionnelle s’avère trop petit pour tenir les offices religieux. Souhaitant favoriser l’harmonie entre ses concitoyens, Heriot offre aux deux principales confessions religieuses de la colonie un terrain permettant l’érection de leur église. Nées de la volonté d’Heriot de respecter la foi de tout un chacun, les premières églises immortalisent...

  Les bâtiments patrimoniaux sont en quelque sorte des représentations architecturales de nos souvenirs. Ils sont également des repères matériels qui confèrent aux villes leur identité singulière. En ce sens, lorsque les maisons ancestrales, les vieux magasins généraux et les petites églises de quartier disparaissent, que ce soit par le feu ou par le pic des démolisseurs, c’est aussi une partie de notre mémoire collective qui s’éteint. Au centre-ville de Drummondville, comme dans plusieurs autres villes et villages du Québec, les bâtiments d’intérêt patrimonial disparus sont nombreux, si bien que lorsque l’on regarde une photographie ancienne mettant en scène le parc Saint-Frédéric, en 1919, on peine aujourd’hui à reconnaître l’endroit. À cette époque, ce lieu névralgique de rencontre de nos ancêtres était ceinturé par l’Hôtel des postes, la résidence bourgeoise du juge Joseph Marier, la petite maison blanche du docteur Ulric Gill, l’édifice commercial de la Southern Canada Power, la succursale locale de la Banque canadienne de commerce, l’hôtel Manoir Drummond, le Bureau d’enregistrement, l’Église catholique Saint-Frédéric et son presbytère. Cet espace, situé à la croisée des chemins reliant la basse-ville et la haute-ville, dans le quadrilatère des rues Heriot, Girouard, Brock et Marchand (autrefois du Couvent), représente ce qu’il est convenu...

  Alexandre Mercure est né le 26 février 1867, dans le patelin de Saint-Thomas-de-Pierreville, du mariage d’Alexandre Mercure père (1821-1902), cultivateur, et d’Angèle Lemaitre-Auger (1832-1918). Le jeune Mercure étudie à l’Académie des Frères des Écoles Chrétiennes de Baie-du-Febvre, avant d’être engagé à titre de comptable, en 1885, par Henri Vassal, commerçant de bois et propriétaire de moulins à scie dans la région de Drummondville depuis 1880. Quelques années plus tard, Alexandre Mercure épouse, le 17 juin 1891 à Baie-du-Febvre, Marie-Louise Smith (1869-1977), fille du Dr William Smith (1838-1917) et d’Olivia Duval (1840-1923), avec qui il aura dix enfants. En 1905, fort de son expérience des deux dernières décennies au sein de l’entreprise, Mercure rachète tout l’actif de Vassal, soit deux scieries très prospères, l’une à Drummondville, sur le site de l’actuel parc Sainte-Thérèse, et l’autre à Saint-Joachim-de-Courval, ainsi que son exploitation forestière couvrant plus de 6 000 acres. L’entreprise produit alors des planches et des madriers à partir du bois coupé jusque sur les terres de Saint-Lucien et de Saint-Félix-de-Kingsey, situées en amont, et acheminé aux moulins grâce à la rivière Saint-François. Il en demeure le propriétaire jusqu’à sa faillite en 1925. Son fils Gustave reprend alors les rênes sous le nom de...

  Qui se cache derrière la somptueuse demeure sise au 131, rue Saint-Georges à Drummondville? La résidence, d’influence victorienne et italienne, faisant face à la rue Lindsay et faisant la fierté du centre-ville depuis de nombreuses décennies, voit le jour grâce à William Mitchell, homme d’affaires et politicien important, mais souvent oublié, de la région. Né le 14 mars 1851 dans le Canton de Durham, William Mitchell est le fils de Thomas Mitchell et de Margaret Patrick, tous deux originaires du nord de l’Irlande. Après avoir fréquenté les écoles publiques du canton, le jeune William émigre dans l’État du Maine, chez nos voisins du Sud, où il est engagé au sein d’une compagnie de chemin de fer. De retour dans sa région d’origine, Mitchell est employé quelques temps par une compagnie d’exploitation forestière avant de s’installer à Drummondville où il épouse Dora A. Goddard le 1er novembre 1876. Le couple aura deux fils, Walter George et Alsey. Au cours des années 1880, William Mitchell s’associe avec Charles Church et Thomas E. Fee, tous deux originaires de la région de Durham Sud, pour se lancer dans le commerce du bois, notamment celui de l’écorce de pruche et du bois de charpente. Les affaires prospèrent...

Nous sommes le 3 juillet 2006 et partout en ville, il y a un air de fête. Des ornements colorés sont installés sur les lampadaires du pont de la Traverse et du boulevard Saint-Joseph, des guirlandes sont suspendues tout le long de la rue Heriot et des mannequins géants invitent la population à son rendez-vous annuel : le Mondial des cultures. Le parc Woodyatt, site principal des festivités, se prépare à recevoir le monde pour sa 25e édition. Le Festival mondial de folklore de Drummondville, nom de l’événement jusqu’en 1998, naît d’une vision où danse, musique, chants, traditions culinaires, costumes et jeux sont à l’honneur. D’abord portée par l’ensemble folklorique Mackinaw, l’idée de cette fête populaire se concrétise en 1982 grâce à la collaboration du Carrefour socioculturel de Drummondville et du Conseil canadien des arts populaires. Dès la première édition du festival, l’événement est un succès avec la présence de 15 troupes internationales reconnues pour la qualité de leurs prestations et une météo plus que favorable. Même si chaque édition demeure unique en raison des troupes présentes, plusieurs incontournables émerveillent les festivaliers année après année. La Folkothèque tremble sous les pas de danseur, le Coin du p’tit monde s’éveille avec les rires d’enfants et...

  Dans une ère où les changements climatiques sont au cœur des enjeux à la fois environnementaux, sociaux, politiques et économiques, il est plus que jamais pertinent de se questionner quant à notre impact sur notre milieu de vie. Il est parfois difficile de saisir cet impact dans le moment présent. C’est pourquoi l’histoire nous permet de prendre du recul et d’observer les conséquences des choix que nous avons faits comme société. Le cas du saumon de la rivière Saint-François en est un bon exemple. Entre les années 1850-1880, la rivière Saint-François regorge de Salmo Salar, plus couramment appelé saumons de l’Atlantique. Il est même dès lors surnommé le Roi saumon. On ne saurait trop insister sur l’importance de ce poisson dans les premiers temps de la colonie. De par la pêche, il s’illustre non seulement comme le loisir sportif principal des colons, mais représente également un élément indispensable à leur subsistance. Bien que Drummondville ne soit pas un lieu propice au frayage du poisson, une fosse exceptionnelle se trouve devant les chutes Lord permettant au Salmo Salar de se rassembler et d’attendre une crue lui permettant de sauter les chutes. Il peut par la suite poursuivre sa route dans les...

 Au début de l’année 1916, la Ville de Drummondville reçoit un avis défavorable du Conseil d’hygiène de la province. L’eau de son aqueduc, pompée de la rivière Saint-François et ne bénéficiant d’aucun traitement, ne répond pas aux normes de qualité. La Saint-François commence déjà à se transformer en égout à ciel ouvert depuis que les villes riveraines ont commencé à bâtir des réseaux de canalisations qui recueillent les eaux usées et les jettent sans traitement à la rivière. Et c’est sans parler des pulperies qui y déversent leurs déchets.Pour rendre l’eau potable, le conseil de ville, dont fait partie l’avocat Napoléon Garceau, opte d’abord pour une usine de filtration puis se ravise et signe en mai 1917 un contrat de 70 000 $ avec la compagnie américaine Layne & Bowler pour un système d’approvisionnement par puits artésiens. L’entente prévoit que la firme devra construire une installation capable de fournir 500 000 gallons d’eau par jour avant la fin de l’année.En début d’année 1918, le volume d’eau fourni par les puits est inférieur au seuil prescrit dans le contrat. La Ville met en demeure Layne & Bowler de respecter le contrat sans succès. Très rapidement, les relations se détériorent et les parties ne...

  La Société d’histoire de Drummond (SHD) est très fière d’annoncer le lancement de sa plateforme de consultation de journaux d’époque, accessible dès maintenant sur son site Web (histoiredrummond.com). Grâce au Programme pour les collectivités du patrimoine documentaire de Bibliothèque et Archives Canada, l’ambitieux projet permet aux membres de la SHD de consulter en ligne les exemplaires des journaux La Parole de 1926 à 1976 et The Spokesman de 1928 à 1957. Ces hebdomadaires ont été, pendant plusieurs décennies, les principaux moyens de diffusion de l’information auprès des citoyens de la région de Drummondville et permettent aujourd’hui de mieux connaître les actualités, les acteurs et les enjeux qui ont marqué notre histoire. Étant donné l’état actuel des exemplaires les plus anciens de cette collection, il était devenu impératif de prévenir les ravages du temps grâce à leur numérisation et leur mise en valeur sur le site Web de l’organisme développé par Idhéa Marketing. Les numéros du journal La Parole s’y trouvent déjà dans la section « Journaux », tandis que ceux du journal The Spokesman seront ajoutés d’ici la fin du mois de mars. Ce contenu est exclusif aux membres de la SHD, dont l’abonnement annuel est de 25$. Mis en branle en 2020, le projet s’est...

  L’histoire de Jacques Laferté et Mabel Perreault prend ses origines bien avant leur union le 13 février 1954. Grâce à d’imposantes recherches débutées en 2018, leur fille, Nathalie, a pu remonter les traces de leurs ancêtres jusqu’au XVIIe siècle, époque où la Nouvelle-France n’en était qu’à ses débuts. De fil en aiguille, les trajectoires de leurs prédécesseurs se réunissent, au début du XXe siècle, à Drummondville, qui deviendra le décor de la vie de Jacques et Mabel. Née le 5 décembre 1929 à Waltham au Massachusetts, Mabel emménage à Drummondville, avec sa famille, en 1932, où Jacques voit le jour le 21 octobre 1931. Jacques et Mabel profitent d’un Drummondville effervescent pour vivre leurs premières expériences. Habitant sur la 6e avenue du quartier Saint-Jean-Baptiste avec sa famille, Mabel est embauchée par la Drummondville Cotton après avoir étudié au Collège Ellis et intègre, après quelque temps, l’équipe de la paie. C’est d’ailleurs lors d’une journée ensoleillée de l’été 1950 où elle se rend à pied à son travail qu’un jeune homme, Jacques Laferté, la remarque et l’invite à sortir. Issu d’une famille d’entrepreneurs, propriétaire du commerce de bois J.-A. Laferté, Jacques grandit sur la rue Bérard, près de l’Hôpital Michaud, avant d’étudier,...

  PREMIÈRE GUERRE MONDIALE. En mars 1918, le gouvernement russe bolchévique signe un traité de paix avec le Reich allemand et retire ses troupes du front de l’Est. L’Allemagne concentre dès lors son armée sur le front de l’Ouest et tente de vaincre la France et l’Angleterre. En réponse, les Alliés, dont le Canada, déploient une force armée internationale en Russie avec l’objectif de rétablir le front de l’Est contre l’Allemagne. Ainsi, le 12 août 1918, la levée du Corps expéditionnaire canadien en Sibérie (CEC Sibérie) est autorisée et le recrutement débute aussitôt dans les provinces. Au total, le contingent compte un effectif de 4210 soldats, ingénieurs, cuisiniers, médecins et infirmières. De ce nombre, 1653 sont des conscrits, enrôlés de force. Onil Boisvert est l’un de ceux-là. Son histoire est fascinante. Originaire de la municipalité rurale de L’Avenir, comté de Drummond, Onil Boisvert naît le 9 juillet 1896. Fils cadet du cultivateur Amable Boisvert et de dame Olympe Demanche, il grandit dans la campagne l’aveniroise entouré de ses six frères et sœurs. Les sources documentaires n’offrent aucune autre information sur la vie d’Onil avant la guerre, sinon que la famille Boisvert habite toujours L’Avenir au recensement de 1911. La Première Guerre mondiale éclate en...