Durant le deuxième grand conflit mondial, les femmes canadiennes contribuent elles aussi à l'effort de guerre. Des milliers portent l’uniforme et servent dans les forces armées comme infirmières militaires, mécaniciennes ou radiotélégraphistes ; d’autres travaillent dans les usines ou sur les fermes ; s’impliquent auprès des œuvres de bienfaisance et tricotent des bas et des mitaines ; préparent des colis pour les soldats envoyés outre-mer ; et recueillent des matériaux dans le cadre des campagnes de récupération. Les Drummondvilloises ne font pas exception. Marguerite Courchesne est l’une de celles-là. Nous lui dédions cette chronique.    Fille du cultivateur Ulric Courchesne et de dame Emma McClure, Marguerite naît le 9 mars 1897 dans la petite municipalité de Saint-François-du-Lac. Ses études en sténographie terminées, elle fait ses débuts dans le domaine des assurances à Montréal en 1913-1914 comme secrétaire pour le compte de la Mount Royal Insurance Company. Elle rejoint sa famille à Drummondville en 1929, à la demande de son frère Dominique, qui vient tout juste de faire l’acquisition du bureau d’assurances Courchesne, rue Lindsay, anciennement propriété de son cousin Édouard. C’est dans ces circonstances que Marguerite arrive en ville pour exercer le métier de courtière, une occupation jadis réservée aux

Le 20 janvier dernier, le maire Alexandre Cusson présidait sa dernière séance au conseil municipal et quittait officiellement ses fonctions quelques jours plus tard. Ainsi donc, dans quelques mois, nous serons appelés aux urnes pour élire celui ou celle qui le remplacera à l’Hôtel de Ville. Il y a cent ans, presque jour pour jour, les Drummondvillois vivaient une situation semblable et ce hasard de l’histoire m’offre l’occasion de vous faire voyager à peu de frais au début du siècle dernier.      Nous nous retrouvons donc au cœur du Drummondville d’antan, au début de janvier 1920. Le maire de l’époque, Joseph-Ovila Montplaisir, est sur le point de tirer sa révérence après un court mandat de deux ans marqué par le boom économique d’après-guerre et l’implantation des premières manufactures de textile qui feront vivre les ménages de la région durant des décennies. La scène politique locale déborde alors d’esprits forts et de notables capables d’affronter les défis naissants qui émanent du nouveau statut industriel de la ville. Pourtant, un seul candidat se propose à la succession du maire Montplaisir : Napoléon Garceau.      Homme d’action et de débat déjà bien connu de ses concitoyens, Garceau se présente devant l’électorat avec une feuille de route

L’arrivée de nombreuses entreprises américaines et d’une masse considérable d’ouvriers durant la première moitié du XXe siècle à Drummondville provoque de nouvelles pratiques dans les manufactures locales, notamment au niveau des loisirs, et permet alors l’instauration de ligues sportives industrielles. La promotion de l’esprit d’équipe, de la compétitivité, de la concurrence, du don de soi et du leadership est le leitmotiv des entrepreneurs qui souhaitent transmettre la fougue des sports d’équipes sur les lignes de production. Les usines commencent à former des ligues sportives à l’interne, opposant leurs divers départements, pour ensuite se livrer bataille entre elles sur les terrains de jeux de la ville au sein de la Drummondville Industrial League, qui débute dès 1925. L’importance du sport dans le monde industriel se reflète également par l’investissement de certaines usines dans des infrastructures sportives sur leur propre propriété. Ce fut le cas notamment de la Celanese, qui fit bâtir un terrain de baseball, une patinoire, des allées de curling et même, durant une certaine période, une plage réservée aux employés de l’usine et leur famille. Les tournois des lignes industrielles sont un moyen pour les différentes compagnies de se démarquer et de faire bonne figure dans la communauté. C’est l’une

L’écrivain français Émile Zola, également photographe à ses heures, affirmait que l’on ne peut pas dire que l’on a véritablement vu quelque chose si l’on n’en a pas pris un cliché, pour en révéler tous les détails qui autrement ne pourraient être discernés. En contemplant l’œuvre de Lorne Elder, un photographe ontarien amateur de passage à Drummondville à la fin des années 1930, cette citation s’est mise à résonner dans ma tête et m’est apparue naturellement comme une évidence. Elder avait dû lire Zola car, sur le point de retourner chez lui en 1938, il avait parcouru la ville pour la contempler et la photographier sous tous ses angles, comme pour figer sur pellicule ses moindres spécificités et en extraire toute la beauté. Aussi, sans doute, pour ne jamais oublier son voyage chez nous. Comme on ne veut oublier un amour de vacances. Il faut dire que son séjour à Drummondville, bien qu’il ait été de courte durée, a été déterminant dans la vie professionnelle du jeune homme. Lorne Elder (1916-2009) est originaire de Hensall, un petit village situé à proximité du Lac Huron, en Ontario. Habité par l’ambition de concevoir et de fabriquer de gros moteurs diesel et voyant le