Le quartier Sainte-Thérèse 1880-1960

Le développement du quartier Sainte-Thérèse s’inscrit dans deux périodes distinctes : d’abord, l’époque du moulin à scie Vassal-Mercure, puis l’ère des grandes usines de textile qui s’implantent à la limite occidentale.

Dès 1880, un village prend forme alors que débutent les activités d’une scierie située dans l’actuel parc Sainte-Thérèse.  Pendant 40 ans, des estacades retiennent les billots emportés par le courant jusqu’au pied du moulin.  Les meilleures pièces de bois sont sciées en planches qui transitent vers les marchés extérieurs grâce à une voie d’évitement du Canadian Pacific qui emprunte un tracé parallèle à l’actuelle rue Celanese.  La population est alors assez nombreuse pour justifier l’ouverture d’un bureau de poste qui porte le nom du patron Henri Vassal, et d’une école pouvant accueillir une soixante d’élèves, laquelle est détruite par le feu en 1931.

À compter de 1920, la croissance du quartier Sainte-Thérèse sera étroitement liée à l’essor de deux entreprises manufacturières, soit la Jenkes Canadian Co et la Canadian Celanese.  En moins de deux décennies, la moitié de la population protestante du grand Drummondville ainsi que plusieurs catholiques anglais y auront élu domicile.  C’est d’ailleurs l’église Sainte-Thérèse qui dessert la population catholique de langue anglaise de toute la ville, lui réservant une prédication les dimanches et jours de fête ainsi qu’une retraite dans leur langue.

Au début des années 1960, Sainte-Thérèse est une « ville-dortoir » densément habitée, à l’exception d’un quadrilatère connu sous le nom de « square Celanese », réservé à 12 membres de son état-major.  Ses techniciens et administrateurs habitent des résidences érigées en bordure de la rivière Saint-François, ou dans des résidences multifamiliales, propriété de Canadiens français dont les revenus sont généralement inférieurs à ceux de leurs locataires anglophones. Sur les rues Cartier, Vassal et Mercier, subsiste un noyau de résidences modestes, hérité de la période du moulin à scie Vassal-Mercure.

La fonction institutionnelle embrasse l’école Sainte-Thérèse, le Drummondville High School ainsi que l’église et le presbytère qui font face à un parc aménagé depuis 1931 sur le site de l’ancienne scierie.  C’est là que la population en général s’adonne aux sports nautiques, alors que les employés de la Celanese jouissent d’installations prestigieuses situées dans l’aire de la station de pompage. Enfin, une constellation d’entreprises d’affaires ont pignon sur la rue Celanese et sur le boulevard Mercure.

Yolande Allard