Visite spéciale de la Celanese et de la Marconi

Le 22 septembre dernier, lors du congrès annuel de l’Association québécoise pour le patrimoine industriel (AQPI) tenu à Drummondville, j’ai eu le privilège de visiter d’anciens sites industriels ayant marqué l’histoire locale et nationale.

Quatre-vingt-cinq ans plus tôt, le premier ministre Taschereau inaugurait officiellement le complexe de la Canadian Celanese de Drummondville et faisait une visite très semblable à celle de l’AQPI en 2012. Il se dit alors «heureux de constater que rien n’avait été négligé pour que cette construction fût hygiénique au plus haut point et que les rayons du soleil pûssent y entrer en abondance».  Durant cette cérémonie protocolaire, le premier ministre activa la machinerie et observa le travail automatisé du tissage de la soie. Il visita également les autres départements dont bon nombre n’étaient pas encore en activité.

L’hebdomadaire La Parole rapportait le 15 septembre 1927 : «En quittant la Celanese, on fit la visite du Poste Marconi qui irradie des messages en Angleterre et en Australie. Nous rappellerons en passant que c’est ce poste qui irradia les discours et le concert du carillon de la Tour de la Victoire le premier juillet dernier lors du soixantenaire de la Confédération. Les visiteurs furent reçus avec courtoisie et eurent le loisir de visiter en entier cette magnifique installation.»

Après la visite du dernier bâtiment témoin de cette industrie des télécommunications, qui abrite aujourd’hui le Service d’intervention d’urgence Centre-du-Québec (SIUCQ), le groupe de visiteurs de 2012 s’arrêta à l’école secondaire La Poudrière pour admirer les vestiges archéologiques de l’usine AEtna Chemical qui fabriqua de la poudre sans fumée entre 1914 et 1919. Guidés par Yolande Allard et Alain Côté, on complèta la visite en circulant dans les rues du gigantesque complexe de la Celanese.

L’avenir de Drummondville

Dans son discours prononcé devant les Drummondvillois en 1927,  le premier ministre Taschereau saluait l’énergie et le remarquable travail des citoyens de Drummondville qui permit à cette ville de progresser et de devenir un centre industriel fier.  Il ajoutait que la clé du succès de sa politique économique était de « garder chez nous nos richesses nationales, [de] les exploiter et les développer chez nous ». Il parlait évidemment des richesses naturelles et des forces hydrauliques. Aujourd’hui, alors que l’industrie du textile fait place au secteur tertiaire dans le développement économique de notre région, j’ai envie de reprendre cette phrase de M. Taschereau et d’y entendre que notre richesse nationale et notre identité se trouvent aussi dans notre patrimoine industriel, bâti et documentaire, et que ce dernier est porteur de notre histoire.

Élaine Bérubé

 

VISUEL : Le bâtiment de la Marconi à une autre époque, visité par les congressistes de l’Aqpi en septembre dernier. (Collection Jean-Léon Langelier)