Une tragédie à la Piste Drummond

En pleine course de stock car, en juin 1967, une tragédie se produit à la Piste Drummond (située sur l’actuel terrain de l’Exposition), lorsque quatre gradins de l’estrade s’effondrent, entraînant une centaine de personnes dans sa chute. L’incident se produit vers 22h30, en plein milieu du dévoilement des résultats d’une course par l’annonceur officiel Robert Thibault. Comme c’est l’habitude lorsque surviennent de telles tragédies, ce dernier demande à la foule de conserver son calme et de se diriger vers les extrémités avec sérénité.

L’alerte est aussitôt lancée aux services de secours de la ville, mais les ambulanciers sont déjà sur les lieux comme c’est le cas les jours de courses dans l’éventualité d’un incident entre les bolides. Des ambulances privées sont demandées en renfort, à l’instar de celles de la Sûreté municipale et de la Protection civile. L’Ambulance Saint-Jean et les hommes de la Gendarmerie de Drummondville retirent les blessés des décombres, assistés de certains pilotes qui viennent à peine de se remettre de leurs émotions de course…

Les blessés, au nombre d’une centaine, sont transportés à l’Hôpital Sainte-Croix, que ce soit par auto patrouille ou ambulance. Ils y arrivent vers 23 heures, le transport des victimes étant rendu difficile par le fait que les curieux se sont massés sur les artères principales. Alertés par la radio, une dizaine de chirurgiens se rendent immédiatement à la clinique d’urgence de l’hôpital. Les infirmières, prévenues du drame par les autorités de la piste, attendent déjà les blessés sur place. Des étudiantes infirmières, qui viennent de terminer leur quart de travail, leur prêtent assistance. On se prépare au pire.

Le bilan est moins lourd que prévu, avec seulement six personnes grièvement blessées. Ce sont Hormidas Théroux de Sorel, Guy Cardin de Drummondville, Roger Boudreau d’Acton Vale, Mmes Gaston Bergeron de Saint-Wenceslas et Ange-Aimé Letendre de Drummondville, ainsi que Simon Ratté de Victoriaville. Ils souffrent surtout de blessures aux jambes. Ceux-ci sont aussitôt acheminés  vers les salles d’opération. Les autres blessés ont pu regagner leur domicile après avoir reçu les premiers soins d’usage.

La négligence semble être à l’origine de la tragédie. À plusieurs reprises, des inspecteurs ont suggéré des réparations urgentes, mais les récents travaux de rénovation de l’estrade n’ont pu empêcher la tragédie. Tirant des leçons de l’événement, le promoteur « Doc » Laplante annonce son intention de démolir l’estrade et de la rebâtir à neuf. Il ajoute que la nouvelle structure sera entièrement en acier et que d’autres sorties d’urgence seront aménagées.

Jean-Pierre Bélanger

Visuel : L’effondrement de l’estrade de 1967 (P89-670614, Coll. SHD).