Le Théâtre Capitol, rue Lindsay, en 1938. (SHD, Fonds Lorne Cavell Elder; P181, D5, P8)

Une salle comble pour l’inauguration du Théâtre Capitol

En cette soirée du 4 mars 1937, une ambiance survoltée règne à travers la foule de spectateurs qui s’entasse devant les portes du tout nouveau Théâtre Capitol, rue Lindsay. En attendant d’y entrer, les amateurs de théâtre s’ébahissent devant la façade teintée de noir, de rouge, de blanc et ornée d’une superbe marquise en chrome. Franchissant l’un derrière l’autre les portes du théâtre, les spectateurs profitent du joli coup d’œil qu’offre l’intérieur du cinéma en plus de profiter de l’atmosphère confortable que procure le système d’air conditionné.

Une fois dans la salle, chacun expérimente le confort de l’un des 900 sièges moelleusement rembourrés et recouverts d’un tissu rouge brillant. Après quelques minutes, les lumières s’éteignent et les rideaux s’ouvrent, faisant ainsi place à l’équipement audiovisuel des plus moderne. Le bavardage dans l’assistance s’estompe, ce qui annonce le début de la projection du film Michel Strogoff. Ce classique du cinéma français est une adaptation du roman du même titre écrit par Jules Verne en 1876. La production met en vedette l’acteur populaire Adolf Wolhbrück dans le rôle de Michel Strogoff.

Bien que l’on situe généralement les débuts du cinéma « parlant » avec la sortie du film The Jazz Singer en 1927, il faut attendre le début des années 1930 pour voir l’instauration définitive de cette nouvelle façon de faire. Véritable « révolution » pour l’époque, la plupart des salles de cinéma du Québec abandonnent peu à peu la présentation de films muets pour faire place au cinéma « parlant ». La langue devient alors un enjeu important, tout comme les questions de traductions. En effet, la majorité des productions de l’époque proviennent d’Hollywood et sont présentées en anglais. Le Théâtre Rialto n’a, par exemple, que deux séances de projection francophone par semaine en 1933. Ainsi, l’arrivée du Théâtre Capitol offre au public la possibilité de visionner des films francophones à raison de trois jours par semaine, en plus d’être le seul cinéma de la ville à offrir les productions France-Film.

Le Cinéma Capitol demeure encore aujourd’hui un symbole du paysage architectural et culturel de la ville. Durant son histoire, il a su divertir des milliers de gens et vu défiler tout autant de classiques cinématographiques. Parions que cet engouement pour le cinéma est encore loin de s’estomper !