Une fin tragique pour un notable

Une vive commotion a secoué Drummondville à l’été 1962, alors qu’une personnalité bien en vue, Robert Bernard, perdit  la vie au lac à la Tortue, près de Grand-Mère. Le 7 juillet, vers 16h 30, en quittant le lac avec son hydravion pour se diriger vers le lac Clair, il perdit la maîtrise de son appareil qui percuta le sol sous les yeux horrifiés de centaines de vacanciers.

L’appareil prit feu aussitôt après l’écrasement, et au même moment une violente explosion se produisit. Les témoins atterrés ne purent rien faire et ce n’est qu’à la brunante qu’on put retirer de l’épave deux corps calcinés.

Le pilote était accompagné de Mme Marie-Jeanne Béliveau qu’il avait accepté d’amener avec lui pour visiter des parents au lac Clair. En outre, il transportait des denrées et diverses marchandises, pour le camp du lac Clair, ce qui rendait son avion plus lourd qu’à l’habitude.

Robert Bernard aurait commis l’erreur de décoller vent arrière, se fiant probablement trop sur la puissance de son moteur.

Né 14 avril 1900, à Saint-Édouard-de-Lotbinière; il avait travaillé pour son père Adélard Bernard, industriel, en qualité de machiniste et de dessinateur industriel. Il le suivit à Drummondville en 1924 chez la Compagnie Gosselin; il le remplaça comme gérant à son décès en 1933, et devint président de la compagnie en 1941. Homme d’affaires énergique, il donna à l’entreprise un nouvel essor. La fonderie, qui fabriquait des appareils servant à l’industrie laitière, était connue au partout Canada, dans les Amériques, et jusqu’en Europe.

Candidat de l’Union nationale, il fut élu député de Drummond à Québec en 1944, réélu en 1948, défait en 1952, élu à nouveau en 1956, défait en 1960. Il remplit aussi diverses fonctions dans la vie publique comme commissaire d’écoles, échevin, président de la Chambre de commerce et du Club de golf de Drummondville, et comme membre de diverses associations. Il a été l’un des pionniers de l’aviation à Drummondville, et fondateur de Drummond Air Services. C’était un homme d’une activité débordante et toujours prêt à offrir sa coopération aux organismes qui sollicitaient son appui dans le monde des affaires, du sport… L’éditorialiste Adélard Rivard de La Parole lui rendit hommage pour les progrès réalisés dans la région dans le domaine de la voirie, de l’instruction publique et des soins hospitaliers. Il le considérait comme un homme éminemment respectable, un homme généreux et serviable, qui ne laissait partout que des amis, même chez ses adversaires politiques.

Martin Bergevin

 

VISUEL : Le centre-ville mobilisé par les funérailles de Robert Bernard, en 1962. (SHD, Fonds Pierre Dozois; P184)