Souper des Cercles sociaux féminins, Manoir Drummond, Drummondville, 1957. (Société d’histoire de Drummond, Fonds Thérèse Janelle, P49-8.3B11)

Thérèse Janelle et les Cercles sociaux féminins

À l’approche de la Journée internationale des femmes 2018, la Société d’histoire de Drummond (SHD) souhaite célébrer avec ses lecteurs et ses lectrices cette date importante du calendrier féministe en dédiant l’une de ses chroniques bimensuelles à l’une des grandes dames de notre histoire régionale, madame Thérèse Janelle (1919-2012).

Thérèse Janelle naît le 14 février 1919. Fille de Rodolphe Janelle et de Léda Lajoie, cette dernière passe toute sa vie dans le quartier Saint-Frédéric, à Drummondville. Durant l’enfance, Thérèse fréquente l’école Garceau et le Pensionnat Marie-de-la-Présentation. Puis, une fois ses études terminées, elle travaille comme plusieurs autres jeunes femmes de son âge à la Butterfly Hosiery Company, de 1938 à la fermeture de l’usine, en 1962. Passionnée par la lecture et les livres, elle réoriente ensuite sa carrière vers la Bibliothèque municipale où elle s’affaire au catalogage, de 1962 à sa retraite, en 1979. En marge de ses activités professionnelles, madame Janelle s’implique auprès de différents organismes dédiés à la jeunesse et à la condition féminine tels que la Jeunesse ouvrière catholique (JOC) et les Cercles Sociaux Féminins (CSF), dont elle assume la présidence durant plusieurs années.

Les Cercles Sociaux Féminins (CSF) de Drummondville voient le jour en décembre 1946 à l’initiative d’un groupe de jeunes femmes célibataires menées par Suzanne Prince. Thérèse Janelle est l’une d’entre elles. Les trois sections fondatrices de la région sont celles de Saint-Frédéric, de Saint-Joseph et de Saint-Simon. Ces regroupements visent notamment à créer une amitié fraternelle entre ses membres et à renseigner la jeunesse sur le rôle de la femme célibataire dans la société. Les rencontres ont lieu deux fois par mois et se présentent sous forme de séminaires. On y aborde différentes thématiques telles que la femme et l’éducation, le sens et le rôle du mariage, la justice sociale et les carrières féminines. Lors de ces rencontres, Thérèse et ses compagnes se plaisent à chanter en chœur haut et fort leur fierté d’être célibataires. Les paroles de l’une de ces chansons sont d’ailleurs consignées sur l’un des documents provenant du fonds d’archives de madame Janelle. Nous vous en partageons ici un extrait :

« Nous autres le monde nous traite de vieilles riches ; D’indépendantes, d’égoïstes, de pas d’service ; On apprend dans nos cercles d’amitié ; Qu’on est d’une grande utilité ; Faut pas s’en faire avec leur air de mystère ; Quand les amies te disent : ma vieille t’es encore fille ; Elles ne connaissent pas c’est vrai la paix, la joie ; Qu’on a de vivre bien notre célibat… »

Sur ces paroles tirées d’une autre époque, toute l’équipe de la Société d’histoire de Drummond vous souhaite à tous et à toutes une respectueuse et égalitaire Journée internationale des femmes 2018.