Peintre-décorateur d’églises

Avec la baisse de la pratique religieuse au Québec, certains métiers sont pratiquement disparus dont celui de peintre-décorateur d’églises. Ce métier a fait vivre plusieurs familles de la région pendant deux décennies. Voici l’histoire d’une belle réussite.

Vers 1948, pour peindre la grande église néogothique de Saint-Germain-de-Grantham, Germain Vallée démarra un petite entreprise de lavage, peinture et décoration d’église. La première étape fut d’installer des échafauds de bois et d’engager quelques compagnons, le secrétariat et la comptabilité étant assuré par son épouse, Gilberte Grandmont. À la fin de ce premier contrat, le curé Roméo Salois, satisfait du travail accompli, souhaite à cette petite équipe la meilleure des chances, après le traditionnel sermon dominical.

Vingt ans plus tard, cette équipe de peintres-décorateurs avait pratiquement fait le tour des églises du Centre-du-Québec, de la Montérégie et des Cantons-de-l’Est, de Ste-Monique de Nicolet, à Varennes en passant par Notre-Dame-de-Stanbridge. L’équipe de base était constitué de Gérard et Jean-Paul Rhéaume, de Claude et Gatien Tessier, puis se sont ajoutés au fil des années, Antoine Champagne, René Timmons, Donat Chagnon, Armand Gauthier, Urbain Joyal, André, Georges et Raymond Lemaire, Rolland Leblanc, Yves Houle, Laurier Limoges, Léonard, René et Rosario Cusson. Ce dernier a acheté les échafauds de fer et les contrats de peinture en cours lorsque Germain Vallée a pris sa retraite en décembre 1968. Tous ces peintres-décorateurs habitaient la grande région de Drummondville.

Le métier consistait à peindre toitures, corniches et clochers vertigineux, laver les murs intérieurs imprégnés de la suie noire des lampions, peindre les grandes surfaces, vernir les bancs, décorer d’or en feuille maîtres-autels, colonnes et chapiteaux, restaurer peintures, statues et rosaces diverses.

Hommage à ces hommes de métier !

 Maurice Vallée

 

Photos : Upton : Gatien et Claude Tessier, Germain Vallée, Jean-Paul et Gérard Rhéaume sur le parvis de l’église St-Ephrem d’Upton, vers 1953 (Coll. Maurice Vallée).