Napoléon Garceau, vers 1920. (SHD, Collection régionale; IC-8.1A46)

Napoléon Garceau, un premier mandat à la mairie (1905-1908)

Illustre personnage de la région, Napoléon Garceau a joué un rôle considérable sur la scène politique drummondvilloise de la première moitié du 20e siècle. Avocat et journaliste, Garceau s’établit à Drummondville le 2 septembre 1900 et amène avec lui un bagage politique déjà très intéressant. Il a en effet l’expérience de la campagne électorale du 11 mai 1897 durant laquelle il s’était présenté comme candidat libéral provincial dans le comté de Saint-Maurice, avant de se désister à la dernière minute et concéder la victoire à Nérée Duplessis, le père d’un certain Maurice Duplessis.

Ainsi, dès son arrivée à Drummondville, Napoléon Garceau tente graduellement de faire son entrée dans le monde politique de la région. L’hebdomadaire La Justice, qu’il lance en 1901, sera une courroie de transmission qui lui permettra de faire valoir ses opinions. La même année, il se présente aux élections provinciales partielles dans le comté de Drummond, mais perd par 831 voix de majorité aux mains de Joseph Laferté. À l’été 1904, Garceau est élu commissaire, puis président de la Commission des écoles de Drummond. Il déloge par la même occasion le curé Frédéric Tétreau, élu à ce poste l’année précédente. Il occupera cette fonction,  hormis une interruption de quelques semaines en 1906, durant les 27 années suivantes. Il devient représentant du Quartier Est le 12 janvier 1905 avant d’être nommé maire-suppléant, le 6 mai suivant, succédant ainsi à Henri Girard.

Homme de conviction, Garceau démissionne de son poste de maire le 20 mars 1908, suite à un malentendu avec ses collègues : il est en désaccord avec le renouvellement de la licence de vente de liqueurs au détail de J.N. Turcotte, propriétaire du magasin général « Au bon marché». Il conserve cependant son poste de conseiller du Quartier Est. Une autre raison permet de justifier cette démission : Garceau convoite le poste de député provincial depuis quelque temps déjà. Il accompagne Henri Bourassa dans les assemblées depuis l’automne précédent et l’annonce des élections provinciales, fixées au 8 juin 1908, lui offre enfin la possibilité de se lancer dans la course. Opposé à Joseph Laferté, député sortant, et Ovide Brouillard, industriel de Drummondville, Napoléon Garceau doit à nouveau s’avouer vaincu par plus de 500 voix de retard sur les deux autres candidats.

Outre la construction des premiers trottoirs en béton dans les rues de la ville, quelques résolutions visant à favoriser l’établissement de nouvelles industries, ainsi qu’une préoccupation certaine pour la modernisation du système d’aqueduc de la ville et l’instruction publique obligatoire, le premier mandat au poste de maire de Napoléon Garceau aura été relativement tranquille. Malgré la défaite, ce dernier est loin d’en avoir terminé avec la politique.