M. et Mme Napoléon Garceau accompagnés du juge Fiset lors d’un voyage en Égypte, en 1924. Napoléon Garceau serait parti la journée suivant sa démission du Conseil municipal, en janvier 1924, pour un voyage de quelques mois en Europe. (SHD, Fonds Raoul Garceau; P185)

Napoléon Garceau, un dernier tour de piste à la mairie (1920-1924)

Depuis la fin de son deuxième mandat à la mairie de Drummondville, en 1912, Napoléon Garceau est loin de s’être effacé du paysage politique de la ville. Il est à la tête de la Chambre de Commerce du comté de Drummond depuis 17 ans, en plus d’être président de la Commission scolaire depuis 1904. De plus, ce dernier est élu, puis assermenté le 14 septembre 1916, comme échevin du Quartier Est de Drummondville et effectue donc un retour au conseil municipal, où il restera jusqu’en janvier 1918. Garceau délaisse-t-il alors son siège de conseiller pour tenter de renouer avec la mairie de la ville? C’est plausible puisqu’il s’oppose à J.O. Montplaisir quelques jours plus tard, lors des élections du 1er février 1918. Il devra cependant s’avouer vaincu par 54 voix. Ce n’est toutefois que partie remise, car le 20 janvier 1920, Garceau est élu maire par acclamation et remplace ainsi celui qui l’avait battu deux ans auparavant.

Désormais âgé de 51 ans, Napoléon Garceau est alors à la tête d’une ville en plein développement. La relance économique qui suit la Première Guerre mondiale permet aux villes comme Drummondville d’être une cible de choix pour les industriels de partout qui désirent construire de nouvelles usines. Le troisième mandat de Garceau sera donc influencé par cette volonté de favoriser l’établissement de nouvelles compagnies dans la ville. Ainsi, plusieurs moyens comme l’exemption de taxes municipales et certains avantages fiscaux favoriseront leur implantation. L’expansion de la ville engendre cependant une pénurie de logements ouvriers, un problème auquel la ville devra faire face tout au long de la décennie 1920. Tant et si bien que le conseil n’a d’autre choix que de se lancer dans la construction de logements, d’emprunter au gouvernement québécois et d’acheter de nombreux terrains un peu partout dans la ville, en plus de créer la Commission des logements ouvriers en 1920. Ces constructions deviendront, au fil des ans, le symbole de l’administration Garceau et de l’expansion de la ville.

Napoléon Garceau rompt définitivement avec son poste de premier magistrat le 2 janvier 1924. Un litige avec cinq membres du conseil concernant l’approvisionnement en eau potable et le contrat octroyé à la Layne & Bowler Co., ainsi que sa santé qui le préoccupe, ont certainement joué un rôle important dans la décision de ne pas se représenter aux élections de janvier 1924. C’est « les larmes aux yeux et tout à fait ému »  qu’il aurait quitté sa dernière séance du conseil de ville. Après trois mandats à la mairie, Napoléon Garceau aura sans aucun doute marqué l’histoire de la politique drummondvilloise.