La deuxième église Saint-Frédéric, construite en 1879. (Société d’histoire de Drummond, Collection régionale; IC-2.3E138)

Majorique Marchand, le curé bâtisseur (1865-1889)

Majorique Marchand est nommé curé à Drummondville à 27 ans en 1865; il y reste jusqu’en 1889. Parallèlement à son ministère, le curé a mené à bien plusieurs entreprises. Il faut d’abord remplacer l’église de 1822, vétuste et trop petite. La nouvelle église élégante et monumentale est construite dans le parc Saint-Frédéric en 1879, au coût de $11 500 et d’après les plans et sous la direction du curé. Elle sera détruite par un incendie le 24 juillet 1899.

Le cimetière paroissial, situé à l’angle des rues du Couvent et Brock,  est devenu trop petit et il faut envisager un déménagement. Le curé Marchand achète donc une terre de 120 acres à l’angle de la rue du Couvent et du 3e rang, au coût de $1000. Il estime que la terre se paiera juste avec le bois de corde. Le lundi 23 avril 1883 commence l’exhumation des corps du vieux cimetière. Le 28 avril, il se réjouit que cette lugubre et terrible semaine soit terminée, alors qu’on a déterré et déménagé de 1200 à 1500 morts de tout âge et de toutes conditions. Cette pénible besogne a été accomplie par 25 à 30 journaliers payés $1,10 par journée de dix heures. Les pins qu’il fait planter indiquent l’emplacement du cimetière original. L’objectif de cette opération est de libérer un espace pour réaliser son projet de construire un presbytère, dont il dessine les plans : le coût du bâtiment de deux étages est évalué à $2000. Une fois la cave creusée et le solage de pieux de cèdre installé, les travaux de construction commencent le 12 juin 1883, sous la direction d’un contremaître de 21 ans, Francis Gauthier. Il dirige d’abord six ouvriers, puis bientôt de 10 à 12 et parfois au-delà de 20, qui gagnent environ $1,50 à $2 par jour. On y ajoute par la suite l’écurie pour la vache et les chevaux, la soue à cochon et la cabane à chien. Les travaux se terminent le 20 octobre et le déménagement s’effectue le 5 novembre. Le  printemps suivant, il sème le parterre en avoine, en graine de mil et en trèfle, et il plante des marronniers et des érables à Giguère. Le presbytère aura coûté $4000. Mais le curé continue à recevoir les gens dans son petit bureau à la sacristie car, dit-il, un presbytère c’est bon pour manger, dormir et recevoir des visites de cérémonies.

À l’hiver 1898, plusieurs maisons et le presbytère passent au feu, et c’est Francis Gauthier qui sera chargé de bâtir le nouveau presbytère, au coût de $7300.  L’infatigable curé Marchand, en poste à Gentilly depuis 1890, y fait construire un presbytère et inaugure un nouveau cimetière, où il sera inhumé en 1905.