Les Conquistadores à l’Expo 67

Samedi le 22 juillet 1967. Louise se lève tôt. Elle attend, avec son père, l’arrivée des 50 autres jeunes filles fébriles de représenter Drummondville à l’Exposition Universelle. Le départ est prévu à 6h30 chez les Giroux. Les jeunes majorettes Conquistadores ont bien l’habitude de voyager pour différents championnats, mais cette fois, c’est particulier. Elles devront performer devant des milliers de personnes provenant des quatre coins du monde. Louise est confiante, les filles sont prêtes. Elles ont pratiqué tous les lundis et mercredis soirs en sections, puis elles ont mis tout en commun pour une générale au gymnase de l’école Saint-Frédéric la fin de semaine dernière.

Reste que l’horaire de ce samedi est chargé. Dès leur arrivée à Montréal à 8h, elles rencontrent les dirigeants de l’Expo pour recevoir toutes les instructions nécessaires pour leurs activités de la journée. Elles ont le temps d’enfiler leur superbe costume rouge, jaune et noir et d’accorder leur instrument avant de se produire une première fois à 11h au Pavillon des Nations. C’est une foule de 2000 personnes qui est ravie de cette démonstration. S’enchaînent ensuite une parade, un concert au Pavillon des États-Unis, puis quelques morceaux supplémentaires au Pavillon du Maine en guise de remerciements pour l’accueil reçu à Old Orchard l’année précédente. Leur dernière prestation se donne au Lac des Cygnes avant un retour à la Place des Nations en formation de parade. Journée épuisante, mais très valorisante. On termine donc de façon plus détendue par une visite libre des divers Pavillons avant le retour à Drummondville.

Une autre belle expérience pour Louise Giroux, qui déjà cumule les trophées et les éloges au sein des Conquistadores. Championne tambour-major, elle est le chef de la fanfare et rythme la marche. Elle s’assure que l’ensemble du corps de tambours et clairon féminin de Drummondville s’améliore depuis sa création en 1959. Par des règles strictes et une bonne discipline, les jeunes majorettes s’imprègnent des valeurs de respect, de solidarité, d’autonomie, de responsabilité et de fraternité tout en développant leurs habiletés artistiques.

En rentrant à la maison avec son passeport pour la Terre des hommes, Louise range son chapeau et ses bottes précieusement jusqu’à la prochaine manifestation. Peut-être au stade de balle en compagnie des Cavaliers, leurs homologues masculins?