Le feu ravage le manoir

Le lundi 15 août 1927, un incendie majeur s’est déclaré au Manoir Drummond. Le feu a pris naissance dans les murs de l’étage supérieur par un fil électrique défectueux. L’alarme a été donnée mais les flammes s’étaient déjà propagées au toit et atteint un niveau incontrôlable à l’arrivée des pompiers. Du lundi midi au mardi matin suivant, les sapeurs Drummondvillois et des volontaires ont combattu l’incendie. Malgré l’assistance de nombreux travailleurs des manufactures de la ville avec des échelles et des boyaux, le recours au réservoir d’eau de la Celanese pour apporter davantage de pression et tous les efforts des pompiers, le manoir s’est écroulé devant les yeux de centaines de citoyens. Ces spectateurs s’entassaient dans le parc face à l’église et sur la rue Heriot entre le bureau de poste et la rue du Couvent.

L’édifice faisant la fierté des Drummondvillois a été complètement réduit en cendre.  Ce sinistre était le pire que Drummondville ait connu depuis celui de l’Église sept ans auparavant. Heureusement, on ne déplore que des pertes matérielles. Grâce à de nombreux braves, on réussit à sauver rapidement l’ameublement des deux premiers étages au début de l’incendie mais les pertes s’élevèrent à environ 100 000$.

Rapidement, on s’engagea à reconstruire un nouvel hôtel, plus grand que le précédent  et cette fois, avec encore plus de commodités et toutes les modernités que l’on pouvait voir dans les plus beaux hôtels des grandes villes. On le promettait même à l’épreuve du feu!

Sonnez l’alarme!

Dix ans plus tard, le service de protection contre les incendies était encore très élémentaire. La ville comptait alors 12 boîtes d’alarme de feu. Si un feu se déclarait dans le voisinage, il fallait courir à la boîte la plus proche. Le soir, une lumière rouge posée sur les poteaux permettait de repérer les boîtes d’urgence. Pour actionner l’alarme il suffisait de tirer le crochet dans un mouvement continu jusqu’en bas. Après chaque feu, un coup de sirène annonçait que le feu était éteint. Attention aux malicieux, une fausse alarme coûtait 25$ à celui qui se faisait prendre!

Élaine Bérubé

 

Photo : Le Manoir Drummond en flammes, le 15 août 1927 (SHD, Collection régionale; IC-7.2A6)