Photographie illustrant l’inauguration des deux panneaux-réclame que la Chambre de commerce du comté de Drummond a fait placer en bordure de la route transcanadienne, Drummondville, 1969. (Société d’histoire de Drummond, Fonds Pierre Dozois ; P184-039489.)

L’aéroport international de Drummondville

 

Dès 1968, l’Association des pilotes de Drummondville projette d’agrandir l’aéroport municipal, inauguré en 1947, et d’aménager un second parc industriel près de celui-ci. Dans un rapport présenté en collaboration avec la Chambre de Commerce du comté de Drummond, la planification à long terme de l’aéroport fait état de neuf recommandations. Parmi celles-ci, notons l’aménagement d’un parc industriel au nord-ouest de la route afin de donner directement accès aux avions, depuis la piste, jusqu’aux industries.

Le plan s’accélère et en septembre 1968 le projet de construction d’un nouvel aéroport international au Québec est déposé sur la table par le gouvernement fédéral afin de désengorger celui de Dorval. Dès lors, la Chambre de commerce se penche plus amplement sur la question et en vient à la conclusion que l’aménagement d’un tel complexe serait avantageux pour l’essor économique de Drummondville. On prévoit même qu’en 1980, Drummondville compterait 150 000 habitants grâce à l’arrivée de nouvelles industries. Des études sont alors menées, un site est choisi, on acquiert la collaboration de la presse et on courtise les politiciens qui prendront la décision finale. Drummondville obtient ainsi l’appui, entre autres, des députés fédéral et provincial du comté, MM. Jean-Luc Pepin et Bernard Pinard.

À première vue, il n’y a qu’un obstacle : la distance entre Montréal et Drummondville. Cependant, les autorités du Canadien National confirment qu’elles pourraient construire une double voie filant vers la métropole tandis que le gouvernement provincial, qui se positionne en faveur de Drummondville, complèterait la route transquébécoise et élargiraient la Transcanadienne.

À la fin du mois de mars 1969, l’heure est au verdict. Le gouvernement fédéral prend alors la décision d’établir le futur aéroport international dans le nord-ouest de Montréal, près de Sainte-Scholastique (Mirabel). Au final, la distance entre Dorval et le nouvel aéroport s’est avérée le facteur essentiel dans la prise de décision. Le ministre fédéral Jean Marchand affirme d’ailleurs que les experts en aéronautique se sont davantage préoccupés du côté technique plutôt que des questions d’ordre social et économique. Selon le gouvernement, un aéroport doit être fortement intégré dans la région qu’il dessert, sans quoi il risque de ne pas être suffisamment utilisé, voire même désaffecté. Rappelons que le dernier vol passager en partance de l’aéroport de Mirabel a eu lieu en 2004…

Cette décision du gouvernement fédéral marque la montée des tendances indépendantistes chez de nombreux Québécois qui considèrent que le fédéral a complètement ignoré l’opinion générale du Québec dans sa décision. Le 8 avril 1969, une manifestation, à laquelle environ 2 000 personnes prennent part, est d’ailleurs organisée au centre-ville de Drummondville pour contester, en vain, la décision.