La Drummondville Cotton Company Limited

En 1914, les droits d’exploitation hydroélectrique du bas de la rivière Saint-François sont acquis par la Southern Canada Power. La compagnie érige ainsi une première centrale aux chutes Lord en 1919 et une deuxième, quatre kilomètres en amont, qui entre en activité en 1926 sous le vocable de la centrale Hemming. La Southern Canada Power prend alors le contrôle de la production et de la distribution de l’électricité de la région et est donc en mesure d’orienter le recrutement industriel afin de maximiser ses profits. La possibilité d’une production énergétique considérable permet à l’industrie du textile de s’implanter à Drummondville et devient le symbole industriel de la décennie 1920.

C’est dans ce contexte que la Jenkes Canadian Tire Fabrics Company Limited s’établit à Drummondville en 1920 sur le site actuel du 575 rue des Écoles. Elle débute alors la construction d’un édifice de quatre étages et œuvre sous cette entité jusqu’en 1929, année où la Dominion Textile Company Limited fait son acquisition. La nouvelle succursale prend à partir de ce moment le nom de Drummondville Cotton Company Limited. Plusieurs agrandissements ont lieu dans les années 1930 si bien qu’en 1937, la compagnie débute la production de cordes et de filets pour la pêche. Ces nouveaux produits s’ajoutent à la fabrication déjà bien établie de toiles pour la confection des pneus, des toiles à voile pour l’équipement de chemin de fer, ainsi que des enveloppes pour les boyaux à incendie. La production générale de l’usine est alors en plein essor, si bien que des laboratoires de chimie et de physique sont ajoutés à même l’édifice pour des travaux de recherche et de perfectionnement. Le rendement de l’usine devient encore plus important avec le déclenchement de la Deuxième Guerre mondiale  en 1939. L’entreprise est appelée à répondre aux besoins grandissants de cordes et de filets pour l’industrie de la pêche canadienne, ainsi qu’aux demandes croissantes de cordages nécessaires à la confection des roues de caoutchouc qui chaussent les véhicules militaires. En 1941 seulement, 60 % de la production de la compagnie est destinée à l’effort de guerre.

Au sortir de la guerre, le complexe industriel compte près de 2000 employés. En plus du succès économique indéniable de la compagnie dont fait mention le rapport annuel de 1946, le décès en service militaire de trois employés de la Drummondville Cotton est souligné. Alphonse Béliveau, Charles Ratté et Peter H. Hallgrimson sont de ceux qui ont donné leur vie pour leur pays. D’autres ont plus de chance et reviennent travailler au service de la compagnie à la fin de la guerre. Rien de surprenant, car à cette époque, plus de 80 % de la main-d’œuvre manufacturière se trouve dans l’industrie du textile à Drummondville. Graduellement, la fabrication de tissus industriels devient la principale production de l’usine. En 1954, la maison-mère prend possession des actifs de la Drummondville Cotton Company qui prend dès lors le nom de Dominion Textile Co. de Drummondville.