Des soldats mobilisés devant un convoi du Canadian Northern Railway, Drummondville, 1915. (Société d’histoire de Drummond, Fonds Frères de la Charité ; P38-8.3G1A)

Il y a cent ans : l’armistice du 11 novembre 1918

 

Le Canada entra en guerre le 4 août 1914, en même temps que l’Angleterre, dont il était encore dépendant. Les Canadiens combattirent dans le nord de la France et en Belgique. La guerre se déroula sur un front de 800 km, où les armées se faisaient face, abritées dans des tranchées et dans des abris souterrains.  La stratégie consistait à bombarder violemment les tranchées ennemies avant de lancer les soldats à l’assaut ; mais leurs rangs étaient vite décimés par les mitrailleuses ennemies, si bien que les pertes étaient énormes et les résultats dérisoires.

La situation changea quand les États-Unis déclarèrent la guerre à l’Allemagne en avril 1917 et expédièrent des troupes en Europe, dont le nombre atteignit deux millions. Après avoir signé la paix avec la Russie en mars 1918, les Allemands concentrèrent leur armée à l’ouest et lancèrent une grande offensive en juillet, mais ils durent bientôt retraiter. La situation empira avec les troubles révolutionnaires à Berlin, l’abdication de Guillaume II, les désertions dans l’armée.  Ils se résignèrent donc à signer un armistice le 11 novembre : la cérémonie se déroula à Rethondes à 5h15 du matin, pour prendre effet à 11h.

Le quartier général canadien fut informé de l’affaire dès 6h30, mais on continua tout de même à attaquer les Allemands, et le dernier soldat canadien à mourir fut George Lawrence Price, deux minutes avant l’armistice. Il était l’un des 2738 soldats tués ce jour-là.

Dans les capitales alliées, les cloches sonnèrent à la volée, dans l’allégresse générale.  Les termes de l’armistice obligeaient l’armée allemande à évacuer les territoires qu’elle occupait en France et en Belgique, à livrer 5000 canons, 1700 avions, tous les sous-marins, 5000 camions, 5000 locomotives et 150 000 wagons, à livrer les navires de guerre pour être internés dans des ports désignés par les Alliés, et à évacuer la rive gauche du Rhin (en Allemagne même) et une bande de 10 km sur la rive droite.

Le blocus fut maintenu pendant huit mois pour forcer l’Allemagne à accepter les conditions des vainqueurs, ce qui aggrava la famine dans le pays. Pour les Allemands, l’armistice du 11 novembre 1918 a été perçu comme un jour de honte et d’humiliation. Les militaires affirmèrent que l’Allemagne n’avait pas été vaincue sur le champ de bataille, mais par un « coup de poignard dans le dos », trahie par des hommes politiques incompétents et par les révolutionnaires et les socialistes. Ces accusations prirent de l’ampleur au fil des années et encouragèrent la volonté de revanche et l’émergence du nazisme.

Il fallut attendre le 28 juin 1919 pour que le Traité de Versailles mette officiellement un terme à la guerre. En reconnaissance de sa contribution, le Canada put y apposer sa signature, geste qui marquait un pas vers son indépendance, que le Statut de Westminster lui reconnut en 1931. 424 000 Canadiens sont allés combattre outre-mer, 66 000 y laissèrent la vie, dont six de la région de Drummondville. Les soldats canadiens espéraient rentrer rapidement au pays ; ils durent cependant s’armer de patience, car leur rapatriement se prolongea jusqu’à l’été 1919.