Histoire du transport en commun à Drummondville

À une époque où l’on tente de limiter la circulation automobile, il est intéressant de se rappeler les débuts du transport en commun par autobus à Drummondvillle. En 1926, Donat Bourgeois décide de se lancer en affaires en compagnie de son épouse. Après s’être implanté d’abord entre Saint-Léonard-d’Aston et Sainte-Angèle-de-Laval, puis à Nicolet, il « transporte » son entreprise à Drummondville en 1929. Il fait alors fi de la crise économique en augmentant le nombre de ses autobus dans les environs. Malgré la conjoncture économique précaire, il démarre en 1939 un service de transport en commun entre les quartiers de Saint-Joseph, de Saint-Jean-Baptiste, de Saint-Simon et le parc Saint-Frédéric. Le service est même prolongé aux heures de pointe vers Saint-Cyrille, Saint-Germain et Saint-Nicéphore.

Après avoir obtenu en 1945 un permis pour la liaison Drummondville-Montréal, la compagnie dessert dès l’année suivante des localités telles Saint-Hyacinthe, Asbestos, Richmond et Sherbrooke, et ce, jusqu’à Montréal. Deux ans plus tard, le terminus actuel de la rue Heriot est bâti sur le site de l’ancien poste de police et d’incendie, facile à repérer avec son ancien séchoir à boyaux.

L’environnement du transport en commun a bien changé depuis son instauration en 1939. En mars 1969, Les Autobus Drummondville Ltée obtiennent une franchise qui leur accorde un monopole de 5 ans à l’intérieur de la ville. Avec la croissance démographique suscitée par les nouveaux regroupements municipaux, le réseau s’est considérablement accru et la flotte de véhicules modernisée. Que de pas parcourus depuis 1975, alors que les résidents de Grantham-Ouest, le parc industriel, la section du quartier Saint-Pierre près du boulevard Lemire figurent comme autant de secteurs négligés. Signe des temps, le prix des billets a aussi considérablement augmenté… Par exemple, on ne payait que 20 sous pour un passage en 1969. On offrait même un lot de six billets pour un dollar. Quelle aubaine !

Jean-Pierre Bélanger

 

Légende : Le terminus de la rue Heriot, vers 1950. (Coll. SHD)