GTE Sylvania : lumière sur la grève de 1986

Le dimanche 7 avril 1986 en soirée, les 400 employés de la GTE Sylvania, une entreprise de Drummondville spécialisée dans la fabrication de lampe d’éclairage de tous genres, claquent la porte de l’usine et entrent en grève. Ils réclament ainsi une augmentation de salaire et de meilleures conditions de travail. Le conflit dure environ 5 mois et se caractérise par de multiples séances de négociations infructueuses et l’utilisation de briseurs de grève.

Au lendemain du débrayage, les négociations entre les délégués de la GTE Sylvania et le Syndicat des employés se poursuivent en présence d’un conciliateur nommé par le ministre du travail. Pourtant, les jours passent et les pourparlers piétinent. Le 6 mai, les dirigeants de la compagnie déposent ce qu’ils considèrent comme leurs offres finales, mais la proposition, jugée inacceptable par la direction du syndicat, est aussitôt rejetée et les négociations sont rompues.

Au début du mois de juin, la tension augmente alors que l’exécutif syndical soupçonne la compagnie d’avoir recours à des briseurs de grève. Une enquête est réclamée. Le 12 juin, le ministre du travail dépêche un enquêteur sur les lieux et la GTE Sylvania est prise en défaut : un employé embauché après les délais légaux a effectivement exécuté des opérations normalement réservées aux travailleurs syndiqués. De plus, lors d’une assemblée générale des membres, en août, les grévistes rejettent le contenu du rapport du conciliateur qui propose la reprise des négociations via un comité restreint. Pour la partie syndicale, la médiation a de meilleures chances de succès. Un appel public est alors lancé à la partie patronale. De son côté, le président de la Sylvania annonce l’annulation de son projet d’expansion à l’usine de Drummondville en raison du coût de la grève et des difficultés possibles des relations de travail pour l’avenir. Le Syndicat, quant à lui, réaffirme sa position en soulignant que les demandes des employés sont raisonnables et que l’annonce du patron n’est qu’une stratégie de négociation.

À la fin du mois d’août, devant l’impasse, un médiateur est finalement nommé et les pourparlers reprennent. Le 4 septembre, les syndiqués entérinent l’entente de principe et le contenu du protocole de retour au travail. Les employés obtiennent ainsi une augmentation de salaire de 5% et plusieurs autres améliorations relatives à leur fond de pension, aux primes de soir et aux vacances. Le rappel progressif des employés s’amorce et l’usine fonctionne bientôt à plein régime.