Février 1936, un nouveau maire est élu

Quelques mois avant les élections de février 1936, le maire Walter-A. Moisan annonce à la population de Drummondville qu’il se retirera définitivement des affaires municipales de la Cité au terme de son mandat. La nouvelle crée une onde de choc. Lors des assemblées populaires, l’on se demande qui lui succédera à la tête du Conseil de ville.

Toutes les voix semblent alors se rallier à la candidature de Joseph-Ovila Montplaisir. Ce dernier est un homme d’affaires averti, disent les uns. De plus, il a l’expérience de la mairie, clament les autres. Des démarches sont tout de même faites auprès de quelques autres citoyens bien en vue et respectés de tous, mais ceux-ci, se rangeant du côté de la majorité, déclinent l’opportunité afin d’assurer à monsieur Montplaisir une élection par acclamation.

Toutefois, considérant son état de santé et la charge de travail qu’exige le siège de premier magistrat, le principal intéressé hésite toujours à briguer les suffrages. Puis, après avoir longuement réfléchi et consulté son médecin, Joseph-Ovila annonce à ses partisans qu’il ne sera pas candidat lors des prochaines élections.

À quelques jours seulement de la date butoir de la mise en nomination des candidats, chacun se demande toujours qui succédera au maire sortant, si ce n’est monsieur Montplaisir. Puis, bientôt, l’ambigüité de la situation laisse place à la spéculation. Une rumeur évoque même la possibilité d’un retour de monsieur Moisan pour un septième et dernier mandat, le temps de lui trouver un remplaçant. Mais il n’en sera rien.

Les assemblées populaires se font ensuite nombreuses et deux candidats sont enfin nominés. Il s’agit du docteur Lucien Hélie et du marchand de fer Eugène Pelletier, tous deux échevins sortant de charge. Le premier, nouvellement arrivée au conseil, représente la fougue et le changement. Le deuxième, impliqué dans les affaires municipales depuis plusieurs années, incarne quant à lui l’expérience et la continuité. La lutte est alors serrée et le résultat du scrutin impossible à prédire.

Au cors de cette courte campagne, qui dure moins d’une semaine, il n’y a ni scandale ni débat oratoire enflammé. Les deux candidats étant de grands amis, ils présentent leur programme respectif en tout respect de l’un et l’autre et patientent en attendant le verdict de la population. Samedi soir, le 1er février 1936, Eugène Pelletier remporte finalement la victoire et succède ainsi à Walter-A. Moisan sur la plus haute chaise de l’Hôtel de ville de Drummondville. Il y trônera d’ailleurs jusqu’en 1938.