Émilien Bujold, architecte

ÉMILIEN BUJOLD, architecte et aquarelliste, naît le 19 février 1921 à Saint-Charles de Caplan, au cœur de la Baie-des-Chaleurs. Il est le fils de Joseph-Émile Bujold et de dame Marguerite Pelletier. Émilien Bujold épouse Pauline Malo, fille de Urgel Malo et de Clara Chartier, le 27 août 1946 à Montréal. De cette union naissent trois filles : Josseline, Claudine et Marie-Christine.

     Originaire de la Gaspésie, la famille Bujold s’établit à Montréal en 1923 – pour le travail – alors que le patriarche Joseph-Émile se voit confier la surintendance du chantier de construction du bâtiment central de l’Université de Montréal. Émilien est alors âgé de 2 ans. Lorsque le jeune homme atteint l’âge scolaire, il fait ses études auprès des Clercs de Saint-Viateur avant de poursuivre son cursus au Collège de l’Assomption. Bon élève, les études universitaires sont à sa portée. Ainsi, en 1940, il s’inscrit à la Faculté d’Architecture de l’Université de Montréal où il obtient son diplôme en 1945.

     Durant ses études, Émilien œuvre comme apprenti architecte chez Louis Nicolas, à Saint-Jérôme, puis aux côtés de Lucien Parent pour le compte du Bureau des architectes de l’Oratoire Saint-Joseph, en 1944-1945. On lui confie notamment les dessins et les croquis du pourtour du tombeau du frère André, ainsi que les plans de la crypte. Par la suite, il rejoint le bureau de Roland Dumais avec qui il pratiquera durant quelques années.

     À partir de 1949, l’architecte Bujold débute sa pratique privée à Montréal. C’est l’époque de l’après-guerre et des grands ensembles résidentiels dédiés aux vétérans et aux jeunes familles. Il réalise alors une multitude de résidences et participe à la conception de nombreux centres domiciliaires, dont Cloverdale Park (1200 logements) et Marlborough Courts (200 maisons). Sa carrière est florissante et sa renommée dépasse largement les limites de la grande métropole.

     Ainsi, durant les décennies 1950-1960, en marge de ses opérations à Montréal, Émilien s’associe à l’architecte Paul Labranche, de Drummondville, avec qui il réalise plusieurs projets d’envergure dans la région. On lui doit notamment la conception de l’École secondaire Jean-Raimbault, l’École des Arts et Métiers (aujourd’hui Centre de formation professionnelle Paul-Rousseau), l’École des infirmières de l’Hôpital Sainte-Croix (Pavillon d’Youville), l’Église catholique de l’Immaculée-Conception, l’usine de la Foster Refrigerators et l’usine de la St Francis Converters. En 1971, Émilien obtient un poste d’architecte aux Travaux publics du Canada, succursale de Montréal ; un poste qu’il occupe jusqu’à sa retraite. Durant cette période, il agit à titre de gestionnaire de projet pour le pénitencier fédéral de Drummondville (Établissement Drummond), qui ouvre ses portes en 1984.

     En 1990, après une carrière bien remplie, Émilien se retire chez lui, à Ville Mont-Royal, et produit de nombreuses et magnifiques aquarelles, dont celles de sa somptueuse résidence sise sur l’Avenue Stanstead, acquise en 1968. Émilien Bujold s’éteint à Montréal, le 18 mai 2012. En 2017, la succession lègue à la Société d’histoire de Drummond les archives professionnelles de l’architecte, qui rappellent sa mémoire de même que l’importance de ses travaux, et plus particulièrement les éléments du patrimoine bâti de Drummondville qui porte son empreinte.

Visuel : Portrait de l’architecte Émilien Bujold, Montréal, vers 1950. Photographe inconnu.

Source : Société d’histoire de Drummond, Fonds Émilien Bujold, architecte ; P286