Drummondville, la ville de la soie

Bien que Drummondville soit fondée en 1815, il faut attendre le début du 20e siècle pour que la petite bourgade de Frederick George Heriot prenne son envol et devienne l’une des capitales du textile au Canada. Nommée ville de la soie durant l’âge d’or de cette industrie, Drummondville a été le berceau de plusieurs manufactures de textile entre les années 1920 et 1960.

Il faut savoir que c’est la construction d’une première centrale hydroélectrique en 1919 et d’une seconde en 1925 par la Southern Canada Power qui a été la bougie d’allumage de ce grand développement manufacturier. Afin de se garantir des revenus récurrents, la Southern Canada Power se lance dans une opération de charme auprès de différentes entreprises, le secteur du textile étant privilégié en raison des besoins énergétiques considérables de ce type d’industries. En 1919, les premières industries du textile à s’établir à Drummondville sont, à quelques mois d’intervalle, la H.W. Gossard et la Butterfly Hosiery. Celles-ci seront suivies, quelques mois plus tard par la Jenkes Canadian Tire Fabrics en 1920. Puis, les arrivées successives de la Dominion Dyeing and Painting en 1923, de la Louis Roessel en 1924 et de la Canadian Celanese en 1926 confirment le statut de chef de fil que Drummondville occupera pendant plusieurs décennies dans le milieu du textile.

Si au début du siècle, plus précisément en 1901, la population de Drummondville se situe à 1451 habitants, au recensement de 1921, celle-ci triple à 4 433, puis quintuple, en 1941, et atteint 21 304 personnes. Cette croissance démographique majeure est en grande partie due à l’industrie du textile. À elles seules, durant les années 1940, la Canadian Celanese emploie environ 5 000 ouvriers, la Drummondville Cotton, 2000, la Butterfly Hosiery, 400, la Dominion Silk Dyeing and Painting, 400 et la Louis Roessel, 150. En 1961, Drummondville est désormais une ville industrielle forte où résident 41 161 personnes, soit 30 fois plus qu’en 1901.

En parallèle à cet essor fulgurant, Drummondville profite de plusieurs avancées, tels que la naissance du journal local La Parole, en 1926, la reconstruction du Manoir Drummond, en 1927, l’ouverture d’un premier aréna, en 1933, l’établissement des théâtres Drummond et Capitol, en 1937, et l’inauguration du quatrième et actuel Hôpital Sainte-Croix, en 1949.

Le paysage urbain de Drummondville tant au centre-ville que dans les quartiers Saint-Joseph, Drummondville-Sud ou Saint-Jean-Baptiste a été marqué par l’industrie du textile, notamment avec la construction de logements ouvriers et l’apparition de différents lieux de rassemblement culturel et sportif. L’année 2019 marque le 100e anniversaire de l’implantation de ce secteur manufacturier à Drummondville. Au cours des prochaines semaines, nous vous ferons découvrir l’histoire de chacune des industries ayant permis de tisser notre Drummondville d’aujourd’hui. De plus, c’est avec joie et fierté que nous vous inviterons à célébrer cet anniversaire, lors des Journées de la Culture 2019, les 28 et 29 septembre prochain. Restez à l’affût, vous en saurez plus très bientôt!

Visuel : Les employés de la Canadian Celanese devant le complexe industriel, en 1952.
Source : Société d’histoire de Drummond, Fonds Canadian Celanese ; P90-8.3F1

Babillard : En 2019, la Société d’histoire de Drummond et la Ville de Drummondville célébreront le centenaire de l’implantation de l’industrie du textile. Cette commémoration aura lieu durant les Journées de la Culture 2019, les 28 et 29 septembre prochain! Suivez-nous sur Facebook pour connaître tous les détails.