Drummondville, un appui hospitalier en temps de guerre

La fin de la Deuxième Guerre mondiale laisse la plupart des belligérants d’Europe considérablement affaiblis, voire dévastés. Deux pays se démarquent alors comme étant les nouvelles puissances mondiales, soit les États-Unis et l’U.R.S.S. La conclusion du conflit amène ces deux anciens Alliés à s’opposer pour le partage de l’Europe… puis du monde.

Dans cette ambiance tendue, agitée par la crainte d’une guerre nucléaire, les États-Unis et l’Union soviétique se lancent dans un affrontement global, alimenté entre autres par une dichotomie idéologique. Aux États-Unis, cette lutte prend des proportions inquisitrices : sous le sénateur Joseph McCarthy, la chasse aux communistes s’apparente à une véritable chasse aux sorcières. La « Peur Rouge » s’étend ainsi à tous les domaines de la vie politique, économique, et culturelle, et ce, jusqu’à Drummondville.

Qui dit lutte idéologique, dit aussi propagande massive, tel que nous pouvons le voir dans le journal La Parole de 1957. En effet, c’est aux côtés d’annonces de films alors à l’affiche au Capitol, et à saveur souvent patriotique, telles qu’« Away All Boats » ou « The Return of Captain America », que plusieurs articles de journalistes comme W.N. Ewer et Richard Scott, prennent vivement position contre le communisme. Ce qu’il faut savoir, c’est que l’année 1956 fut, tel que le souligne Ewer, « l’une des plus importantes et des plus décisives » en ce début de guerre, notamment en raison de la Crise de Suez et de l’insurrection de Budapest en Hongrie. En effet, l’insurrection de Budapest contre le gouvernement communiste incite près de 200 000 habitants à fuir le pays, alors envahi par les chars d’assaut de l’Union soviétique. De ce nombre, environ 35 000 Hongrois viennent s’établir au Canda. À l’instar de l’Ontario et de Sherbrooke, Drummondville accueille plusieurs de ces familles de réfugiés, ainsi qu’une quinzaine de jeunes filles hongroises.

Dès janvier 1957, plusieurs Drummondvillois fournissent un gîte temporaire à six familles fuyant les horreurs de la guerre et voulant trouver refuge. Une réception est organisée à l’hôtel Dora, où l’évêque de Nicolet accueille les nouveaux réfugiés, accompagnés du juge Joseph Marier et de la mairesse Szirti. La responsable en charge du comité du logement, Mme Dominique Ladora, lance également un appel à la charité pour ces familles désormais privées des nécessités les plus élémentaires. De leur côté, la plupart des réfugiées hongroises réussirent à se trouver rapidement un emploi étant donné le grand besoin de bonnes et de servantes dans la région. D’autres citoyens sont impliqués, tels que M. Camille Tessier, en charge du comité des finances, ainsi que Mme Marcel Marier, chargé du comité d’accueil. C’est donc dans ces conditions difficiles qu’a pu se révéler une fois de plus la grande solidarité de Drummondville.