Dom Georges Mercure : bénédictin, organiste, chef de choeur et compositeur

Né à Drummondville le 23 juin 1905, Georges Mercure est le fils de Marie-Louise Smith et d’Alexandre Mercure, propriétaire d’une méga scierie située dans l’actuel parc Sainte-Thérèse.  Georges reçoit ses premières leçons de piano d’Henri Schampeart, un maître d’origine belge qui a émigré au Canada à l’invitation des Frères de la Charité.  Selon une tradition familiale, le talent de Georges est si exceptionnel, que dès l’âge de cinq ans il est en mesure de jouer devant un public.

Une éducation remarquable

Georges entre au Collège Sainte-Marie de Montréal pour y faire son cours classique.  Il poursuit en même temps sa formation musicale avec les professeurs Henri Letondal et Hervé Cloutier, en plus d’accompagner au piano des films muets.  Au milieu de son année de Belles-Lettres, il annonce son intention d’entrer au prieuré de Saint-Benoit-du-Lac.  Sa famille n’est certes pas opposée à une vocation religieuse, mais elle aurait souhaité une communauté bien connue plutôt que ce petit monastère qui végète au fond des Cantons de l’Est.

Le supérieur de Saint-Benoit-du-Lac, dom Paul Cosse, perçoit rapidement la qualité de cette recrue.  Il le dirige vers l’abbaye de Saint-Wandrille (Haute Normandie) afin d’y poursuivre ses études de philosophie, puis de théologie. Avant de quitter la France, Georges étudie l’orgue à la Schola Cantorum de Paris et le chant grégorien à l’abbaye de Solesmes.

Saint-Benoit-du-Lac

Nommé maître de chorale dès son retour au Canada en juillet 1933, dom Mercure comble d’aise le Père Prieur Crenier qui écrit dans le Bulletin Saint-Benoit: « Je n’ai nulle part ailleurs entendu exécuter plus parfaitement le chant grégorien avec ses nuances infinies ».  En plus de donner des cours et des conférences, dom Mercure publie un volume de 253 pages intitulé Rythmique grégorienne

En janvier 1944, dom Georges Mercure est élu Prieur de Saint-Benoit-du-Lac et devient le premier supérieur canadien de sa congrégation.  Dès son entrée en fonction, il consacre beaucoup d’énergie à raffermir les observances monastiques en plus de redresser les finances fragilisées par la construction récente d’un monastère en granit blanc dessiné par le célèbre moine-architecte, dom Paul Bellot. 

En 1952, lorsque dom Mercure se démet de sa fonction de Prieur, sa communauté compte 65 moines, 25 profès solennels de choeur et 22 prêtres.  Il consacrera les 40 dernières années de sa vie à la composition de tout l’Office divin ainsi que de nombreux psaumes et cantiques liturgiques. L’épitaphe gravée sur sa pierre tombale, en 1993, traduit bien son intense apostolat musical: MON COEUR ET MA BOUCHE CHANTERONT SANS FIN LA GLOIRE DU SEIGNEUR.