Chez A. Saint-Pierre, de père en fils

Gilles St-Pierre se souvient de l’arrivée de sa famille à Drummondville le 1er septembre 1933, le jour même de son 12e anniversaire. Dès leur arrivée dans la région, le jeune homme entre à l’Académie David, où il obtient son diplôme quatre ans plus tard.

Après sa 8e année, Gilles se fait offrir par son père, Armand St-Pierre, de poursuivre vers les études classiques, mais ce dernier refuse, préférant s’impliquer davantage dans l’entreprise familiale.

Dès l’ouverture du magasin de meubles A. St-Pierre en 1936, Gilles est chargé de la livraison, alors que sa mère et son père s’occupent de la gérance du magasin. Il n’a alors que 15 ans et le travail est dur : des mobiliers ou encore des poêles en fonte à monter parfois sur deux ou trois étages.

Dans le milieu des années 1940, Mme St-Pierre tombe malade. À la demande de son père, Gilles passe de la livraison à l’administration et la vente au détail, malgré son manque d’expérience. Rapidement, il s’adapte à son nouvel environnement, entre autres en lisant des livres pour perfectionner son service à la clientèle. Tout comme son père, il se crée rapidement un bon réseau social. Il fait partie de quelques clubs sociaux, dont le Club des Francs, le Club de golf et de curling et s’implique également dans la Chambre de commerce.

Au début des années 1950, la gérance du magasin passe entièrement à Gilles. Le paternel en est encore propriétaire et travaille au maximum de ses capacités, pour lesquelles son fils est extrêmement fier de lui verser un salaire. Gilles est alors marié à Giselle Leblanc, avec laquelle il aura trois enfants; Michel, Yves et Louise. Environ six ans avant son décès en 1962, Armand se retire finalement du magasin.

Dans la décennie 1980, la compétition est rendue très vive dans le commerce de meubles à Drummondville. S. Setlakwe, Lionel Giroux et Meubles L. Letendre ne sont que quelques-uns des commerçants en pleine essor à cette époque.

En 1982, Gilles St-Pierre doit se résigner à fermer l’entreprise.

Le magasin A. St-Pierre et fils a su, pendant plus de 45 ans, faire sa marque dans la région tout comme Gilles et son père, deux personnages très présents dans la vie sociale de la ville. De père en fils, le 759 boulevard Lemire a laissé son empreinte dans l’histoire de Drummondville.

Maxime Lussier, selon une entrevue menée par Jean Thibault avec Gilles St-Pierre.

 

VISUEL : Annonce parue dans le journal La Parole du 12 mai 1982, indiquant la vente de fermeture du magasin A. St-Pierre et fils. (SHD, Fonds La Parole)