C’est le temps des vacances

Ah les « vacances de la construction »! Depuis 1971, par un décret gouvernemental, un congé obligatoire de deux semaines est instauré pour l’ensemble des travailleurs de l’industrie de la construction. Chaque année, c’est près du quart de la population active qui s’arrête pour prendre des vacances durant cette période. Et une partie de ces gens choisiront de sortir de chez eux pour aller camper en famille.

Les années 1970 sont aussi marquées par une popularité grandissante du camping au Québec. À Drummondville, le camping des Voltigeurs est certainement le plus connu. Les visiteurs n’ont que quelques minutes à faire en voiture à partir de l’autoroute Jean-Lesage pour s’installer et profiter du site de villégiature au bord de la rivière Saint-François. La saison 1978 fut particulièrement achalandée et des centaines de touristes ont même été refusés à l’entrée du parc alors que les 549 terrains étaient occupés. Heureusement, des règlements stricts limitaient à deux semaines le temps de camping que les résidents de Drummondville pouvaient utiliser, laissant ensuite leur place aux vacanciers de passage.

Ce potentiel touristique avait bien été évalué par le Ministère du Tourisme, de la Chasse et de la Pêche en 1966 alors qu’il débute les travaux majeurs d’aménagement du parc en collaboration avec le Ministère de la Voirie. Le gouvernement provincial ayant fait l’acquisition de l’ensemble du Domaine Trent pour les travaux de construction de l’autoroute en 1963, la situation géographique privilégiée de Drummondville dictait le besoin d’une halte routière importante. En prévision de l’Expo 67, on investit une somme de 4,5 millions de dollars pour la construction de nouvelles bâtisses, dont un poste de contrôle, la rénovation du musée (la maison Trent est classée monument historique par la Commission des biens culturels en 1964), l’aménagement des aires de pique-nique, de campement, de terrains de jeux, d’une piscine, ainsi que l’aqueduc, les égouts, les chemins et l’électricité. Le projet initial qui s’étendait sur environ 700 acres de terres de part et d’autre de l’autoroute, comprenait trois phases qui résulteraient en un Parc des Voltigeurs pouvant accueillir plus de 3000 personnes.

Même si l’ensemble du projet ne fut pas réalisé pour des raisons politiques et économiques, le Parc des Voltigeurs a connu des heures de gloire. Il est alors qualifié d’un des plus beaux endroits de camping et de détente de la province! En 1985, la SÉPAQ prend la relève de l’administration du camping et en assure depuis la rentabilité, quoique l’espace d’accueil ait été réduit à environ 300 emplacements.

Nous verrons, dans un prochain article, combien les trente dernières années du Domaine Trent et du Parc de Voltigeurs sont riches en projets et en histoire. De quoi alimenter quelques discussions politiques!