Se peut-il qu'un important projet, qui ne s'est jamais réalisé, ait donné naissance à un autre encore très vivant aujourd'hui ? C'est pourtant ce qui se produit dans Drummond, alors que la construction d'un 3e barrage sur la Saint-François n'a jamais vu le jour, mais que la forêt qui devait l'accompagner existe bel et bien encore. En 1915, la Southern Canada Power (SCP) érigeait un premier barrage (Lord) vis-à-vis Drummondville pour alimenter l'usine hydro-électrique de la rue Du Pont. En 1924, 2e barrage et 2e usine (Hemming). La SCP décide alors d'en construire un troisième, cette fois à la hauteur de l'ile Jersey (ile Ronde), vis-à-vis Saint-Majorique et Saint-Joachim. Qui dit barrage dit augmentation du niveau de l'eau dans la rivière: de 16 mètres (53 pieds) dans ce cas-ci, ce qui amènera l'apparition d'un long lac artificiel jusqu'au parc des Voltigeurs. Pour solidifier les berges et prévenir tout risque d'effondrement ou de glissement de terrain, la SCP se met à acheter, aussitôt qu'en 1927, les terres agricoles et boisées, de chaque côté de la rivière, dès qu'elles deviennent disponibles. À compter de 1939, elle y plante des dizaines de milliers d'arbres, surtout des conifères (pins rouges ou blancs, épinettes rouges ou blanches, mélèzes

Témoin d’une époque révolue, le Vieux Moulin à laine d’Ulverton est unique au Québec et même au Canada. C’est William Reed Dunkerley qui fait bâtir en 1868 l’actuel moulin d’Ulverton qu’il exploite pendant 23 ans, avec sa femme et ses enfants. Mais pour mener à bien ces travaux d’envergure et acheter des machines en Angleterre, il doit contracter de lourds emprunts et hypothéquer sa propriété. En 1872, Dunkerley ne pouvant faire face à ses obligations, la Durham Woolen Factory est reprise par ses créanciers. En 1875, le moulin est acquis par George Henry Goddard. Victime de difficultés financières, Goddard le cède à son tour en 1892 à son créancier Gavin Shanks. En 1895, le moulin est acheté par Albert Harry Hepworth, qui l’exploite jusqu’en 1906. Le 15 novembre, Joseph Blanchette signe une promesse d’achat et exploite le moulin jusqu’en 1939 sous la raison sociale de « Ulverton Wooden Mills. » Le nouveau propriétaire devient alors le plus important employeur du village, 10 à 15 personnes y gagnant leur pitance. Mais victime de la concurrence des usines de textile plus modernes et compétitives, le moulin d’Ulverton est vite condamné. Le Vieux Moulin, en effet, par sa technologie et son système commercial archaïques, se

Fondée le 10 juillet 1955, l’escadrille 607 des Cadets de l’Air de Drummondville fut créée à l’instigation d’anciens militaires de l’Aviation Royale Canadienne. Ces aviateurs sont alors regroupés dans une association d’anciens baptisée RCAF Association, dont l’Aile 309 de Drummondville est dirigée par Albert Schaefer, l’un des initiateurs de la création de l’unité locale des Cadets de l’Air. Son successeur, Ben Messier, poursuit alors l’œuvre de son prédécesseur, et ce, dès son élection à la présidence, le 17 février 1955. La salle de l’Externat Saint-Georges est alors réservée pour le futur corps de cadets, et un concert bénéfice de la fanfare de la RCAF permet de récolter la modique somme de 500$. L’escadrille prend vraiment forme le 19 avril, lorsque le capitaine Neil Graham en est nommé commandant. Les journaux locaux lancent alors des appels aux jeunes hommes de 14 à 18 ans (les filles n’étant pas encore admises) en les invitant à se présenter à l’Externat Saint-Georges de la rue Saint-Léon (maintenant Notre-Dame) le 27 avril. 48 jeunes répondent alors à l’appel. Malgré ces débuts officieux, l’escadrille n’a encore ni nom ni numéro. Ce n’est que le 10 juillet que le corps des cadets de l’Air obtient officiellement sa charte. Trois

Comment se fait-il que l'une des plus spectaculaires évasions à survenir au Québec se soit produite à Drummondville, le mardi 30 avril 1968, alorsqu'il n'y avait ici ni prison, ni pénitencier digne de ce nom? Seulement deux cellules pour des détenus et témoins en attente de comparution au tout nouveau palaisde justice, construit en 1962. Se tenait alors ici un grand procès qui normalement aurait dû se passer à Québec. Comme l'affaire Darabaner avait fait grand bruit dans la Vieille capitale, un changement de venue avait été autorisé pour que l'accusé, Jean-Jacques Gagnon, soupçonné du meurtre d'un nommé Chandonnet, puisse affronter un jury impartial. Comme c'était son droit, Gagnon, qui se défendait seul sans avocat, pouvait assigner pour sa défense des témoins, la plupart des repris de justice ayant été condamnés dans cette célèbre affaire. Et il ne s'en privait pas

C’est en 1931 que les frères Firmus et Urgèle Guérin font un premier séjour à Drummondville. Descendus à l’Hôtel Grand Central, ils désirent évaluer le potentiel commercial de l’endroit. Originaires de Sherrington, dans le comté de Napierville, ils envisagent de faire l’acquisition de la Boulangerie Deschesnes. Ils reviennent tellement enchantés de leur séjour qu’ils sont de retour une semaine plus tard afin de s’y établir. Déterminés à acheter la boulangerie convoitée, ils procèdent d’abord à sa location. Travailleurs acharnés, les frères Guérin triment dur à partir de 2 ou 3 heures du matin jusqu’à 21 ou 22 heures du soir, Firmus oeuvrant comme boulanger tandis qu’Urgel assure la livraison du pain dans toute la ville, besogne non moins laborieuse à une époque où les rues de l’endroit sont encore entièrement de terre battue, à l’exception d’une étroite lisière de béton au milieu des rues Heriot et Lindsay. On sort à peine de la Crise, et les frères Guérin ne se laissent pas abattre et parviennent à hisser, en huit ans, leur boulangerie au rang de l’une des plus prospères des Cantons de l’Est. La recherche de la rentabilité commerciale n’empêche pas le duo de faire preuve de générosité envers les familles

À cette époque, la gare était le centre d’attraction du village, autant que le magasin général ou l’église. Très impliquée dans son milieu, le petite Alice, toute menue, en menait large: autant à l’aise en français qu’en anglais, elle a été la correspondante de Wickham pour la Parole de Drummondville pendant plus de 20 ans. En 1965, elle a été choisie Miss Centenaire à l’occasion du 100e anniversaire de fondation de la localité. Mais son coup le plus fumant, c’est d’avoir écrit une lettre de félicitations à John F. Kennedy à l’occasion de son élection à la présidence des États-Unis en novembre 1960. Quelle ne fut pas sa surprise, quelques semaines plus tard, d’en recevoir une réponse personnelle… Comme cela a été le cas pour tous les chemins de fer, les affaires se sont mises à décliner: en 1954, le transport du courrier a cessé, de même que le service de passagers. Au début des années 60, c’est le fret qui a été interrompu et en 1967, la gare a fermé définitivement. Le CPR a abandonné la ligne ferroviaire en 1989: elle a été transformée en piste cyclable. Quant à Mlle Timmons, elle est décédée à Drummondville, le 25 mai 1992

Si vous n’avez pas connu Alice Timmons (1901-1992) de Wickham, vous avez manqué quelque chose! Si vous l’avez connue, vous devez sourire encore… Car ¨la petite Alice¨, comme tous l’appelaient affectueusement, affichait une personnalité exceptionnelle qui cadrait de façon surprenante avec ses fonctions officielles de chef de gare: rieuse, toujours en mouvement, très parlante, elle a été pendant presque un siècle une véritable institution à Wickham. Son père, James Timmons (1859-1939) y a occupé le prestigieux poste de chef de gare du Canadien Pacifique (CPR) pendant 46 ans. Quand il a pris sa retraite en 1924, qui d’autre que sa fille Alice, alors âgée de 23 ans, pouvait le remplacer? Entraînée par son père, elle connaissait tout de ce travail: le maniement du télégraphe, la vente des billets aux passagers et des documents pour le fret, la réception et la livraison du courrier, l’entretien et le chauffage de la gare, etc Même si c’était un travail réservé aux hommes à cette époque, les autorités du CPR n’ont pu faire autrement que de l’embaucher. Et de s’en féliciter grandement ! C’était l’époque où les premiers trains arrivaient à 6h32 le matin et le dernier à 22h52, certains soirs. Presque jamais n’en a-t-elle raté

Bien avant la fondation du Festival mondial de Folklore (aujourd’hui le Mondial des Cultures) en 1982, de nombreuses troupes se sont illustrées à Drummondville. L’année 1928 constitue l’acte de naissance du folklore dans la localité, alors que la troupe « Chautauqua », en tournée canadienne, s’arrête pendant trois jours à Drummondville. Malgré un répertoire varié composé de chants et de mélodies européens, de musique classique et de comédies, son séjour ne fait pas l’unanimité. Ainsi, dans une période encore trop marquée par une certaine xénophobie, un citoyen de la région dénonce, dans une lettre ouverte à La Parole, ce genre de spectacles dispensés par des étrangers non catholiques… Heureusement, cette méfiance n’est pas partagée par l’ensemble de la population, à commencer par un groupe de notables locaux formé de Walter Moisan, de Napoléon Garceau, de Ben Prince, de N.G. Glattfelter et A.W. Knight, qui organise le retour du groupe dès l’année suivante, puis en 1931. Par la suite, on assiste à une certaine accalmie jusqu’en 1944, quand le Septuor Blaquière, formé d’un père et de ses six enfants, s’exécute à la salle paroissiale de Saint-Joseph. Mais l’impulsion est lancée, et à la suite de la renaissance de l’Ordre du Bon Temps

Le matin du 24 juillet 1975, vers 5h54, une tornade cause tout un émoi dans le paisible village de Saint-Bonaventure. En à peine trois ou quatre minutes, des vents de 100 milles à l’heure ravagent tout sur leur passage, endommageant gravement l’église paroissiale, considérée comme l’une des plus belles de la région, en plus de plusieurs bâtiments et habitations. L’épicentre du sinistre a traversé la rue Principale sur une longueur de 3 milles et demi et une largeur de 1000 pieds. En plus de faire plus de 80 blessés, la tornade cause trois pertes de vie, Mme Georges-Étienne St-Laurent ainsi que ses deux jumeaux Patrice et Patricia, qui feront l’objet d’une cérémonie émouvante. Quant aux blessés, ils sont transportés à l’Hôpital Sainte-Croix de Drummondville. Le village voisin de Saint-David encaisse aussi des dommages mineurs. Un peu plus tard, une quatrième victime périt des suites de ses blessures, Léopold Audet, âgé de 72 ans. Les pertes sont immenses, les dommages s’élevant à trois millions : une centaine de maisons touchées, dont une quarantaine à moitié ou entièrement démolies, l’école et l’église, plusieurs fermes et commerces gravement endommagés, comme la scierie, la tourbière et le principal établissement du village, l’Épicerie Vincent, qui subit

Avec la baisse de la pratique religieuse au Québec, certains métiers sont pratiquement disparus dont celui de peintre-décorateur d’églises. Ce métier a fait vivre plusieurs familles de la région pendant deux décennies. Voici l’histoire d’une belle réussite. Vers 1948, pour peindre la grande église néogothique de Saint-Germain-de-Grantham, Germain Vallée démarra un petite entreprise de lavage, peinture et décoration d’église. La première étape fut d’installer des échafauds de bois et d’engager quelques compagnons, le secrétariat et la comptabilité étant assuré par son épouse, Gilberte Grandmont. À la fin de ce premier contrat, le curé Roméo Salois, satisfait du travail accompli, souhaite à cette petite équipe la meilleure des chances, après le traditionnel sermon dominical. Vingt ans plus tard, cette équipe de peintres-décorateurs avait pratiquement fait le tour des églises du Centre-du-Québec, de la Montérégie et des Cantons-de-l’Est, de Ste-Monique de Nicolet, à Varennes en passant par Notre-Dame-de-Stanbridge. L’équipe de base était constitué de Gérard et Jean-Paul Rhéaume, de Claude et Gatien Tessier, puis se sont ajoutés au fil des années, Antoine Champagne, René Timmons, Donat Chagnon, Armand Gauthier, Urbain Joyal, André, Georges et Raymond Lemaire, Rolland Leblanc, Yves Houle, Laurier Limoges, Léonard, René et Rosario Cusson. Ce dernier a acheté les échafauds de