La rivière noire et le feu Au début du siècle dernier, environ 18 moulins sont alimentés par la rivière noire d’Ulverton. En 1961, un de ces moulins, le moulin à scie P.E. Giguère de Lisgar, est détruit par les flammes. Cet incendie ne laisse alors que le moulin à laine d’Ulverton aux abords de la rive, dernier témoin d’une réalité ouvrière rurale maintenant disparue. Le premier pont couvert du Ulverton Woolen Mills est construit vers 1900. Cette infrastructure est nécessaire pour accéder au site de l’entreprise. En 1954, ce pont de bois devient désuet.  En 1982, le Conseil d’administration du moulin d’Ulverton entame des démarches afin que le pont soit reconstruit et c’est en 1988 que le Député de Drummond, M. Jean-Guy St-Rock, octroie la somme de 30,000$ pour la mise en marche du projet. Grâce à la générosité des ouvriers et des citoyens d’Ulverton, la reconstruction du pont débute en octobre 1992, pour être ensuite inauguré le 16 juin 1993. Dès le lendemain, un malheur frappe; le pont est incendié par un acte criminel. Devant cette désolation, M. Fernand Roger, alors président du Moulin à laine, convoque le conseil d’administration et convainc les administrateurs de reconstruire dans les plus brefs délais

Né à Ste-Perpétue le 9 septembre 1909, très jeune, Noël Camirand aide son père aux travaux de la ferme, étant le premier garçon d’une famille de 11 enfants. Par la suite, il travaille dans un chantier, puis devient apprenti-forgeron à Ste-Brigitte des Saults, chez son cousin M. Hormidas Camirand, et plus tard à St-Zéphirin chez Hormidas Grandmont, son futur beau-père. C’est en 1936, après ses apprentissages, que M. Camirand devient forgeron de métier. Il s’établit à La Visitation où il achète de M. Philippe Smith une maison avec boutique. Le prix de cette vente est de six cents dollars dont deux cents dollars comptant et le reste par paiements égaux. M. Camirand forgera selon les besoins de M. Smith pour un montant égal à la dette. Après quelques années, M. Smith demande à combien monte la dette. M. Camirand lui dit qu’il n’a rien pris en note et M. Smith de lui répondre la même chose. Ils se serrent la main et c’est la raison pour laquelle on ne note aucune quittance finale sur l’acte de vente. Cette maison, bâtie vers 1890 à 1900 servait d’abattoir; M. Camirand  en transforme une partie en forge et l’autre en abri à chevaux. Son travail

Aux pins blancs géants qui ont d’abord attiré les grands entrepreneurs forestiers se sont substituées, dès 1860, d’autres essences comme le pin gris, la pruche et l’épinette.  Des chantiers sont en activité aux quatre coins de Saint-Lucien.  La coupe a lieu en saison froide de manière à profiter au maximum des avantages naturels qu’offrent la neige et la glace au transport.  Aussitôt abattus, les arbres sont ébranchés et sciés en longueur de 4 m. Dès la fonte des glaces, au printemps, on lance à l’eau des milliers de billots, familièrement appelées « pitounes », chacun frappé des initiales de la compagnie propriétaire.  Les récoltes de bois descendant la rivière Saint-François sont « repêchées » à Drummondville ou à Pierreville, alors que celles jetées dans la rivière Nicolet s’arrêtent à Michel Station (5 km à l’ouest de Bon-Conseil) où la Mitchell Church & Fee exploite une méga scierie et un chemin de fer du nom de Drummond County Ry. Les travailleurs forestiers Le recensement de 1861 du canton de Simpson révèle la présence de 63 hommes répartis en 8 chantiers exploitant le pin et l’épinette.  Plus bavard, le recensement de 1871 dénombre les résidants permanents qui tirent un revenu d’appoint de la coupe du bois.  Ainsi, sans renoncer au travail

Au début du XIXe siècle, seules quelques familles d’origines allemande et britannique s’étaient implantées en bordure des rivières Saint-François et Nicolet.  L’arrière pays de Saint-Lucien, presqu’entièrement couvert de sables acides et à drainage déficient, n’offrait qu’une très faible valeur agricole.  D’autant plus que pour assécher leurs terres, les colons devaient creuser, à la petite pelle, des fossés de la hauteur d’un homme et larges de trois mètres au fond. Toutefois, la présence nombreuse de pins blancs avait été remarquée par de gros entrepreneurs forestiers, tels Valentine Cooke (Drummondville), G. W. Ross (Saint-Nicholas) et L.-A. Sénécal (Pierreville).  Le pin blanc d’Amérique (Pinus Strobus) était reconnu pour sa longévité, sa résistance à la pourriture et sa capacité à retenir sa forme sans gauchir, même sous les variations atmosphériques.  C’est pourquoi la couronne britannique se réservait les meilleurs arbres de ses colonies pour la construction des vaisseaux de la Marine royale. Dans le secteur N-W de Saint-Lucien, les loams sableux déposés par la mer de Champlain avaient favorisé la croissance de pins blancs de taille exceptionnelle et qui, de surcroît, fournissaient des billots bien droits et sans défaut apparent.  Abattus durant l’hiver, les pins étaient aussitôt équarris et transportés sur les berges des rivières Saint-François

L’Hôtel Central sur la rue Principale à Saint-Germain a ouvert ses portes le 1er mai 1902. Situé à proximité de la gare, cet hôtel « pourvu de toutes les améliorations modernes » est la propriété de Napoléon Girard. Ce dernier fait rapidement la publicité de son établissement dans le journal local La Justice en mentionnant ses attraits particuliers : « Table de première classe. Salles d’échantillons spacieuses. Chambres confortables. Vin, liqueurs et cigares de choix ». Ces salles d’échantillons que l’on mentionne dans toutes les publicités d’hôteliers sont des espaces commerciaux spécialement aménagés pour accueillir les commis-voyageurs. Selon un règlement sur l’hébergement commercial en vigueur en 1917, tous les hôtels doivent proposer au moins une salle d’échantillons avec deux chaises et une table. On légifère même sur la clarté de la pièce, la sécurité, l’hygiène ainsi que sur le chauffage! Les pensionnaires peuvent alors étaler des échantillons de leurs produits et faire du commerce avec les habitants. Les marchands généraux profiteront eux aussi du passage de ces représentants pour passer des commandes ou tester de nouveaux produits. Au début du 20e siècle cependant, ces commerçants itinérants ont mauvaise réputation, qu’ils tiennent probablement du fait qu’ils se déplacent constamment et qu’ils sont seuls. De plus, leur passage

Si quelques petites formations musicales animent déjà les rassemblements à Drummondville, le premier quart du 20e siècle est marqué d’un effort d’organisation des loisirs pour satisfaire les besoins de la population grandissante. La vie culturelle se transforme rapidement et naissent alors fanfare, orchestres et chorales d’amateurs et de professionnels. Le 30 janvier 1903, quelques hommes dits « anciens instrumentistes » décident d’organiser une fanfare. Ils se réunissent chez Napoléon Garceau, avocat et propriétaire du journal La Justice, qui lui, s’engage à leur fournir un local de répétition. Ce n’est toutefois qu’en 1914 que la ville officialise son corps musical en vue des fêtes du centenaire. Monsieur Alexandre Mercure alors à la tête de l’hôtel de ville ne pouvait envisager qu’un tel événement ait lieu sans corps musical officiel. À l’époque, la majorité des villes et municipalités sont dotées d’harmonies, souvent liées aux brigades de pompiers, de gendarmerie ou de miliciens, et sont des symboles patriotiques. En rythmant les défilés d’événements et en multipliant les prestations en plein air, la fanfare est de plus en plus populaire à Drummondville. D’abord dirigée par Léon Ringuet, puis par Raphaël Nolet, elle contribue à la fois au divertissement et au développement d’un sentiment d’appartenance pour

Les sujets de l’ensemble des vitraux de l’église Saint-Frédéric ont été déterminés par l’architecte Louis-Napoléon Audet à qui l’on a confié, en 1922, la construction de la quatrième église du même nom.  En ce qui concerne la verrière du choeur, Audet s’est plié à la tradition d’installer, au-dessus du maître-autel, la vie du saint patron de l’église qu’il a déclinée en trois scènes : L’image triomphante de saint Frédéric qui prend place dans un trèfle à quatre feuilles, alors que dans les baies ogivales sont représentés à gauche, Le martyr de saint Frédéric, et à droite, Saint Frédéric menaçant d’excommunier l’impératrice Judith de Bavière. En 1929, le conseil de fabrique confie la réalisation de la verrière du chœur au maître-verrier français Guillaume-Ernest Pellus qui s’était fait connaître auprès de la clientèle religieuse alors qu’il travaillait avec Guido Nincheri au décor peint de l’église Notre-Dame-de-Grâce de Montréal. C’est la scène du martyr de saint Frédéric que nous observons sur la photo ci-contre.  Selon les biographes, saint Frédéric, évêque d’Utrecht, fut poignardé au pied de l’autel en 838.  Le maître-verrier Pellus a plutôt dessiné une décapitation, mais il s’est appliqué à bien muscler le bourreau et à revêtir l’évêque de ses habits sacerdotaux.  Le talent

À l’époque de la colonisation du territoire maintenant connu sous le nom de « Municipalité de Saint-Lucien », la pêche et la chasse étaient des activités de survivance.  En effet, la faune des forêts et des rivières constituait, avant tout, une source essentielle de nourriture pour ces courageux défricheurs isolés de toutes sources d’approvisionnement. Dans les eaux plus ou moins profondes des deux rivières baignant les côtes de Saint-Lucien - la Saint-François au sud et la Nicolet au nord - on pêchait l’achigan, le doré, la barbotte, la perchaude et le crapet-soleil.  On profitait des rares moments de loisir pour aller jeter une ligne ou lever la ligne dormante laquelle livrait en quantité du brochet et de la carpe.  Alors que les nuits obscures et sans vent se prêtaient à la pêche au flambeau où l’on harponnait, au dard ou à la foène, les plus belles prises d’esturgeon. En ce qui concerne les cervidés, leur grand nombre est confirmé dans le récit historique du notaire Saint-Amant : « Le territoire occupé par cette paroisse [Saint-Lucien] a été, jusqu’à ces derniers temps, considéré comme un vrai paradis pour les chasseurs de chevreuils.  Ces tueries en bloc ont presque complètement anéanti ce gibier dont on ne rencontre que

Située au sud-ouest du lot 1 du premier rang du canton de Wendover (à la limite même du canton de Simpson), la ferme Lord compte parmi les établissements pionniers du comté de Drummond.  En effet, avant même la fondation de Drummondville, Artemus Lord construit, à la hauteur des tumultueuses chutes qui porteront le nom de Lord’s Falls, une auberge où les voyageurs font halte avant d'entreprendre un long portage sur la rivière. En novembre 1859, Robert James Millar achète l'emplacement de 100 acres ainsi qu'une maison en bois rond et une grange pour la somme de 800 $.  C'est un rêve vieux de vingt ans que réalise R.J. Millar lorsqu'il vient s'installer à la ferme Lord en 1860, avec sa femme née Eliza Ann Robins.  Ils entreprennent sans tarder la construction d'une maison québécoise, à deux étages, assez grande pour loger confortablement leurs huit enfants et ceux à naître. Quelques acres de terre sont consacrées à la culture de céréales fourragères destinées aux animaux de la petite ferme ; tout près de la maison s'étendent un grand potager et un verger fournissant légumes et fruits de toutes sortes. Robert James Millar meurt en 1877, à l'âge de 61 ans ; en plus de ses

Moins compliquée que maintenant, la médecine d’autrefois faisait appel à des remèdes simples tels que huile de ricin ou de foie de morue, infusions de plantes médicinales, cataplasmes, emplâtres, mouches de moutarde. Les gommes de pin, sapin et épinette étaient très employées pour guérir le rhume ou certaines blessures. Il y avait même certaines personnes qui avaient recours aux formules secrètes, à base d’herbes, concoctées par les Abénaquis qui fréquentaient notre région. Aussi, on se procurait des remèdes patentés qu’on retrouvait au magasin général. Il y a cent ans, l’Almanach du peuple de 1910 présentait entre autres les publicités du sirop Mathieu, du vin Saint-Michel, des pilules Moro pour les hommes ainsi que des pilules rouges pour les femmes pâles et faibles, ces dernières publicités étant suivies de témoignages, photos et adresses à l’appui. C’est à Kingsey en 1833 que le premier médecin du nom du Dr Calver Alexander se serait établi dans nos cantons. Suivirent à Drummondville en 1859, le Dr P.A. Bédard, en 1880 le Dr Ulric Gill et vers 1900, le Dr W. Alexander. Le Dr Gill, vieux médecin célibataire, était assez exceptionnel : il tricotait ses bas, confectionnait les robes, jupons et bas de ses nièces orphelines qu’il avait adoptées