Grâce à l’étude des archives judiciaires et des journaux d’époque, il s’avère souvent possible de reconstituer d’étonnantes histoires s’étant déroulées à Drummondville. Par exemple, lors d’une séance du conseil de Ville de Drummondville le 27 juin 1939, le maire Arthur Rajotte accuse son chef de police, Joseph Moquin, « de ne pas faire respecter la morale dans la ville ». La raison de cet euphémisme ? Le maire reproche à Moquin de ne pas être intervenu auprès d’une maison close exploitée aux étages du restaurant Taft, situé au 496 rue Lindsay. L’établissement suspect est tenu par René B. et Alvina G. qui louent des chambres à d’honnêtes travailleurs, mais qui tolèrent également la présence de femmes de petite vertu. Le maire Rajotte somme son chef de se présenter à une enquête publique concernant cette affaire, mais Moquin choisit plutôt de démissionner. Moquin est rapidement remplacé par Anthime Simard, un policier sans grande expérience. Ce dernier effectue, dans la soirée du 11 novembre 1939, une descente au 496 rue Lindsay. La police arrête tous les gens sur place dont Alvina, sa fille, René et son frère. Tous sont ensuite relâchés après interrogatoire. René et Alvina, ne voulant pas se faire poursuivre, consultent alors l’avocat Antoine