Le 6 juin 1933, un homme d’affaires du New Jersey du nom de Richard Hollingshead inaugure ce qui deviendra un symbole fort de l’Amérique de l’après-guerre, le fameux « drive in » ou ciné-parc américain. Le site aménagé par Hollingshead peut accueillir 336 voitures prenant place devant un même écran. Le son est alors assuré par un système de haut-parleurs situés près de l’écran et le prix d’entrée, de 0.25$ par famille, constitue une véritable aubaine de divertissement familial. Ce n’est cependant qu’après la Deuxième Guerre mondiale que cette industrie prend véritablement son envol. L’expérience culturelle estivale permet alors d’allier deux des plus grandes passions des Américains : le cinéma et l’automobile. Au Québec, le gouvernement de Maurice Duplessis interdit, après le conflit mondial de 1939-1945, cette pratique qui encourage, dit-on, la débauche et le vice. Pour contrecarrer ce blocus, bon nombre de cinéphiles québécois n’hésitent pas, d’ailleurs, à se rendre dans les ciné-parcs ontariens et américains pour pouvoir regarder des films en plein air. Il faut attendre plusieurs années avant de voir s’implanter graduellement les premiers ciné-parcs dignes de ce nom dans la province. Devant la demande et la pression grandissante de la population, le gouvernement de Robert Bourassa n’a d’autre

Au Canada, l’année 1885 est marquée par un important conflit entre le gouvernement fédéral de John A. Macdonald, et les peuples métis du Nord-Ouest qui tentent, sans succès, d’obtenir les titres de propriété des terres de leur région. Cette tentative vient contrecarrer les plans du gouvernement central qui nourrit des visées colonisatrices sur ce territoire. Les tensions entre Ottawa et les Métis, menés par Louis Riel, atteignent leur paroxysme en mai 1885 et culmine par la défaite des Métis à la célèbre bataille de Batoche.  Dans les mois suivants, Louis Riel, tenu responsable des troubles, est condamné à la peine de mort pour les motifs de haute trahison. La partialité du procès est remise en cause par une majorité de Canadiens Français qui y voit un règlement de compte orchestré par Ottawa suite à l’exécution en 1870 de Thomas Scott, jeune orangiste protestant et spéculateur farouchement opposé aux Métis. Quoi qu’il en soit, Louis Riel est exécuté le 16 novembre 1885. La grogne des Canadiens Français face à cet évènement est alors manifeste et polarise le débat public de l’époque. Six jours après la pendaison du chef métis, plus de 50 000 personnes se réunissent au Champ-de-Mars à Montréal pour manifester contre

À l’automne 1967, René Lévesque quitte le Parti libéral du Québec pour fonder, quelques mois plus tard, le Mouvement Souveraineté Association (MSA). L’ancien journaliste à Radio-Canada publie dès l’année suivante son célèbre essai Option Québec dans lequel il développe l’idée que l’avenir du Québec passe par la convergence des sphères sociales, politiques et économiques dans un projet de souveraineté-association. Cette idée gagnera alors en popularité un peu partout dans la province. À Drummondville, le premier rassemblement public du MSA se tient en février 1968 au Manoir Drummond. Bien qu’encore embryonnaire, le mouvement suscite déjà l’intérêt chez plusieurs et attire plus de 150 sympathisants. L’adhésion des membres augmente considérablement durant l’année, si bien que le MSA-Drummond est autorisé à déléguer douze de ses membres au congrès général d’octobre qui a pour but la mise sur pied d’un parti souverainiste. De l’union du MSA, du Ralliement national (RN) et du Rassemblement pour l’indépendance nationale (RIN) nait alors le Parti Québécois (PQ) avec, à sa tête, René Lévesque. L’année 1969 devient décisive pour la nouvelle formation politique. La section locale organise plusieurs campagnes de recrutement dans toute la circonscription de Drummond pour augmenter sa base partisane. Elle doit également mettre sur pied une équipe forte et

Connu dans la région comme un photographe de grand talent, Pierre Dozois aura figé dans le temps plus de trente ans d’histoire drummondvilloise et régionale. Né à Montréal le 14 juin 1930, il est le fils du comptable Gérard Dozois et de Christiane Laferté. Il grandit dans la Métropole avant d’emménager à Drummondville en 1949. Il épouse Lily Fuller le 29 décembre 1952 à l’église Saint-Frédéric de Drummondville. En 1953, Pierre Dozois installe d’abord son studio privé dans les locaux de la Tabagie Marier au 251 Heriot, avant de s’établir définitivement dans la boutique voisine, au 102 rue Marchand en 1958. Il y vend alors du matériel photographique en plus d’en initier plusieurs à l’art de saisir le moment. Au fil des ans, l’homme au talent de farceur indéniable se bâtit une solide réputation auprès des commerçants et des industriels de la région qui désirent faire la promotion de leurs produits par le biais de clichés d’exception, ainsi qu’auprès des nouveaux mariés qui immortalisent de manière unique le plus beau jour de leur vie. Photojournaliste pour des journaux comme La Tribune, Le Voltigeur et The Gazette, il débute sa carrière en 1951 en se voyant confier la page couverture d’un journal du

Dans son histoire presque centenaire, la défunte Laiterie Lamothe et Frères aura vu se succéder cinq générations de laitiers. Dès 1913, Hilaire Lamothe et sa femme Emma Dumaine développent, avec leurs enfants, une petite exploitation laitière familiale. Prenant graduellement de l’expansion, la distribution se fait alors à l’aide de bidons de deux gallons que l’on transvide chez le client. En 1934, les garçons d’Hilaire et Emma, les frères Léonidas, Siméon et Armand, font construire une laiterie sur la rue Saint-Jean. Elle sera agrandie en 1942. C’est également les débuts de la pasteurisation qui permet d’assurer la conservation et la qualité du lait. Ce procédé consiste à garder les aliments à une température élevée pendant une durée déterminée, afin de détruire les micro-organismes nuisibles. À cette époque, la laiterie est en activité sept jours sur sept. La distribution se fait encore à cheval et débute vers quatre heures le matin. On distribue alors plus de 2500 pintes de lait par jour. En 1949, les fils de Léonidas Lamothe, Marcel et Laurent, deviennent propriétaires et continuent de faire prospérer l’entreprise. Ils seront à l’origine des développements des années suivantes. L’année 1962 marque un changement important pour la compagnie. En effet, on abandonne la livraison

Dans la foulée des évènements de la classique hivernale de Drummondville qui se déroulera du 9 au 11 février prochain, nous avons cru bon revenir sur l’origine du nom de la nouvelle patinoire extérieure Victor-Pepin. Fils de voiturier, Victor Pepin voit le jour à Drummondville le 11 octobre 1894. Après des études au Collège commercial Saint-Frédéric et au Collège du Sacré-Cœur de Victoriaville, il épouse Antoinette Morel en 1919. Neuf enfants naîtront de cette union. Entre 1913 et 1954, il fait carrière au Canadien National et est élu échevin du quartier sud de Drummondville en 1937. C’est cependant son parcours sportif qui laissera une marque indélébile dans notre paysage drummondvillois. En 1925, l’équipe de hockey de Drummondville aligne de très bons joueurs comme Victor Pepin, Albert Corriveau, Lucien Champagne, Camille Tessier et Garcia Béliveau. Les parties sont disputées à l’extérieur, à la patinoire connue sous le nom de « Chez Schaefer » située à l’emplacement actuel du parc Woodyatt. On dit qu’après les parties, les joueurs poursuivent la soirée en patinant jusqu’à minuit avec leur conjointe. Victor Pepin est également membre de l’équipe d’étoiles de Drummondville de 1931 et s’aligne avec l’équipe des Maple Leafs de la Celanese de 1933-1934. L’année

À l’été 1937, les séquelles de la crise économique de 1930 sont encore bien présentes au Québec. Le chômage demeure élevé et l’économie tarde à se redresser. À l’instar de plusieurs secteurs manufacturiers, l’industrie du textile fait les frais de ce marasme économique. Plus encore, les conclusions de la Commission royale d’enquête sur l’industrie du textile de 1936 (Commission Turgeon) jettent le voile sur l’exploitation dont sont victimes les hommes et les femmes de ce secteur d’activités, en plus de mettre en lumière des conditions de travail lamentables. La Dominion Textile, qui contrôle alors les deux tiers de l’industrie du coton au Canada, en fait particulièrement l’objet. Suite à cette Commission, la Confédération des Travailleurs Catholiques du Canada, en collaboration avec la Fédération catholique nationale du textile, expose clairement les griefs de leurs membres et tente de mettre la table en vue de la prochaine convention collective. Rapidement, les négociations se retrouvent dans un cul-de-sac et les représentants syndicaux soupçonnent la collusion entre le gouvernement et la Dominion Textile. Devant l’impasse des négociations, des votes de grèves s’organisent dans toutes les succursales de la Dominion Textile du Québec. À Drummondville, le vote de la Drummondville Cotton, se tient le 21 juillet.

En 1914, les droits d’exploitation hydroélectrique du bas de la rivière Saint-François sont acquis par la Southern Canada Power. La compagnie érige ainsi une première centrale aux chutes Lord en 1919 et une deuxième, quatre kilomètres en amont, qui entre en activité en 1926 sous le vocable de la centrale Hemming. La Southern Canada Power prend alors le contrôle de la production et de la distribution de l’électricité de la région et est donc en mesure d’orienter le recrutement industriel afin de maximiser ses profits. La possibilité d’une production énergétique considérable permet à l’industrie du textile de s’implanter à Drummondville et devient le symbole industriel de la décennie 1920. C’est dans ce contexte que la Jenkes Canadian Tire Fabrics Company Limited s’établit à Drummondville en 1920 sur le site actuel du 575 rue des Écoles. Elle débute alors la construction d’un édifice de quatre étages et œuvre sous cette entité jusqu’en 1929, année où la Dominion Textile Company Limited fait son acquisition. La nouvelle succursale prend à partir de ce moment le nom de Drummondville Cotton Company Limited. Plusieurs agrandissements ont lieu dans les années 1930 si bien qu’en 1937, la compagnie débute la production de cordes et de filets pour

Soulignée chaque année le 24 juin, la Fête nationale des Québécois tire ses origines d’une ancienne tradition païenne qui se voulait une célébration pour l’arrivée du solstice d’été. Célébrée dès l’époque de la Nouvelle-France, l’origine des festivités que nous connaissons aujourd’hui remonte cependant au 24 juin 1834. C’est à l’occasion du banquet de fondation de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal que l’idée de doter le peuple canadien-français d’une fête nationale annuelle prend forme. L’initiative fait écho dès l’année suivante et plusieurs rassemblements sont organisés dans le Bas-Canada. À Drummondville, les premières manifestations connues de la Saint-Jean-Baptiste remontent au 19 juin 1902 alors qu’un grand rassemblement nationaliste est organisé par l’avocat Napoléon Garceau. Il tente ainsi de persuader le premier ministre Wilfrid Laurier de résister aux pressions impérialistes de l’Angleterre. Selon ce que l’on peut lire dans le journal L’Union des Cantons de l’Est du 20 juin 1902, plus de 2000 personnes venues des comtés environnants se réunissent pour l’évènement. Drummondville avait un air de fête et « chaque demeure était ornée de drapeaux ». La fête de la Saint-Jean-Baptiste s’inscrit également dans une tradition religieuse importante à cette époque. Camille Duguay, fondateur du journal La Parole, le souligne d'ailleurs très bien dans

Véritable baromètre de l’opinion publique, la caricature reflète et représente, par sa satire, les mœurs et les habitudes des sociétés de toutes les époques. Déjà en 1759, le brigadier général George Townshend s’amusait à caricaturer son supérieur James Wolfe (officier commandant de l’armée britannique lors de la bataille des Plaines d’Abraham) qu’il ne tenait visiblement pas en très haute estime. Il est aujourd’hui connu comme le premier caricaturiste à avoir œuvré au Canada. Le développement de la presse satirique au XIXe siècle favorise l’émergence du genre caricatural et fait place, au début du XXe siècle, à l’arrivée de la grande presse et des caricaturistes professionnels. Mentionnons ici Henri Julien, premier caricaturiste engagé de façon permanente au Canada, à qui l’on doit notamment la célèbre illustration « Un Patriote de 1837 », repris plus tard comme emblème par le Front de libération du Québec (FLQ) dans la décennie 1960. À Drummondville, la caricature publicitaire fait son apparition dans les journaux locaux dès le début des années 1930. C’est cependant le deuxième conflit mondial (1939-1945) qui introduit de façon significative la caricature à caractère politique. On l’utilise alors pour soutenir l’effort de guerre et favoriser l’enrôlement de soldats. Comme aucun illustrateur local ne publie