Quelques mois avant les élections de février 1936, le maire Walter-A. Moisan annonce à la population de Drummondville qu’il se retirera définitivement des affaires municipales de la Cité au terme de son mandat. La nouvelle crée une onde de choc. Lors des assemblées populaires, l’on se demande qui lui succédera à la tête du Conseil de ville. Toutes les voix semblent alors se rallier à la candidature de Joseph-Ovila Montplaisir. Ce dernier est un homme d’affaires averti, disent les uns. De plus, il a l’expérience de la mairie, clament les autres. Des démarches sont tout de même faites auprès de quelques autres citoyens bien en vue et respectés de tous, mais ceux-ci, se rangeant du côté de la majorité, déclinent l’opportunité afin d’assurer à monsieur Montplaisir une élection par acclamation. Toutefois, considérant son état de santé et la charge de travail qu’exige le siège de premier magistrat, le principal intéressé hésite toujours à briguer les suffrages. Puis, après avoir longuement réfléchi et consulté son médecin, Joseph-Ovila annonce à ses partisans qu’il ne sera pas candidat lors des prochaines élections. À quelques jours seulement de la date butoir de la mise en nomination des candidats, chacun se demande toujours qui succédera au maire sortant,

Le frottement de l’archet contre les cordes du violon venait d’émettre, dans une vibration qui lui semblait éternelle, un son à la fois timide et familier. Avec la complicité de sa mère, le petit Gérard avait subtilisé l’instrument de sa sœur aînée et venait tout juste de faire sonner ses premières notes. Il avait six ans. La séance n’avait duré qu’un instant, mais l’écho mélodieux du violon allait résonner pour toujours dans la tête du garçon. Dans notre mémoire collective, ce fut la naissance musicale de l’un des grands violonistes du Québec. Gérard Ti-Noir Joyal est né à Drummondville, le 8 avril 1921. C’était l’époque des veillées traditionnelles. La musique folklorique canadienne-française se fait alors entendre haut et fort, et partout. Chez les Joyal, les valses s’enchaînent au rythme des reels de violon et des solos d’accordéon. Lors de ces soirées, la marmaille se joint aux parents pour faire revivre les plus belles pièces de chez nous. Gérard en profite chaque fois pour perfectionner sa posture et la finesse de son jeu. Ainsi, à l’âge de neuf ans, le jeune musicien maîtrise déjà son instrument et joue devant public dans les salles, durant les noces et les soirs de réveillons. À douze

Plus de soixante mille soldats canadiens, de toutes les provinces, sont tombés au combat lors de la Première Guerre mondiale. Au Québec, comme ailleurs au Canada,  les familles éprouvées par la disparition d’un proche tué sur un champ de bataille européen sont nombreuses. La famille Fréchette, de Saint-Eugène-de-Grantham, est l’une de celles-là. Pierre Fréchette est originaire de Saint-Ours. Cultivateur de son état, il a presque trente ans lorsqu’il épouse Henriette Cournoyer le 24 octobre 1876. Après le mariage, le couple s’installe à Saint-Germain-de-Grantham, pour quelque temps, puis sur un petit lopin de terre, à Saint-Eugène. Henriette donne naissance à dix enfants, cinq filles et cinq garçons, dont Étienne. Étienne est né le 4 septembre 1886. Quatrième bambin de la famille, il grandit sur la ferme de son père en compagnie de ses frères et sœurs. Aventurier, célibataire et sans enfant, il  quitte le nid familial et son village natal pour l’Ouest canadien, en 1907, à l’âge de vingt ans. Armé du courage de la jeunesse, Étienne voyage jusqu’à Entwistle, en Alberta, un hameau fraîchement ouvert à la colonisation. Durant les années suivantes, il défriche son lot, y construit une maison et tient une petite boutique de tabac tout près de la ligne

Le dimanche 7 avril 1986 en soirée, les 400 employés de la GTE Sylvania, une entreprise de Drummondville spécialisée dans la fabrication de lampe d’éclairage de tous genres, claquent la porte de l’usine et entrent en grève. Ils réclament ainsi une augmentation de salaire et de meilleures conditions de travail. Le conflit dure environ 5 mois et se caractérise par de multiples séances de négociations infructueuses et l’utilisation de briseurs de grève. Au lendemain du débrayage, les négociations entre les délégués de la GTE Sylvania et le Syndicat des employés se poursuivent en présence d’un conciliateur nommé par le ministre du travail. Pourtant, les jours passent et les pourparlers piétinent. Le 6 mai, les dirigeants de la compagnie déposent ce qu’ils considèrent comme leurs offres finales, mais la proposition, jugée inacceptable par la direction du syndicat, est aussitôt rejetée et les négociations sont rompues. Au début du mois de juin, la tension augmente alors que l’exécutif syndical soupçonne la compagnie d’avoir recours à des briseurs de grève. Une enquête est réclamée. Le 12 juin, le ministre du travail dépêche un enquêteur sur les lieux et la GTE Sylvania est prise en défaut : un employé embauché après les délais légaux a effectivement exécuté

Drummondville est fondée par le lieutenant-colonel Frederick George Heriot au début de l’été 1815. Ses premiers habitants sont des vétérans soldats, qui  après avoir servi l’Angleterre lors des campagnes de 1812-1814 contre les Américains, la servent encore, en temps de paix, en colonisant les cantons du Bas Saint-François. Durant les premières années, la colonie conserve un cachet quelque peu militaire avec ses casernes et son champ de manœuvres. Peu à peu cependant, les soldats oublient la carrière des armes pour se consacrer à l’agriculture, à la petite industrie ou au commerce et il n’est plus question de milice à Drummondville durant près d’un siècle. Lorsque la Grande Guerre éclate, en 1914, quelques braves de la région s’enrôlent et prennent part au conflit en Europe. La question de la milice est soulevée à nouveau, mais reste toutefois sans réponse. C’est plutôt à l’aube de la Deuxième Guerre mondiale, alors que la Réserve de l’armée canadienne s’installe à Drummondville, qu’une milice locale est véritablement réorganisée. Si au début de la colonie, la majorité des miliciens sont des anciens militaires reconvertis en agriculteurs, au cours de 1939-1945 et par la suite, ce sont des citoyens provenant de divers milieux qui forment les rangs de

L’histoire de la milice à Drummondville prit véritablement racine à la fin des années 1930, lorsque le Ministère de la Défense nationale décida de doter la ville d’une école de génie militaire. Le bâtiment, aussi appelé manège militaire, fut construit sur la rue Brock à la fin de l’année 1938 et c’est la 19th Field Company qui s’y installa en premier, au début du mois de janvier 1939. Après la Deuxième Guerre mondiale, en 1948, l’unité de génie fut attachée au 46e Régiment Anti-chars de Sorel et prit le nom de 140e Batterie. En avril 1951, le quartier général du 46e Régiment fut transféré de Sorel à Drummondville et deux ans plus tard, un deuxième manège militaire fut construit sur la rue Saint-Louis. Les travaux de construction débutèrent au courant de l’année 1952. En décembre de la même année, les troupes du 46e Régiment Anti-chars découvrirent leurs nouveaux locaux. Le corps principal de l’édifice, bâti sur deux étages, formait la salle d’exercice de la milice. Au sous-sol, on avait aménagé un entrepôt, des casiers, un atelier pour l’armurier et une vaste salle de tir; au rez-de-chaussée, un garage pour les véhicules, une salle de conférences, des bureaux, la cantine et le

Le 30 janvier 1933, Adolf Hitler accède à la chancellerie de l’Allemagne. Son arrivée au pouvoir marque le début d’une période de crises en Europe, si bien qu’à la fin des années 1930 un deuxième conflit mondial semble inévitable. Le Premier ministre du Canada, Mackenzie King, d’abord opposé à toute participation canadienne au conflit européen, entreprend néanmoins d’accroître ses effectifs et mobilise ses troupes partout au pays. Une école de génie À Drummondville, il n’a plus été question de milice depuis 1918. Après la Première Guerre mondiale, la ville s’est plutôt attardée à son industrialisation et à la modernisation de ses services publics. Puis, en 1938, devant l’imminence d’une nouvelle guerre, le Ministère de la Défense nationale se tourne vers Drummondville pour y fonder une unité de l’armée de réserve. En juin, dans les pages du journal La Parole, on annonce la construction prochaine d’une école de génie militaire sur la rue Brock. En formation En janvier 1939, le bâtiment est terminé et la formation des troupes débute aussitôt. La tâche d’organiser l’unité, appelée la 19th Field Co. Royal Canadian Engineers, est alors confiée au major Dominique Courchesne. Au départ, une quarantaine d’élèves forment les rangs. Les cours se donnent à raison

Le 10 décembre 1921, Drummondville accueillait à l’École Saint-Frédéric le premier corps de cadets de son histoire, le CC 946. Quelques jours plus tard, les garçons inscrits recevaient leurs uniformes et participaient à leurs premiers entraînements. En 1925, une fanfare fut organisée au sein du groupe et bientôt, les manœuvres militaires firent un peu de place à la musique et aux parades, rythmées par la cadence des pas et des tambours. L’Armée En janvier 1939, un premier manège militaire fut érigé sur la rue Brock et une unité de l’armée de réserve, y fut introduite. Peu après, il ouvrit ses portes aux cadets de l’École Saint-Frédéric. Aujourd’hui, le CC 946 n’existe plus, mais son histoire se révèle dans les pages des journaux d’époque. En héritage, ses nombreux défilés pavèrent la voie aux autres corps de cadets qui allaient lui emboîter le pas. En 1950, le CC 2394 Drummondville High School Cadet Corps prit racine sur la rue des Écoles, à l’initiative de Malcolm Johnston. Les exercices s’effectuèrent d’abord dans le gymnase de l’école, puis au nouveau manège militaire de la rue Saint-Louis, dès la fin des années 1950. Aujourd’hui, le CC 2394 compte un effectif de 33 cadets et est commandé par

Le 1er septembre 1939, l’Allemagne envahissait la Pologne. Deux jours plus tard, la Grande-Bretagne et la France lui déclaraient la guerre. Le monde retint son souffle. La Deuxième Guerre mondiale venait tout juste de commencer. La survie de la Grande-Bretagne et la France, ainsi que la libération de l’Europe dépendaient beaucoup de la capacité des Alliés d’outre-mer, dont le Canada, à les approvisionner en troupes et en matériels, par voies navigables. La stratégie allemande consistait donc à rompre cette communication au moyen d’une offensive massive de sous-marins (U-Boat). En septembre 1939, le Canada n’était pas prêt à remplir cette mission, sa marine ne disposant que de six contre-torpilleurs. Toutefois, le gouvernement de Mackenzie King s’empressa de remédier à la situation. Au début de l’année 1940, sur les chantiers navals du pays, on s’affairait à augmenter la flotte de la Marine royale du Canada d’une centaine de «petits navires» de guerre, les NCSM (Navire canadien de Sa Majesté). Le gouvernement fit baptiser ces navires au nom de certaines villes canadiennes en reconnaissance de la générosité des populations à l’effort de guerre. C’est ainsi qu’à Drummondville, dans les pages du journal La Parole du 19 juin 1941, on annonçait le lancement d’une nouvelle «corvette»,