Manoir Drummond, 15 septembre 1953. Un grand dîner réunissant une centaine de convives est organisé afin de marquer la fondation du club des Francs de Drummondville. Paul Côté, fondateur et président intérimaire, est tiré à quatre épingles. Le conseil provisoire a envoyé des dizaines d’invitations et nombreux sont ceux qui ont répondu à l’appel : autorités religieuses et municipales, présidents et membres de clubs, dont ceux de Magog, Granby, Longueuil et Montréal. Des représentants de Sherbrooke sont également présents afin de procéder à l’initiation des nouveaux membres de la section locale. Durant la soirée, le maître de cérémonie rappelle les grands objectifs du club, c’est-à-dire organiser des rencontres régulières agrémentées de conférences; développer une fraternité chrétienne et un esprit d’entraide parmi les membres, leur donner l’occasion d’exercer la charité et le service social, ainsi que de leur procurer une solide formation religieuse. Il souligne également que les Francs trouvent leur origine en 1942 à Sherbrooke et que depuis, dix nouveaux clubs, dont celui de Drummondville, ont été fondés. Au cœur de la cérémonie, les initiés Antoine Biron, Paul Côté, Noël Sylvain, Paul Martel, Henri Précourt, Roland Bourgeault, Roger Lauzon, André Pinard, Martial Bellemare, Réal Comtois, Germain Letendre, André Pepin, Jules Saint-Pierre, Henri

Jacques Adhémar naît à Détroit le 12 février 1774. Ses parents, bien que Canadiens-français et originaires de Montréal, passent une partie de leur vie aux États-Unis, à Détroit et à Michillimakinac, pour le commerce des fourrures. À la mort de son père, survenue en 1804, Jacques revient au Canada pour s’établir à Montréal. Marchand de métier, ce dernier s’illustre surtout comme militaire durant la guerre anglo-américaine et comme pionnier de la colonie de la rivière Saint-François (Drummondville). Au printemps 1812, les États-Unis déclarent la guerre à la Grande-Bretagne. La menace imminente d’une invasion américaine en sol canadien force alors le gouverneur George Prevost à recourir à la milice pour la défense du territoire. Il autorise ainsi la levée du corps des Voltigeurs et en confie le commandement au major de Salaberry. Jacques Adhémar, alors officier de milice à Montréal, entreprend d’intégrer le nouveau corps d’infanterie légère; il est présent à Châteauguay en avril 1812 à titre d’officier recruteur; obtient sa commission de lieutenant en mai 1812 et devient capitaine de la 8e Compagnie des Voltigeurs en mars 1813. Le capitaine Adhémar commande sa compagnie jusqu’à la proclamation de la paix et la dissolution des Voltigeurs, en mars 1815. Durant le conflit, il

La célébration du 150e anniversaire du Canada (1867-2017) semble être une occasion parfaite de se remémorer que le chemin menant à la Confédération ne s’est pas fait sans embûches. En effet, au Canada-Est (Québec), à partir du milieu du XIXe siècle, s’opposent deux grandes idéologies sociopolitiques incarnées par le Parti bleu de LaFontaine et Cartier, en faveur du projet, et le Parti rouge de Papineau et des frères Dorion qui militera contre. Les deux camps ne tardent pas d’ailleurs à se doter de feuilles d’opinion afin de répandre et de défendre leurs idées. Journaliste, pamphlétaire et homme politique associé aux «Rouges», Jean-Baptiste-Éric Dorion, le frère cadet d’Antoine-Aimé, est l’un des adversaires les plus féroces de la Confédération. Fondateur du journal Le Défricheur (1862-1867), publié à L’Avenir et distribué à Drummondville, il prône dans ses écrits le rejet de l’Acte d’Union, l'annexion du Canada aux États-Unis, l’abolition de la tenure seigneuriale et de la dîme, la séparation de l’Église et de l’État, l’éducation non-confessionnelle et la colonisation des Cantons-de-l’Est par les Canadiens-français. Surnommé l’«enfant terrible» par ses adversaires en raison de sa petite taille, de sa voix nasillarde et de son caractère bouillant, Dorion est élu député de Drummond et Arthabaska à trois reprises,

Drummondville, 1er août 1937. Ce matin-là, Alberta Chabot, la téléphoniste en chef de la compagnie Bell Canada, se rend au travail plus tôt qu’à l’habitude. Ce n’est pas un jour comme les autres : il est prévu qu’à sept heure précise, le vieux système de téléphone à manivelle fera place au fameux téléphone à cadran dont tout le monde parle! Il s’agit sans doute de l’une des étapes les plus importantes de sa carrière, de même que d’un événement historique marquant pour les citoyens de Drummondville, mais Alberta n’est pas inquiète. Elle sait que tout a été mis en œuvre pour que l’introduction du nouveau réseau téléphonique soit une réussite. En décembre 1936, dans les pages de La Parole, on annonce la construction du nouvel édifice Bell sur la rue Lindsay. Le bâtiment est achevé en avril de l’année suivante et les employés de la Northern Electric entament l’installation des appareils à cadran chez les abonnés, ainsi que les raccordements nécessaires. Les représentants Bell se chargent ensuite de visiter les usagers un à un pour donner à ceux qui l’ignorent les instructions indispensables à l’utilisation du nouveau téléphone. C’est ainsi que le 1er août 1937, en quelques secondes seulement, les appareils à

Boston, 23 octobre 1931. La foule du Garden est en liesse. Les quelque 19 000 amateurs de boxe entassés dans le mythique amphithéâtre bostonnais sont debout sur leur siège et scandent sans arrêt le nom du nouveau champion du monde des poids mi-moyens dans un français approximatif : Brouillard-Brouillard-Brouillard! Lucien «Lou» Brouillard se tient au centre de l’arène aux côtés des officiels et de son entraîneur, les bras pointant vers le ciel. Le jeune boxeur natif de Saint-Eugène-de-Grantham vient tout juste d’être déclaré vainqueur du combat l’opposant à Jack Thompson et devient ainsi le deuxième boxeur québécois à décrocher un titre mondial. L’événement ne passe pas inaperçu dans la région. Né à Saint-Eugène le 23 mai 1911, Lucien Brouillard émigre aux États-Unis en 1917, où il amorce sa carrière de pugiliste. Après une trentaine de combats livrés chez les amateurs, il passe chez les professionnels, en 1928, et enregistre une série de victoires convaincantes qui lui permet d’accéder à un premier combat de championnat. Ainsi, le 23 octobre 1931, il défait le titulaire de la ceinture des mi-moyens Jack Thompson en 15 rondes. Grand favori de la foule en raison de son style combatif, Brouillard domine complètement son adversaire l’envoyant au tapis à

Drummondville, 29 juillet 1964. Une multitude de banderoles publicitaires flottent au vent et ornent les poteaux électriques du centre-ville. L’ambiance est à la fête. Une foule immense se presse à proximité de l’Hôtel de Ville, rue Lindsay. Drummondville fait office, encore cette année, de ville-étape du populaire Tour du Saint-Laurent. Les trottoirs sont bondés de curieux qui attendent avec impatience l’arrivée d’une soixantaine de cyclistes partis la veille de Thetford-Mines en direction de notre cité. Les premiers cris proviennent d’un bâtiment avoisinant la Ferronnerie Larocque. Juché sur son balcon, un spectateur vient tout juste d’apercevoir les premiers coureurs et s’exclame : ils arrivent! Le peloton se compose d’une vingtaine de cyclistes. En tête, le Hollandais Jos Van Der Vleuten et le Polonais Stanislas Gazda se font la course pour le premier rang de l’étape Thetford-Drummond. Le sprint final se déroule sous les applaudissements de la foule et se termine, au grand étonnement de tous, par une victoire partagée…, Van Der Vleuten et Gazda ayant franchi la ligne d’arrivée exactement au même moment. Dans les journaux locaux, l’on parle d’un événement unique dans l’histoire mondiale du cyclisme professionnel! Initié au début des années 1950 par le Français Yvon Guillou, nouvellement arrivé au Québec, la

Au début des années 1900, la pratique du sport est déjà bien amorcée à Drummondville. À cette époque, la ville ne dispose pas de grandes installations modernes, alors on s’accommode des grands espaces à ciel ouvert. L’hiver, la neige sert de couche de fond aux surfaces glacées des cours d’écoles et des parcs. Les premières équipes de hockey de la région se disputent des joutes mémorables au Collège Saint-Frédéric et sur le rond de glace du site actuel du parc Woodyatt. Le soir, les filles se joignent aux garçons le temps de quelques arabesques. L’été, les terrains vagues se transforment en lieux de récréation et de compétition. On s’y rassemble pour se lancer la balle et jouer au ballon, faire la course et s’adonner à divers jeux d’adresse. Durant les années 1920, la ville poursuit son développement et accueille de nouvelles industries. Les dirigeants de la Celanese, de la Butterfly et de la Cotton s’organisent rapidement des équipes et les ouvriers affichent dignement les couleurs de leur club respectif au grand plaisir de leurs patrons qui s’en enorgueillissent. Certains joueurs se démarquent et deviennent nos étoiles locales. Le sport gagne en popularité et les besoins de la population grandissent. Nos hommes

La mythique Librairie française de Drummondville trouve ses origines sur la rue Lindsay, à quelques pas du Cinéma Capitol, en 1953. Son histoire côtoie celle de ses fondateurs-propriétaires, Jean Marchais et Françoise Simoneau, et évoque avec une certaine nostalgie cinquante ans de bouquinerie au centre-ville de Drummondville. Jean Marchais est né à Tours, en France, le 3 décembre 1916. Fils du chapelier Louis Émile Marchais et de dame Léonie Georgette Berthon, Jean grandit dans la boutique de chapeaux de son père, rue des Halles, un commerce qu’il dirige à son tour dès 1935. En 1939, la France déclare la guerre à l’Allemagne. Jean a vingt-deux ans. Célibataire et sans enfant, il s’enrôle dans l’Armée française et sert au sein de l’Aviation jusqu’en 1945. Durant son service militaire, il entretient une correspondance romantique avec demoiselle Françoise Simoneau, de Drummondville, qu’il s’empresse de rejoindre au printemps 1953. Les amoureux officialisent leur union à l’église Saint-Frédéric, le 12 septembre 1953. Tous deux passionnés par la littérature et ne voulant plus se quitter, ils ouvrent ensemble une première librairie sur la rue Lindsay, sous la raison sociale Librairie Saint-Frédéric. Ayant l’expérience du commerce, Jean s’occupe des finances, tandis que Françoise s’affaire à l’accueil, au service à

Le 8 mars 1963, trois casernes de l’Armée canadienne, basées à Montréal, sont attaquées simultanément à coups de bombes incendiaires. Sur les murs, à proximité des bâtiments ravagés par les flammes, les vandales laissent une signature peinte en lettres rouges: FLQ. L’entrée en scène est spectaculaire. Les médias s’empressent d’ailleurs de rendre l’affaire publique et diffusent, le 16 avril suivant, un premier manifeste felquiste revendiquant le triple attentat. Dans la mémoire collective, c’est l’acte de naissance du Front de Libération du Québec (FLQ). Dans ce bref communiqué, le FLQ se présente comme un mouvement révolutionnaire composé de volontaires prêts à mourir pour l’indépendance du Québec. Il annonce également qu’il aura pour cibles principales, dans ses opérations de sabotage, tous les symboles et les institutions coloniales, y compris les usines exerçant de la discrimination envers les ouvriers francophones. Entre 1963 et 1970, les felquistes multiplient les actions: vandalisme, vols d’armes et d’équipement militaire, braquages de banques et attentats à la bombe, au nom de l’indépendance, mais également en appui à la cause ouvrière. Ces sept années de violence font neuf morts et des dizaines de blessés. L’enlèvement de deux hommes politiques, en octobre 1970, mène à la Crise d’octobre, puis à la

Une fois la Première Guerre mondiale terminée, la plupart des soldats canadiens reviennent d’outre-mer et réintègrent la vie civile. On leur avait promis un «pays digne des héros», mais la rentrée au bercail se fait souvent difficilement. Afin de les encadrer et de les soutenir, des associations d’anciens combattants sont formées partout au Canada et se regroupent, en 1925, pour constituer ce qui allait devenir la Légion royale canadienne. L’Association des vétérans de Drummondville, formée en 1920, emboîte le pas de ses homologues canadiens et rejoint la Légion en 1934. Elle obtient sa charte le 20 septembre suivant sous la désignation «filiale 51» et les premières assemblées ont lieu au Manoir Drummond. Malgré des débuts prometteurs, à la fin des années 1930, à bout de souffle et en manque d’effectif, les Légionnaires de la 51 doivent se résoudre à cesser leurs activités. Cependant, la Deuxième Guerre mondiale et les efforts exceptionnels qu’elle exige de la population procurent à nos vétérans l’ardeur nécessaire à la réouverture de la filiale, en 1941. Durant le grand conflit, la succursale locale de la Légion canadienne a pignon sur rue Heriot et au Manège militaire de la rue Brock. De là, ils s’occupent des œuvres de