L’urbanisation rapide que connut Drummondville dans les années 1920 amena son lot de problèmes dans le domaine de l’hygiène publique; les gens arrivés de la campagne étaient peu sensibles au problème des déchets, ayant vécu dans un habitat dispersé. Pendant l’hiver, la population avait la mauvaise habitude de lancer dans les cours les détritus de toute sorte, dont les restes de table, sans conséquence immédiate car ces déchets étaient vite recouverts par les chutes de neige successives. En avril 1932, l’éditorialiste Adélard Rivard incitait ses concitoyens à débarrasser les cours des déchets et des détritus qui s’étaient accumulés pendant l’hiver. Autrement les mouches s’y reproduiraient par milliers, pour devenir le pire cauchemar des ménagères. Il y allait de la santé publique, les mouches étant la cause indirecte de nombreuses maladies infectieuses. On discutait encore en 1932 de la nécessité d’obliger chaque propriétaire ou locataire à avoir un réceptacle en bois ou en métal muni d’un couvercle et de deux poignées.  Un règlement municipal fut adopté en 1935 : on devait déposer dans les poubelles les boîtes de conserve, les restes de table, la cendre; il était interdit aux chiffonniers d’y toucher. Les journaux devaient être mis à part, roulés et attachés. Les

  Frederick Earl Cartwright est né le 6 novembre 1924 à New Glasgow (N-É); on prit l’habitude de l’appeler George, comme son père.  En 1928, celui-ci fut embauché comme chef cuisinier à l’hôtel Abenakis Springs à Saint-François-du-Lac, où il est décédé en 1932. Hélène Ritchotte est née à Pierreville le 30 décembre 1924 ; déménagée à Drummondville, elle suivit le cours commercial au collège Ellis, puis fut embauchée à la Canadian Celanese où elle fit la connaissance de George en 1942. Scout dans sa jeunesse, George a toujours manifesté une grande loyauté envers ce mouvement. Dès ses 18 ans le 6 novembre 1942, il s’est enrôlé dans le 9th Field Squadron des Royal Canadian Engineers, car il était naturel d’aller défendre son pays. Il a fait son entraînement à Saint-Jean, Petawawa … et devint opérateur radio, avant d’être envoyé outre-mer en 1944. À bord d’un véhicule blindé, il faisait partie d’une unité de reconnaissance qui s’infiltrait derrière les lignes ennemies pour repérer les routes, ponts… afin de préparer le terrain pour les troupes canadiennes, mission à haut risque. Il a souvent vu la mort de près, ressentant continuellement la peur, la faim, le manque de sommeil. Il fut rapatrié à l’été 1945, très heureux de

  Les contemporains qualifièrent le conflit de 1914-1918 de Grande Guerre, espérant qu’il s’agissait de la dernière, vu son ampleur, sa durée et son intensité. Elle a en effet impliqué plus de soldats (60 M.), occasionné plus de pertes (10 M. de morts) et mobilisé plus de ressources que toute autre guerre précédente. L’industrialisation, la conquête d’empires coloniaux, l’unification de l’Allemagne, la course aux armements créèrent des conditions nouvelles qui menaçaient l’équilibre européen.  De fait, l’Europe était divisée en deux systèmes d’alliances rivaux : la Triple Entente (France, Grande-Bretagne et Russie) et la Triple Alliance (Allemagne, Autriche-Hongrie et Italie). Le 28 juin 1914, l’héritier du trône d’Autriche, l’archiduc François-Ferdinand et son épouse furent assassinés à Sarajevo par un nationaliste serbe. Viennes voulut profiter de l’attentat pour écraser la Serbie et briser le mouvement des nationalités qui risquait de faire éclater l’Empire ; soutenue par l’Allemagne, l’Autriche attaqua la Serbie le 28 juillet.  De fil en aiguille l’Allemagne, la France, la Russie, la Grande-Bretagne furent entraînées dans le conflit.  Chacun des belligérants estimait être dans son bon droit, particulièrement l’Allemagne, qui voulait défendre sa « place au soleil ».  La guerre que tous prévoyaient courte allait durer cinq ans et trois mois. Le Canada, qui

  Le Canada entra en guerre le 4 août 1914, en même temps que l’Angleterre, dont il était encore dépendant. Les Canadiens combattirent dans le nord de la France et en Belgique. La guerre se déroula sur un front de 800 km, où les armées se faisaient face, abritées dans des tranchées et dans des abris souterrains.  La stratégie consistait à bombarder violemment les tranchées ennemies avant de lancer les soldats à l’assaut ; mais leurs rangs étaient vite décimés par les mitrailleuses ennemies, si bien que les pertes étaient énormes et les résultats dérisoires. La situation changea quand les États-Unis déclarèrent la guerre à l’Allemagne en avril 1917 et expédièrent des troupes en Europe, dont le nombre atteignit deux millions. Après avoir signé la paix avec la Russie en mars 1918, les Allemands concentrèrent leur armée à l’ouest et lancèrent une grande offensive en juillet, mais ils durent bientôt retraiter. La situation empira avec les troubles révolutionnaires à Berlin, l’abdication de Guillaume II, les désertions dans l’armée.  Ils se résignèrent donc à signer un armistice le 11 novembre : la cérémonie se déroula à Rethondes à 5h15 du matin, pour prendre effet à 11h. Le quartier général canadien fut informé de l’affaire

Majorique Marchand est nommé curé à Drummondville à 27 ans en 1865; il y reste jusqu’en 1889. Parallèlement à son ministère, le curé a mené à bien plusieurs entreprises. Il faut d’abord remplacer l’église de 1822, vétuste et trop petite. La nouvelle église élégante et monumentale est construite dans le parc Saint-Frédéric en 1879, au coût de $11 500 et d’après les plans et sous la direction du curé. Elle sera détruite par un incendie le 24 juillet 1899. Le cimetière paroissial, situé à l’angle des rues du Couvent et Brock,  est devenu trop petit et il faut envisager un déménagement. Le curé Marchand achète donc une terre de 120 acres à l’angle de la rue du Couvent et du 3e rang, au coût de $1000. Il estime que la terre se paiera juste avec le bois de corde. Le lundi 23 avril 1883 commence l’exhumation des corps du vieux cimetière. Le 28 avril, il se réjouit que cette lugubre et terrible semaine soit terminée, alors qu’on a déterré et déménagé de 1200 à 1500 morts de tout âge et de toutes conditions. Cette pénible besogne a été accomplie par 25 à 30 journaliers payés $1,10 par journée de dix heures. Les

Depuis la fondation de la paroisse Saint-Frédéric en 1856, Majorique Marchand est le curé qui a exercé le plus longtemps son ministère dans cette paroisse, soit pendant 24 ans.  Né à Batiscan en 1838, il est ordonné prêtre en 1862 et nommé curé de Saint-Frédéric en 1865 par Mgr Laflèche, évêque du diocèse de Trois-Rivières, dont Drummondville fait alors partie. Il a fort à faire pour prendre soin de ses ouailles (1400 en 1884); la messe quotidienne, les vêpres, la semaine sainte, le mois de Marie, les retraites… occupent déjà une bonne partie de son temps. Il faut également consacrer un mois à l’enseignement du catéchisme aux enfants de 10-12 ans pour les préparer à la première communion; il leur faut apprendre le catéchisme mot à mot, sinon on risquerait de « faire des hérésies sans le vouloir ». Le curé passe des journées entières à entendre les confessions des fidèles, particulièrement à la Toussaint et à Pâques. Mais ce qu’il trouve le plus pénible, c’est de confesser les enfants, avec qui il doit éviter d’évoquer des péchés qu’ils n’ont même pas imaginés…  Les paroissiens causent du souci au prêtre, comme les cinq ou six familles qui ne vont jamais à l’église (1885), la

Présente à Drummondville depuis 1939, la Réserve de l’armée canadienne a pris différentes dénominations et rempli des fonctions variées.  En 1963 le gouvernement de Lester B. Pearson donne le signal d’une réduction des ressources et de l’abolition de certaines unités.  Le 46e Régiment d’artillerie de campagne fusionne alors avec le 6e Bataillon Royal 22e Régiment le 31 mars 1968 pour former la Compagnie B du 6e Bataillon Royal 22e Régiment, avec le poste de commandement à Saint-Hyacinthe.  Une soixantaine d’artilleurs se reconvertissent donc en fantassins.  Dans un contexte de guerre froide, la Réserve doit assister la Force régulière, assurer la défense territoriale et assister la population en cas de conflit nucléaire. La Compagnie B compte pour environ un tiers du 6e Bataillon qui a des effectifs de 150 à 200; elle s’entraîne à Drummondville, mais aussi à Farnham, à Valcartier et même à l’étranger, au secourisme, au maniement d’armes portatives ou anti-char, à la conduite de véhicules blindés Grizzly, etc.  Le concept de la Force totale de la fin des années 1970 oblige la Réserve à s’arrimer davantage avec la Force régulière, ce qui provoque l’uniformisation de l’entraînement et de l’équipement.  Dans un contexte de réduction des effectifs réguliers dans les

L’entrée en guerre du Canada en 1939 pose d’emblée le problème du recrutement de soldats pour défendre le pays et pour combattre outre-mer.  Le premier ministre Mackenzie King établit le service militaire obligatoire (conscription) pour la défense du Canada en 1940 en décrétant l’Enregistrement national, qui oblige les hommes de 18 à 40 ans à subir quatre mois d’entraînement pour servir au pays.  En 1942, afin de pallier le manque de recrues, le gouvernement impose la conscription pour le service outre-mer, à la suite d’un plébiscite tenu sur la question. Un certain nombre de jeunes gens tentent alors de se soustraire à la loi.  La GRC et la police militaire (les prévôts) se chargent de les repérer et de les arrêter, sans toujours réussir; ainsi un certain Louis Letellier leur échappe à deux reprises en 1943 et à l’automne 1944 (face à une foule hostile).  On peut présumer que c’est pour laver cet affront que les policiers interviennent en force le 24 février 1945, alors une centaine d’entre eux débarquent à Drummondville pour cueillir les réfractaires (une descente effectuée par une douzaine d’agents suffit à créer tout un émoi en 1943). En fin de soirée, ils se mettent en frais de

La guerre qui oppose de 1812 à 1814 les États-Unis et la Grande-Bretagne oblige celle-ci à dépêcher des troupes pour défendre le Haut-Canada (Ontario) et le Bas-Canada (Québec) contre la menace d’invasion.  Les autorités lèvent également des régiments de milice, comme la compagnie des Voltigeurs canadiens, commandée par le lieutenant-colonel de Salaberry et par le major intérimaire Frederick George Heriot, militaire de carrière arrivé à Québec en 1802.  Les Voltigeurs se signalent à la bataille de Châteauguay et de Crysler’s Farm (Haut-Canada) en 1813. Le Traité de Gand du 24 décembre 1814 ayant rétabli la paix, les autorités décrètent le licenciement des Voltigeurs canadiens en mars 1815. L’Angleterre traverse une grave crise financière et a déjà bien assez de militaires démobilisés sur les bras; elle les incite donc à s’installer au Bas-Canada. Le gouverneur Prevost suggère de peupler la région des Cantons de l’est de soldats licenciés car ils constitueraient une défense efficace contre la menace des États-Unis « sur ces parties de frontières… les plus exposées aux attaques ».  En formant un établissement militaire agricole dans la région, le gouvernement se donne les moyens de défendre à peu de frais l’un des accès à la vallée du Saint-Laurent.  Le gouvernement promet