Le 10 septembre 1939, le Canada déclarait la guerre à l’Allemagne. Pour assurer l’efficacité de l’effort de guerre, le premier ministre Mackenzie King fit adopter en juin 1940 un projet de loi pour faire l’inventaire des ressources humaines du pays : l'opération fut appelée «enregistrement national» et permettrait entre autres au gouvernement d’imposer le service militaire mais uniquement pour servir au Canada. Les 19, 20 et 21 août 1940, tous les Canadiens âgés de 16 ans et plus étaient tenus de s'inscrire dans les bureaux de leur circonscription; chacun devrait par la suite porter son certificat sur lui. L'opération de l'enregistrement eut cependant des effets inattendus. Le gouvernement annonça le vendredi 12 juillet que les premiers appelés sous les armes seraient les célibataires, c’est-à-dire les hommes non mariés le 15 juillet; néanmoins, après un certain temps, les hommes mariés devraient aussi subir leur entraînement. Il semble que la population n'ait entendu que la première partie du message… À Drummondville le 14 juillet 1940, veille de la date fatidique, eut lieu une véritable course au mariage. On a célébré ce dimanche-là, à toute heure de la journée et de la soirée, pas moins de 68 mariages dans les quatre églises catholiques de

Nous voici à Drummondville, ce dimanche de Pâques 8 avril 1928, il y a tout juste 81 ans! Le temps est nuageux et doux quand, vers 13h00, la débâcle survient sur la rivière Saint-François. Les eaux en crue, charriant une multitude de blocs de glace avec fracas, attirent une foule de curieux au formidable spectacle qui se déroule sous leurs yeux. Des centaines de personnes, à l’extrémité des rues DuPont, Bellevue, Bérard et autres, réalisent tout-à-coup avec stupeur que le pont du chemin de fer du Canadien National chancelle et est en train de s’effondrer. Tous supposent que les autorités ferroviaires ont avisé les conducteurs de trains de l’imminence du danger. De l’autre côté de la rivière, Chemin Hemming, les sœurs Martel pensent la même chose : Malvina (mariée à Donat Grondin) et Régina (à Napoléon Bernier) quant tout-à-coup, un peu avant 16 heures, elles entendent venir le train de passagers de l’Océan Limitée en provenance d’Halifax, qui siffle en passant à Saint-Cyrille. C’est jour de fête, il doit être bondé de passagers… Faisant preuve d’une admirable présence d’esprit, elles s’emparent de tout ce qui leur tombe sous la main : un tablier blanc, une jupe rouge, et partent en courant sur

À une époque où l’on tente de limiter la circulation automobile, il est intéressant de se rappeler les débuts du transport en commun par autobus à Drummondvillle. En 1926, Donat Bourgeois décide de se lancer en affaires en compagnie de son épouse. Après s’être implanté d’abord entre Saint-Léonard-d’Aston et Sainte-Angèle-de-Laval, puis à Nicolet, il « transporte » son entreprise à Drummondville en 1929. Il fait alors fi de la crise économique en augmentant le nombre de ses autobus dans les environs. Malgré la conjoncture économique précaire, il démarre en 1939 un service de transport en commun entre les quartiers de Saint-Joseph, de Saint-Jean-Baptiste, de Saint-Simon et le parc Saint-Frédéric. Le service est même prolongé aux heures de pointe vers Saint-Cyrille, Saint-Germain et Saint-Nicéphore. Après avoir obtenu en 1945 un permis pour la liaison Drummondville-Montréal, la compagnie dessert dès l’année suivante des localités telles Saint-Hyacinthe, Asbestos, Richmond et Sherbrooke, et ce, jusqu’à Montréal. Deux ans plus tard, le terminus actuel de la rue Heriot est bâti sur le site de l’ancien poste de police et d’incendie, facile à repérer avec son ancien séchoir à boyaux. L’environnement du transport en commun a bien changé depuis son instauration en 1939. En mars 1969, Les Autobus

Né le 8 mai 1870 dans le 4e rang de Drummondville, Joseph Lemire abandonne l’école à 13 ans. De faible constitution, cet autodidacte a peu d’attrait pour le travail de la terre. Cherchant la nouveauté, il installe en 1892, à 22 ans, le premier téléphone de Drummondville avant d’acquérir en 1905 la première automobile de la localité. Parmi les inventions de ce « patenteux » hors pair, mentionnons la conception de signaux lumineux automatiques pour remplacer les vétustes sémaphores (sirènes de chemin de fer), d’un moulin à vent, d’une horloge électrique et à batterie, d’un mécanisme pour actionner les cloches d’église, d’un aérateur à lait, d’un arc à souder ultrarapide, d’un système d’alarme à circuit fermé, d’une pipe à jus, et même d’un tue-mouches pour attraper les moustiques au plafond ! Époux de Mary Fleurent avec qui il convola à l’église Saint-Frédéric le 29 juin 1896, Joseph Lemire est le père de 8 garçons et 3 filles. Il décède le 5 septembre 1953 à 83 ans. Ses concitoyens de Drummondville lui réservent alors d’imposantes funérailles. Son épouse le suivra dans la tombe le 1er février 1960. Jusqu’à son dernier repos, Joseph Lemire semble avoir imaginé de nouvelles inventions, dont une hélice

Un des premiers meurtres dans la région aurait été commis à Wickham en 1852 par un certain William Brainard, relieur de son métier. Il tua sa mère à coups de revolver et tenta d’assassiner son frère. Le motif de son geste : il accusait sa mère d’avoir falsifier le testament de son père. Un huissier fut envoyé à Drummondville pour l’appréhender. Mais le huissier s’arrêta si souvent en chemin et but tant de vin que le meurtrier prit le large et s’enfuit au États-Unis. Pour une raison mystérieuse, Brainard revint à Wickham près de huit ans plus tard, en janvier 1860. Reconnu par un voisin, il s’enfuit, mais il fut repéré et arrêté à Lennoxville. Le procès eut lieu à Trois-Rivières et aboutit à la condamnation à mort. Brainard fut pendu le 26 octobre 1860 en blasphémant. Au moment de l’exécution, un violent orage éclata, phénomène rare en cette saison, et aussi terrible à Wickham qu’à Trois-Rivières. Les gens furent très effrayés devant ce qu’ils considérèrent comme un signe de la justice et de la colère divine. Le corps du meurtrier fut enterré dans le champ d’un de ses frères dans le canton de Shipton. Jean Thibault

Né à Saint-Eugène le 23 mai 1911, Lucien dit « Lou » Brouillard déménage à l’âge de trois ans avec sa famille à Danielson au Connecticut. Il débute sa carrière amateur à Worchester au Massachusetts, à l’âge de 16 ans et devient professionnel quatre ans plus tard. Le 23 octobre 1931, à 20 ans, il remporte son premier championnat chez les mi-moyens en disposant de Jack Thompson aux points. Il perdra ce titre en janvier 1932 en étant vaincu par Jackie Fields à Chicago. Mais l’impétueux Brouillard se relève les manches et l’emporte par décision contre Jimmy McLarnin. Son passage à la catégorie des moyens en 1933 lui procure un succès instantané, alors qu’il remporte le championnat en défaisant Ben Jeby par knock-out. Malgré sa réputation de grand cogneur, Brouillard encaisse un revers décisif à Boston contre le vétéran Vince Dundee, aux points. Malheureusement pour lui, ce fils de Saint-Eugène ne parvint jamais à reconquérir son titre, en deux essais consécutifs contre le champion Marcel Thil à Paris en 1936-37. Disqualifié à chaque fois pour un jeu qualifié de déloyal, il est finalement banni pour un an par l’International Boxing Union. Quant à son gérant, il est tout simplement suspendu à

Le journal La Parole naît à Drummondville en 1926 en pleine période de prospérité favorisée par l’établissement la même année de la Canadian Celanese. Contrairement à l’opinion populaire, c’est le journaliste Camille Duguay et non son pourvoyeur de fonds Édouard Fortin, qui est à l’origine de la fondation du journal au printemps 1926. Originaire de la Baie-du-Febvre, Camille Duguay, un excellent chanteur baryton, entre au service du journal Le Canadien de Thetford Mines en 1918, avant de s’établir à Drummondville. Il s’associe alors à l’imprimeur Fortin de Beauceville où le journal est imprimé jusqu’en mars 1927. Dès sa fondation, le journal est placé sous la supervision d’Édouard Fortin, président, puis de Placide Rioux, directeur-gérant, qui a été « parachuté » de La Tribune en septembre 1926. Pour 25 $ par semaine, Camille Duguay y fait pratiquement tout (du moins jusqu’à l’arrivée de Rioux), de la direction du journal à la rédaction des articles, en passant par la comptabilité, la vente et la sollicitation des annonceurs

Les édiles municipaux n’ont pas toujours été sensibles au patrimoine. En 1979, la vieille gare du Canadien Pacifique (la deuxième du nom) est menacée de démolition par le projet de prolongement de la rue Saint-Damase. Un groupe de 22 étudiants se porte alors à la défense de la gare. Invoquant le coût trop élevé (de 250 000 à 500 000 $) du déménagement et de la relocalisation, la ville tente de damer le pion au ministère des Affaires culturelles qui envisage de classer la gare comme monument historique, à la demande de la Société d’histoire. 1000 citoyens signent donc une pétition afin d’éviter une démolition en catastrophe, en prétextant que la gare du CP, malgré son jeune âge, forme « un jalon important dans l’évolution de l’architecture ferroviaire. » Un citoyen, M. Réal Ally, propose même de se porter acquéreur du bâtiment, à un coût inférieur à sa démolition. Après s’être vue confier le dossier le 23 août, la Commission des biens culturels tient des audiences publiques le 30 octobre. Sept organismes ou individus y déposent un mémoire. Liant le prolongement de la rue Saint-Damase à la démolition de la gare, la municipalité exprime une fin de non recevoir. Affirmant qu’

Georges-Etienne Nephtalie Pepin était le cinquième des 13 enfants de Marie-Ovide Laverdure et du charretier Louis-Victor Pepin qui habitent le village d’Hochelaga (Montréal) au début des années 1880. C’est d’ailleurs à Hochelaga que Nephtalie apprend son métier de voiturier. Dès son mariage avec Orise Rabouin, en 1882, il ouvre sa propre fabrique de voitures à chevaux à Drummondville où les Forges McDougall favorisent un boum économique sans précédent. Sous la raison sociale G.E.N. PEPIN MANUFACTURIER DE VOITURES & REPARATIONS, l’entreprise s’installe d’abord sur la rue Loring, puis déménage sur la rue Cockburn (côté sud), dans un édifice en bois sur deux niveaux, la menuiserie occupant le rez-de-chaussée et l’atelier de peinture l’étage supérieur. En plus de commandes spécifiques, telle la voiture à échelle des pompiers de Drummondville, en 1912, on y fabrique annuellement de 150 à 200 traîneaux et voitures fines, ces dernières munies des réputés ressorts Pepin. Vingt-cinq hommes en moyenne y trouvent du travail. À la fin des années 1920, le moteur à essence ayant définitivement remplacé la traction hippomobile, Nephtalie doit se résoudre à fermer sa manufacture. Son ascension dans le milieu des affaires de Drummondville aura été constante. En 1889, il est élu représentant du quartier sud du