Fondée le 10 juillet 1955, l’escadrille 607 des Cadets de l’Air de Drummondville fut créée à l’instigation d’anciens militaires de l’Aviation Royale Canadienne. Ces aviateurs sont alors regroupés dans une association d’anciens baptisée RCAF Association, dont l’Aile 309 de Drummondville est dirigée par Albert Schaefer, l’un des initiateurs de la création de l’unité locale des Cadets de l’Air. Son successeur, Ben Messier, poursuit alors l’œuvre de son prédécesseur, et ce, dès son élection à la présidence, le 17 février 1955. La salle de l’Externat Saint-Georges est alors réservée pour le futur corps de cadets, et un concert bénéfice de la fanfare de la RCAF permet de récolter la modique somme de 500$. L’escadrille prend vraiment forme le 19 avril, lorsque le capitaine Neil Graham en est nommé commandant. Les journaux locaux lancent alors des appels aux jeunes hommes de 14 à 18 ans (les filles n’étant pas encore admises) en les invitant à se présenter à l’Externat Saint-Georges de la rue Saint-Léon (maintenant Notre-Dame) le 27 avril. 48 jeunes répondent alors à l’appel. Malgré ces débuts officieux, l’escadrille n’a encore ni nom ni numéro. Ce n’est que le 10 juillet que le corps des cadets de l’Air obtient officiellement sa charte. Trois

Comment se fait-il que l'une des plus spectaculaires évasions à survenir au Québec se soit produite à Drummondville, le mardi 30 avril 1968, alorsqu'il n'y avait ici ni prison, ni pénitencier digne de ce nom? Seulement deux cellules pour des détenus et témoins en attente de comparution au tout nouveau palaisde justice, construit en 1962. Se tenait alors ici un grand procès qui normalement aurait dû se passer à Québec. Comme l'affaire Darabaner avait fait grand bruit dans la Vieille capitale, un changement de venue avait été autorisé pour que l'accusé, Jean-Jacques Gagnon, soupçonné du meurtre d'un nommé Chandonnet, puisse affronter un jury impartial. Comme c'était son droit, Gagnon, qui se défendait seul sans avocat, pouvait assigner pour sa défense des témoins, la plupart des repris de justice ayant été condamnés dans cette célèbre affaire. Et il ne s'en privait pas

C’est en 1931 que les frères Firmus et Urgèle Guérin font un premier séjour à Drummondville. Descendus à l’Hôtel Grand Central, ils désirent évaluer le potentiel commercial de l’endroit. Originaires de Sherrington, dans le comté de Napierville, ils envisagent de faire l’acquisition de la Boulangerie Deschesnes. Ils reviennent tellement enchantés de leur séjour qu’ils sont de retour une semaine plus tard afin de s’y établir. Déterminés à acheter la boulangerie convoitée, ils procèdent d’abord à sa location. Travailleurs acharnés, les frères Guérin triment dur à partir de 2 ou 3 heures du matin jusqu’à 21 ou 22 heures du soir, Firmus oeuvrant comme boulanger tandis qu’Urgel assure la livraison du pain dans toute la ville, besogne non moins laborieuse à une époque où les rues de l’endroit sont encore entièrement de terre battue, à l’exception d’une étroite lisière de béton au milieu des rues Heriot et Lindsay. On sort à peine de la Crise, et les frères Guérin ne se laissent pas abattre et parviennent à hisser, en huit ans, leur boulangerie au rang de l’une des plus prospères des Cantons de l’Est. La recherche de la rentabilité commerciale n’empêche pas le duo de faire preuve de générosité envers les familles

À cette époque, la gare était le centre d’attraction du village, autant que le magasin général ou l’église. Très impliquée dans son milieu, le petite Alice, toute menue, en menait large: autant à l’aise en français qu’en anglais, elle a été la correspondante de Wickham pour la Parole de Drummondville pendant plus de 20 ans. En 1965, elle a été choisie Miss Centenaire à l’occasion du 100e anniversaire de fondation de la localité. Mais son coup le plus fumant, c’est d’avoir écrit une lettre de félicitations à John F. Kennedy à l’occasion de son élection à la présidence des États-Unis en novembre 1960. Quelle ne fut pas sa surprise, quelques semaines plus tard, d’en recevoir une réponse personnelle… Comme cela a été le cas pour tous les chemins de fer, les affaires se sont mises à décliner: en 1954, le transport du courrier a cessé, de même que le service de passagers. Au début des années 60, c’est le fret qui a été interrompu et en 1967, la gare a fermé définitivement. Le CPR a abandonné la ligne ferroviaire en 1989: elle a été transformée en piste cyclable. Quant à Mlle Timmons, elle est décédée à Drummondville, le 25 mai 1992

Si vous n’avez pas connu Alice Timmons (1901-1992) de Wickham, vous avez manqué quelque chose! Si vous l’avez connue, vous devez sourire encore… Car ¨la petite Alice¨, comme tous l’appelaient affectueusement, affichait une personnalité exceptionnelle qui cadrait de façon surprenante avec ses fonctions officielles de chef de gare: rieuse, toujours en mouvement, très parlante, elle a été pendant presque un siècle une véritable institution à Wickham. Son père, James Timmons (1859-1939) y a occupé le prestigieux poste de chef de gare du Canadien Pacifique (CPR) pendant 46 ans. Quand il a pris sa retraite en 1924, qui d’autre que sa fille Alice, alors âgée de 23 ans, pouvait le remplacer? Entraînée par son père, elle connaissait tout de ce travail: le maniement du télégraphe, la vente des billets aux passagers et des documents pour le fret, la réception et la livraison du courrier, l’entretien et le chauffage de la gare, etc Même si c’était un travail réservé aux hommes à cette époque, les autorités du CPR n’ont pu faire autrement que de l’embaucher. Et de s’en féliciter grandement ! C’était l’époque où les premiers trains arrivaient à 6h32 le matin et le dernier à 22h52, certains soirs. Presque jamais n’en a-t-elle raté

Bien avant la fondation du Festival mondial de Folklore (aujourd’hui le Mondial des Cultures) en 1982, de nombreuses troupes se sont illustrées à Drummondville. L’année 1928 constitue l’acte de naissance du folklore dans la localité, alors que la troupe « Chautauqua », en tournée canadienne, s’arrête pendant trois jours à Drummondville. Malgré un répertoire varié composé de chants et de mélodies européens, de musique classique et de comédies, son séjour ne fait pas l’unanimité. Ainsi, dans une période encore trop marquée par une certaine xénophobie, un citoyen de la région dénonce, dans une lettre ouverte à La Parole, ce genre de spectacles dispensés par des étrangers non catholiques… Heureusement, cette méfiance n’est pas partagée par l’ensemble de la population, à commencer par un groupe de notables locaux formé de Walter Moisan, de Napoléon Garceau, de Ben Prince, de N.G. Glattfelter et A.W. Knight, qui organise le retour du groupe dès l’année suivante, puis en 1931. Par la suite, on assiste à une certaine accalmie jusqu’en 1944, quand le Septuor Blaquière, formé d’un père et de ses six enfants, s’exécute à la salle paroissiale de Saint-Joseph. Mais l’impulsion est lancée, et à la suite de la renaissance de l’Ordre du Bon Temps

Le matin du 24 juillet 1975, vers 5h54, une tornade cause tout un émoi dans le paisible village de Saint-Bonaventure. En à peine trois ou quatre minutes, des vents de 100 milles à l’heure ravagent tout sur leur passage, endommageant gravement l’église paroissiale, considérée comme l’une des plus belles de la région, en plus de plusieurs bâtiments et habitations. L’épicentre du sinistre a traversé la rue Principale sur une longueur de 3 milles et demi et une largeur de 1000 pieds. En plus de faire plus de 80 blessés, la tornade cause trois pertes de vie, Mme Georges-Étienne St-Laurent ainsi que ses deux jumeaux Patrice et Patricia, qui feront l’objet d’une cérémonie émouvante. Quant aux blessés, ils sont transportés à l’Hôpital Sainte-Croix de Drummondville. Le village voisin de Saint-David encaisse aussi des dommages mineurs. Un peu plus tard, une quatrième victime périt des suites de ses blessures, Léopold Audet, âgé de 72 ans. Les pertes sont immenses, les dommages s’élevant à trois millions : une centaine de maisons touchées, dont une quarantaine à moitié ou entièrement démolies, l’école et l’église, plusieurs fermes et commerces gravement endommagés, comme la scierie, la tourbière et le principal établissement du village, l’Épicerie Vincent, qui subit

Avec la baisse de la pratique religieuse au Québec, certains métiers sont pratiquement disparus dont celui de peintre-décorateur d’églises. Ce métier a fait vivre plusieurs familles de la région pendant deux décennies. Voici l’histoire d’une belle réussite. Vers 1948, pour peindre la grande église néogothique de Saint-Germain-de-Grantham, Germain Vallée démarra un petite entreprise de lavage, peinture et décoration d’église. La première étape fut d’installer des échafauds de bois et d’engager quelques compagnons, le secrétariat et la comptabilité étant assuré par son épouse, Gilberte Grandmont. À la fin de ce premier contrat, le curé Roméo Salois, satisfait du travail accompli, souhaite à cette petite équipe la meilleure des chances, après le traditionnel sermon dominical. Vingt ans plus tard, cette équipe de peintres-décorateurs avait pratiquement fait le tour des églises du Centre-du-Québec, de la Montérégie et des Cantons-de-l’Est, de Ste-Monique de Nicolet, à Varennes en passant par Notre-Dame-de-Stanbridge. L’équipe de base était constitué de Gérard et Jean-Paul Rhéaume, de Claude et Gatien Tessier, puis se sont ajoutés au fil des années, Antoine Champagne, René Timmons, Donat Chagnon, Armand Gauthier, Urbain Joyal, André, Georges et Raymond Lemaire, Rolland Leblanc, Yves Houle, Laurier Limoges, Léonard, René et Rosario Cusson. Ce dernier a acheté les échafauds de

Après la Première Guerre, les divertissements de masse sont nés : la radio et le cinéma. Avant l’apparition des premiers « théâtres », des séances de cinéma muet sont tenues au sous-sol de l’église Saint-Frédéric. Le curé encourage alors les gens à assister à la projection d’œuvres qu’il a d’abord soigneusement … censurées ! Trois premiers cinéma sont fondés de 1910 à 1915 : le Royal (sur la rue Heriot) le Bijou (aussi situé sur la rue Heriot) et le Rialto (rue Cockburn). À noter qu’à l’époque, on va plus communément au « théâtre » qu’au cinéma. Il faut dire que la frontière n’est pas toujours très claire entre les deux, les fameux théâtres présentant à la fois des films, des spectacles et des pièces dramatiques. Avec le retour en force de la population anglophone dans les années 1920, le Rialto ne présente en 1933 que deux séances par semaine de projection en français. En 1937, deux nouveaux cinémas, le Capitol et le Drummond, ouvrent leurs portes. Avec une meilleure qualité d’acoustique et de projection et un plus grand nombre de sièges, ces salles offrent toute une amélioration sur leurs concurrents, le Capitol notamment, dont la façade, la marquise et les sièges de cuir rouge, ont eu

Après avoir œuvré pendant plus d’un siècle à Drummondville, les Frères de la Charité, en quittant le 30 juin prochain, laissent un immense héritage à toute la population. Tout a débuté il y a 103 ans, en 1906 : à l’invitation du président de la commission scolaire de l’époque, Napoléon Garceau, les Frères de la Charité arrivent ici fonder un collège commercial et un juvénat. Ils achètent un grand domaine qui va de la rue Hériot à la rivière Saint-François et y construisent le premier collège Saint-Frédéric qui reçoit, dès la mi-septembre 1906, un premier contingent de 40 internes, 50 externes et 30 juvénistes. Dès 1907, les Frères de la Charité prennent charge de l’école Garceau de la rue Brock. Plus encore, ils lancent en 1928, rue des Écoles, la 2e école Saint-Frédéric qui se nomme Académie David jusqu’en 1935. Plus que les édifices, c’est toute l’œuvre des Frères de la Charité qui es immense. Non seulement enseignent-ils aux garçons toutes les matières académiques de l’époque, l’initiation au commerce et aux affaires, mais encore s’impliquent-ils avec bonheur dans des domaines aussi variés que la recherche historique, la généalogie et les sports. Ainsi, le Frère Côme Saint-Germain a réalisé une étude très fouillée sur les