Sait-on que Drummondville est l’une des rares villes du Québec et même du Canada à pouvoir se vanter d’avoir figuré sur des timbres canadiens, tirés à 1.7 million de copies? C’est pourtant le cas : en 1942 et 1943, une vue aérienne de Drummondville apparaît sur deux timbres de poste aérienne par exprès, en contrebas d’un avion survolant la ville. Outre l’appareil, un Lockheed 10 Electra de la Trans-Canada Air Lines, on reconnaît les sinuosités de la rivière Saint-François depuis le parc Sainte-Thérèse jusqu’au pont de chemin de fer du Canadien National. On devine plus qu’on ne voit le pont Curé-Marchand situé tout près, mais on aperçoit clairement l’usine d’électricité de la Southern Canada Power, aujourd’hui Hydro-Québec. Replaçons-nous dans le contexte : en 1942, on est en plein conflit mondial, le 2e. Pour poster une lettre ordinaire, il faut débourser 3¢, une lettre par avion 6¢, et du courrier exprès, 10¢. Postes-Canada décide de créer une nouvelle catégorie d’envoi : celle du courrier exprès par avion, fixe le tarif à 16¢, imprime 814 841 copies du nouveau timbre en bleu outremer clair et l’émet le 1er juillet 1942. Postes Canada venait tout juste de le lancer qu’un changement de tarif intervient :

Entre 1960 et 1971, le gouvernement du Québec a suivi l’exemple d’autres provinces canadiennes en votant une série de mesures législatives qui, en rendant universelle la gratuité des soins de santé, constituaient un des éléments centraux de la Révolution tranquille. À travers le Québec, ces réformes ont notamment eu pour effet d’enclencher le processus de laïcisation et de nationalisation de plusieurs hôpitaux. Ce fut le cas pour l’Hôpital Sainte-Croix, qui fut acquis, en 1973, par le ministère des Affaires sociales du Québec. Depuis 1910, cet hôpital avait cependant été fondé et administré par des sœurs grises qui étaient venues de Nicolet. Or, à partir des années soixante, le gouvernement provincial s’est immiscé de manière croissante dans la gestion des hôpitaux. D’abord, avec la Loi de l’assurance-hospitalisation de 1960, il a imposé des normes budgétaires qui obligeaient l’approbation de chaque dépense et qui visaient à éviter la montée en flèche des coûts liés au système de santé. Ensuite, avec la Loi des hôpitaux de 1962, il a réagi au scandale de mauvaise gestion à l’Hôpital Jean-Talon de Montréal en imposant aux établissements hospitaliers la présence de médecins au sein de leur conseil d’administration. Finalement, en 1971, avec la création de la Régie

Nouvelle publication de la Société d’histoire, Drummondville à l’heure de la guerre est un ouvrage historique qui souligne la participation des soldats francophones à l’effort de guerre, mettant en lumière les nombreux sacrifices consentis par tous, et particulièrement par ceux qui, sans y être contraints, ont choisi de risquer leur vie pour défendre une juste cause. Extrait «CLASH WITH TROOPS IN A QUEBEC TOWN». Ainsi apparaissait le 5 mars 1945 dans le Times de Londres une dépêche de l'agence Reuter. L'échauffourée qui s'était produite à Drummondville dans la nuit du 24 au 25 février avait donc eu des échos jusqu'en Angleterre. L'émeute de Drummondville n'eut pas l'ampleur et la gravité de celle survenue à Québec en avril 1918, mais les deux événements avaient un point en commun: ils survinrent en réaction à la conscription. L'origine de l'événement remonte au 10 octobre 1944, alors que deux prévôts venus arrêter Louis Letellier à Saint-Joseph durent battre en retraite devant une foule qu'ils jugèrent hostile. Il semble que la police militaire n'ait pas voulu laisser cet affront impuni, et qu'elle désirait prendre sa revanche et montrer à la population qui était le maître. Donc, le samedi 24 février 1945, une vingtaine de camions et trois automobiles arrivèrent

Drummondville à l’heure de la guerre : 1939-1945 (extrait) « L'effort de guerre du Canada consistait naturellement à produire du matériel et à former des troupes, mais encore fallait-il les rendre à destination, c'est-à-dire en Angleterre. La traversée de l'Atlantique comportait cependant de graves dangers, causés avant tout par la présence des sous-marins allemands et par les mines qu'ils semaient sur les routes de navigation. Les Allemands poussèrent l'audace jusqu'à venir dans le golfe Saint-Laurent torpiller navires marchands ou navires de guerre. Pour parer à cette menace, la marine entreprit la construction de navires destinés à assurer la sécurité des routes maritimes. Parmi ceux-ci figuraient les corvettes, reproduites à une centaine d'exemplaires et dont le rôle consistait à escorter les convois pour enlever les mines disséminées par les sous-marins ou les avions allemands. Le gouvernement fit baptiser ces dragueurs de mines du nom de villes canadiennes. Victoriaville, Grand-Mère, Shawinigan

Il y a de ces entreprises que l’on croit connaître parce qu’elles sont implantées tout près de la maison ou que leurs produits garnissent notre panier d’épicerie. Mais on connaît souvent très mal ses voisins… C’est l’histoire d’une cinquantaine de producteurs laitiers qui, après avoir vécu la crise économique des années 1930, désirèrent se regrouper afin de se doter d’outils de transformation. La Société coopérative agricole de beurrerie de St-Guillaume fut ainsi fondée en 1939 et son activité commença l’année suivante. La Deuxième Guerre mondiale amenant un contexte financier favorable, la production fromagère de la coopérative fut alors principalement exportée vers l’Angleterre. Au début des années 1950, des travaux d’agrandissement et d’industrialisation de l’usine allèrent de concert avec la croissance de la coopérative. Par ailleurs, la mise en marché du cheddar frais du jour, en blocs et en grains, s’enclencha afin de récupérer les surplus de la fabrication du beurre. De l’expansion continue de la société découla la nécessité de rassembler tous les services sous un même toit, avec l’inauguration d’une quincaillerie en 1981. Le réseau de distribution de la coopérative démarra dans les années 1990 avec un petit véhicule loué qui arpentait le territoire; il comprend maintenant une flotte de camions qui

Se peut-il qu'un important projet, qui ne s'est jamais réalisé, ait donné naissance à un autre encore très vivant aujourd'hui ? C'est pourtant ce qui se produit dans Drummond, alors que la construction d'un 3e barrage sur la Saint-François n'a jamais vu le jour, mais que la forêt qui devait l'accompagner existe bel et bien encore. En 1915, la Southern Canada Power (SCP) érigeait un premier barrage (Lord) vis-à-vis Drummondville pour alimenter l'usine hydro-électrique de la rue Du Pont. En 1924, 2e barrage et 2e usine (Hemming). La SCP décide alors d'en construire un troisième, cette fois à la hauteur de l'ile Jersey (ile Ronde), vis-à-vis Saint-Majorique et Saint-Joachim. Qui dit barrage dit augmentation du niveau de l'eau dans la rivière: de 16 mètres (53 pieds) dans ce cas-ci, ce qui amènera l'apparition d'un long lac artificiel jusqu'au parc des Voltigeurs. Pour solidifier les berges et prévenir tout risque d'effondrement ou de glissement de terrain, la SCP se met à acheter, aussitôt qu'en 1927, les terres agricoles et boisées, de chaque côté de la rivière, dès qu'elles deviennent disponibles. À compter de 1939, elle y plante des dizaines de milliers d'arbres, surtout des conifères (pins rouges ou blancs, épinettes rouges ou blanches, mélèzes

Témoin d’une époque révolue, le Vieux Moulin à laine d’Ulverton est unique au Québec et même au Canada. C’est William Reed Dunkerley qui fait bâtir en 1868 l’actuel moulin d’Ulverton qu’il exploite pendant 23 ans, avec sa femme et ses enfants. Mais pour mener à bien ces travaux d’envergure et acheter des machines en Angleterre, il doit contracter de lourds emprunts et hypothéquer sa propriété. En 1872, Dunkerley ne pouvant faire face à ses obligations, la Durham Woolen Factory est reprise par ses créanciers. En 1875, le moulin est acquis par George Henry Goddard. Victime de difficultés financières, Goddard le cède à son tour en 1892 à son créancier Gavin Shanks. En 1895, le moulin est acheté par Albert Harry Hepworth, qui l’exploite jusqu’en 1906. Le 15 novembre, Joseph Blanchette signe une promesse d’achat et exploite le moulin jusqu’en 1939 sous la raison sociale de « Ulverton Wooden Mills. » Le nouveau propriétaire devient alors le plus important employeur du village, 10 à 15 personnes y gagnant leur pitance. Mais victime de la concurrence des usines de textile plus modernes et compétitives, le moulin d’Ulverton est vite condamné. Le Vieux Moulin, en effet, par sa technologie et son système commercial archaïques, se