« L’Université du 2 », c’est ainsi qu’on a appelé, avec humour, l’école située à l’intersection du 2e Rang de L’Avenir et de la route de la Longue Pointe.  On ne peut qu’admirer le dévouement sans limite démontré par les maîtresses d’école qui s’y sont succédé.  On leur confie jusqu’à une trentaine d’enfants à qui elles doivent inculquer les rudiments du catéchisme, de la lecture, de l’écriture et de l’arithmétique, un enseignement qui va de la première à la septième année.  Mademoiselle Letellier, entre autres, s’acquitte fort bien de sa tâche durant les années scolaires 1866-1867 et 1867-1868, puisque l’inspecteur Alexander note dans son rapport : « Justine Letellier mérite une mention toute particulière, les progrès y sont surprenants. »  À la suite de sa visite du printemps 1873, il écrit : « L’école est […] bien dirigée par Sarah Bouthillette.  Les progrès des élèves ont été satisfaisants. » Pour ces valeureuses institutrices, la récompense ne viendra pas de bénéfices matériels, puisque leur salaire annuel est plafonné à 80 $ pour une période de 25 ans.  En effet, de 1866 à 1891, diplômée ou pas, pédagogue ou pas, la maîtresse de l’école du 2e rang reçoit le misérable traitement de 80 $ pour les vexations et la fatigue de dix mois

Le lundi 15 août 1927, un incendie majeur s’est déclaré au Manoir Drummond. Le feu a pris naissance dans les murs de l’étage supérieur par un fil électrique défectueux. L’alarme a été donnée mais les flammes s’étaient déjà propagées au toit et atteint un niveau incontrôlable à l’arrivée des pompiers. Du lundi midi au mardi matin suivant, les sapeurs Drummondvillois et des volontaires ont combattu l’incendie. Malgré l’assistance de nombreux travailleurs des manufactures de la ville avec des échelles et des boyaux, le recours au réservoir d’eau de la Celanese pour apporter davantage de pression et tous les efforts des pompiers, le manoir s’est écroulé devant les yeux de centaines de citoyens. Ces spectateurs s’entassaient dans le parc face à l’église et sur la rue Heriot entre le bureau de poste et la rue du Couvent. L’édifice faisant la fierté des Drummondvillois a été complètement réduit en cendre.  Ce sinistre était le pire que Drummondville ait connu depuis celui de l’Église sept ans auparavant. Heureusement, on ne déplore que des pertes matérielles. Grâce à de nombreux braves, on réussit à sauver rapidement l’ameublement des deux premiers étages au début de l’incendie mais les pertes s’élevèrent à environ 100 000$. Rapidement, on s’engagea à

Au début des années 1940, Jules Cardin filme des événements drummondvillois à l’aide de sa caméra 16 mm. Il utilise alors ces images pour le montage des bulletins de nouvelles qui sont diffusés avant les représentations cinématographiques du cinéma Capitol, où il travaille comme projectionniste. À cette époque, à Drummondville comme dans d’innombrables petites villes au Canada, la guerre impose un nouveau rythme de vie. Si de nombreux citoyens travaillent directement ou indirectement pour l'industrie de guerre au Canada, d'autres plus aventureux s'embarquent pour aller combattre en Europe. Partout, dans les campagnes comme dans les métropoles, des millions d'hommes et de femmes se mobilisent pour défendre la paix et la liberté. Parmi ces personnes, Alphonse Béliveau, natif de Saint-Germain-de-Grantham, qui s’enrôle dans l’aviation (la RCAF) le 9 septembre 1940. En 1942, alors âgé de vingt-cinq ans, il s’entraîne en Angleterre comme sergent-observateur durant plus de dix mois. À son départ pour l’Angleterre, il écrit dans son journal :  « Le 2 mai- 10hrs. Parade sur le pont : check les présences; nous sommes tous groupés sur le pont et regardons arriver les bateaux qui transportent les troupes, au moins cinq jusqu’à présent, et aussi une dizaine de bateaux de guerre : croiseurs, lourds et légers, battleship, American

En octobre 1949, disparaissait dans les eaux de la baie d’Hudson, le Père Henri-Paul Dionne, 44 ans, missionnaire chez les Inuits depuis seize ans.  C’est la consternation dans le hameau d’Esquimo Point, dans la communauté des Oblats de Marie-Immaculée et dans sa famille de L’Avenir.  Comment ce gaillard aguerri à la rigueur et aux soubresauts du climat nordique, et qui ne dut son salut qu’à son courage et sa débrouillardise à plus d’une occasion, comment a-t-il pu périr avec ses deux compagnons d’infortune nés dans cet environnement hostile? Henri-Paul était le septième d’une famille de 17 enfants.  La maison qui l’a vu naître et grandir s’élevait à flanc de coteau sur une terre du deuxième rang de L’Avenir.  La foi de ses parents, Oscar Dionne et Eugénie Belcourt, était profonde et joyeuse.  Passionné pour le chant sacré, son père avait fait ses débuts comme chantre à l’église de L’Avenir à l’âge de huit ans.  Rien d’étonnant à ce qu’Henri-Paul soit décrit par ses contemporains comme un « donneur joyeux » qui ne ratait pas une occasion d’entonner un cantique en français ou en inuktitut. Henri-Paul poursuivit ses études classiques au séminaire de Nicolet.  De talent ordinaire en classe, plutôt lent d’expression et pas le

Amorcée en 1922, selon les plans de l’architecte Louis-N. Audet, la construction de la quatrième église Saint-Frédéric récupère les murs de maçonnerie et les fondations qui ont résisté au violent incendie survenu le 25 décembre précédent.  L’enveloppe extérieure emprunte au gothique les ouvertures en arc et les contreforts. Le portail à trois arches est flanqué de deux tours. La TOUR SUD, coiffée de la statue de l’Immaculée Conception sculptée par le réputé Louis Jobin, abrite le baptistère de la paroisse Saint-Frédéric de 1928 à 1951.  Pièce relativement petite, le baptistère pouvait être chauffé comme une habitation normale durant l’hiver.  C’est donc là qu’étaient installés les fonts baptismaux achetés de la maison Daprato ainsi qu’une armoire en bois de chêne dans laquelle on rangeait l’aiguière, la salière, les ampoules aux saintes huiles, le plateau pour la mie de pain, les ouates

C’est la pleine occupation du sol du village Saint-Joseph qui justifie, en 1936, l’érection municipale de Saint-Jean-Baptiste.  Les statistiques de 1937 indiquent la présence de 387 personnes seulement.  Ce n’est, cependant, que partie remise.  En effet, grâce à un service d’autobus qui fait la liaison avec la Canadian Celanese et la Drummondville Cotton à tous les quarts de travail, le village Saint-Jean-Baptiste absorbe sa large part des nouveaux ménages qui affluent à Drummondville au cours des deux décennies suivantes.  En 1955, sa population s’élève au-delà de 4 000 personnes, repoussant sa frontière habitée jusqu’à la 17e avenue. C’est aussi une raison économique qui attire les familles ouvrières dans ce quartier à l’origine dépourvu de toutes commodités « urbaines » qu’ils ne pourraient se procurer sans l’accroissement d’une dette municipale difficile à supporter. Le taux de taxes générales y est de beaucoup inférieur à celui de la ville centre.  À titre d’exemple, en 1942; le taux imposé à Saint-Jean-Baptiste est de 1,00 $ alors qu’il s’élève à 2,10 $ à Drummondville. Les activités commerciales se concentrent sur la rue Saint-Damase et la rue Saint-Laurent.  Les établissements sont nombreux et diversifiés.  L’alimentation, la quincaillerie, l’ameublement et les services personnels sont les mieux représentés.  Quelques petits ateliers ont vu le

Une croix restaurée du cimetière anglican rappelle la brève existence de Jane Ann, beloved wife of John Cooke, died March 1882, Aged 36 y.  Huit ans plus tôt, Jane Ann Millar avait épousé John Valentine Cooke, un entrepreneur forestier d'origine irlandaise, de neuf ans son cadet. Durant l'hiver 1882, alors que Jane Ann traversait la rivière pour se rendre au village de Drummondville, la glace se rompit sous son passage.  Elle échappa de justesse à la noyade, mais l'immersion dans l'eau glacée entraîna une pneumonie qui l'emportait peu de temps après, laissant dans le deuil, outre son mari éploré, trois jeunes enfants: Calton Culbert (5 ans), Guy Howard (3 ans) et Julian Victor (2 ans). Le couple Millar-Cooke habitait une maison monumentale en pierre située sur la rive nord du Saint-François.  Coiffé de deux cheminées à haute souche, le «château » Cooke était prolongé par une serre remplie de fleurs exotiques.  Il fut la proie des flammes vers 1900.  Sur ses ruines, un demi-siècle plus tard, les Pères Montfortains construisaient la Maison Reine-des-Coeurs. Les dessins minutieux de Jane Ann et les photographies de son frère Charles Howard constituent une source inestimable d'informations sur le paysage architectural et les activités ayant cours à Drummondville à

En 1905, un Montréalais du nom de Henry D. Metcalfe, met sur pied, à Drummondville, une manufacture d’allumettes chimiques sur le modèle des manufactures en activité dans les pays dits « avancés ».  Dans l’édition du 9 décembre 1905 de l’Album Universel, on apprend que « des notabilités montréalaises du monde des affaires et des journalistes furent invités à se rendre par train spécial à Drummondville et à visiter la manufacture d’allumettes [Improved Match Factory].  Pour que le voyage n’ait pas l’air trop d’affaires, on l’agrémenta d’une véritable partie de plaisir : dîner dans les wagons-salons du train spécial, promenade en voiture aux chutes du Saint-François et, enfin, banquet offert aux excursionnistes par la ville visitée ». Les invités assistent également à la fabrication d’allumettes qui consiste à tremper des bûchettes de bois de pin, par un bout, dans de la paraffine fondue, puis dans un mélange bien dosé de phosphore, de chlorure de potassium et de colle.  Une fois séchées, les allumettes sont empaquetées par les « petites ouvrières canadiennes qui tentent, de leur mieux, d’imiter les Suédois-experts » dont la célérité ne manque pas d’impressionner les visiteurs. Pour atteindre son objectif de production qui s’élève à 11 millions d’allumettes par jour, l’Improved Match Factory a embauché 75