Amorcée en 1922, selon les plans de l’architecte Louis-N. Audet, la construction de la quatrième église Saint-Frédéric récupère les murs de maçonnerie et les fondations qui ont résisté au violent incendie survenu le 25 décembre précédent.  L’enveloppe extérieure emprunte au gothique les ouvertures en arc et les contreforts. Le portail à trois arches est flanqué de deux tours. La TOUR SUD, coiffée de la statue de l’Immaculée Conception sculptée par le réputé Louis Jobin, abrite le baptistère de la paroisse Saint-Frédéric de 1928 à 1951.  Pièce relativement petite, le baptistère pouvait être chauffé comme une habitation normale durant l’hiver.  C’est donc là qu’étaient installés les fonts baptismaux achetés de la maison Daprato ainsi qu’une armoire en bois de chêne dans laquelle on rangeait l’aiguière, la salière, les ampoules aux saintes huiles, le plateau pour la mie de pain, les ouates

C’est la pleine occupation du sol du village Saint-Joseph qui justifie, en 1936, l’érection municipale de Saint-Jean-Baptiste.  Les statistiques de 1937 indiquent la présence de 387 personnes seulement.  Ce n’est, cependant, que partie remise.  En effet, grâce à un service d’autobus qui fait la liaison avec la Canadian Celanese et la Drummondville Cotton à tous les quarts de travail, le village Saint-Jean-Baptiste absorbe sa large part des nouveaux ménages qui affluent à Drummondville au cours des deux décennies suivantes.  En 1955, sa population s’élève au-delà de 4 000 personnes, repoussant sa frontière habitée jusqu’à la 17e avenue. C’est aussi une raison économique qui attire les familles ouvrières dans ce quartier à l’origine dépourvu de toutes commodités « urbaines » qu’ils ne pourraient se procurer sans l’accroissement d’une dette municipale difficile à supporter. Le taux de taxes générales y est de beaucoup inférieur à celui de la ville centre.  À titre d’exemple, en 1942; le taux imposé à Saint-Jean-Baptiste est de 1,00 $ alors qu’il s’élève à 2,10 $ à Drummondville. Les activités commerciales se concentrent sur la rue Saint-Damase et la rue Saint-Laurent.  Les établissements sont nombreux et diversifiés.  L’alimentation, la quincaillerie, l’ameublement et les services personnels sont les mieux représentés.  Quelques petits ateliers ont vu le

Une croix restaurée du cimetière anglican rappelle la brève existence de Jane Ann, beloved wife of John Cooke, died March 1882, Aged 36 y.  Huit ans plus tôt, Jane Ann Millar avait épousé John Valentine Cooke, un entrepreneur forestier d'origine irlandaise, de neuf ans son cadet. Durant l'hiver 1882, alors que Jane Ann traversait la rivière pour se rendre au village de Drummondville, la glace se rompit sous son passage.  Elle échappa de justesse à la noyade, mais l'immersion dans l'eau glacée entraîna une pneumonie qui l'emportait peu de temps après, laissant dans le deuil, outre son mari éploré, trois jeunes enfants: Calton Culbert (5 ans), Guy Howard (3 ans) et Julian Victor (2 ans). Le couple Millar-Cooke habitait une maison monumentale en pierre située sur la rive nord du Saint-François.  Coiffé de deux cheminées à haute souche, le «château » Cooke était prolongé par une serre remplie de fleurs exotiques.  Il fut la proie des flammes vers 1900.  Sur ses ruines, un demi-siècle plus tard, les Pères Montfortains construisaient la Maison Reine-des-Coeurs. Les dessins minutieux de Jane Ann et les photographies de son frère Charles Howard constituent une source inestimable d'informations sur le paysage architectural et les activités ayant cours à Drummondville à

En 1905, un Montréalais du nom de Henry D. Metcalfe, met sur pied, à Drummondville, une manufacture d’allumettes chimiques sur le modèle des manufactures en activité dans les pays dits « avancés ».  Dans l’édition du 9 décembre 1905 de l’Album Universel, on apprend que « des notabilités montréalaises du monde des affaires et des journalistes furent invités à se rendre par train spécial à Drummondville et à visiter la manufacture d’allumettes [Improved Match Factory].  Pour que le voyage n’ait pas l’air trop d’affaires, on l’agrémenta d’une véritable partie de plaisir : dîner dans les wagons-salons du train spécial, promenade en voiture aux chutes du Saint-François et, enfin, banquet offert aux excursionnistes par la ville visitée ». Les invités assistent également à la fabrication d’allumettes qui consiste à tremper des bûchettes de bois de pin, par un bout, dans de la paraffine fondue, puis dans un mélange bien dosé de phosphore, de chlorure de potassium et de colle.  Une fois séchées, les allumettes sont empaquetées par les « petites ouvrières canadiennes qui tentent, de leur mieux, d’imiter les Suédois-experts » dont la célérité ne manque pas d’impressionner les visiteurs. Pour atteindre son objectif de production qui s’élève à 11 millions d’allumettes par jour, l’Improved Match Factory a embauché 75

Une main-d’œuvre abondante et des avantages financiers substantiels convainquent la Eureka Cigar Factory d’implanter une fabrique à Drummondville en 1899.  C’est l’âge d’or du cigare, symbole masculin de richesse et de pouvoir. Désireux de revigorer la trame industrielle anémique en ce début du XXe siècle, le conseil municipal de Drummondville s’est engagé à fournir les services de base à des taux concurrentiels, soit 5 $ par année pour l’électricité et 10 $ pour l’eau.  De plus, il a accordé une exonération de la taxe foncière pour une période de 10 ans à condition que la Eureka Cigar Factory paie ses employés en argent et ne tienne pas de magasin.  Ces deux exigences sont décrétées pour éviter le contrôle indu exercé par les Forges McDougall sur ses ouvriers rémunérés en bons d’achat, appelés « pitons », négociables au magasin et à la boulangerie des Forges seulement. Dans un vaste édifice construit à l’intersection des rues Lindsay et Saint-François, quelque 25 cigariers et cigarières s’initient, sous la direction d’un juif dénommé David Bloomfield, à l’écôtage (qui consiste à enlever la nervure centrale de la feuille de tabac) et au roulage des feuilles, deux étapes de la fabrication de cigares nécessitant une grande dextérité et plusieurs mois d’apprentissage. Comme ailleurs

Le développement du quartier Sainte-Thérèse s’inscrit dans deux périodes distinctes : d’abord, l’époque du moulin à scie Vassal-Mercure, puis l’ère des grandes usines de textile qui s’implantent à la limite occidentale. Dès 1880, un village prend forme alors que débutent les activités d’une scierie située dans l’actuel parc Sainte-Thérèse.  Pendant 40 ans, des estacades retiennent les billots emportés par le courant jusqu’au pied du moulin.  Les meilleures pièces de bois sont sciées en planches qui transitent vers les marchés extérieurs grâce à une voie d’évitement du Canadian Pacific qui emprunte un tracé parallèle à l’actuelle rue Celanese.  La population est alors assez nombreuse pour justifier l’ouverture d’un bureau de poste qui porte le nom du patron Henri Vassal, et d’une école pouvant accueillir une soixante d’élèves, laquelle est détruite par le feu en 1931. À compter de 1920, la croissance du quartier Sainte-Thérèse sera étroitement liée à l’essor de deux entreprises manufacturières, soit la Jenkes Canadian Co et la Canadian Celanese.  En moins de deux décennies, la moitié de la population protestante du grand Drummondville ainsi que plusieurs catholiques anglais y auront élu domicile.  C’est d’ailleurs l’église Sainte-Thérèse qui dessert la population catholique de langue anglaise de toute la ville, lui réservant une

Au début du XIXe siècle, les autorités coloniales concèdent à 17 familles abénaquises pas moins de 10 000 arpents dans le canton de Durham aux conditions de s’y établir, de les cultiver et de ne jamais pouvoir les vendre ou louer.  Deux villages naissent de cette concession, dont le plus important est situé à L’Avenir, à l’intersection du 2e Rang et de la route Boisvert.  Il y a près de chaque maison un petit potager surtout consacré à la culture du maïs.  Peu attirés par l’agriculture, les Abénaquis déclinent rapidement.  Le recensement de 1831 indique la présence de 49 fermiers et chasseurs Abénaquis dans le canton de Durham, alors que celui de 1851 en dénombre 26 seulement. Quelques citoyens de L’Avenir ont signalé la présence, au début du XXe siècle, de deux Métisses dénommées Catherine et Mary-Ann Lawless.  Leur père, John Lawless, était d’origine irlandaise, alors que leur mère, Ann, dont on ne connaît que le prénom, était inscrite à titre d’indienne au recensement de 1871.  Pour assurer leur subsistance, Catherine et Mary-Ann concoctaient des médicaments à partir d’herbe et d’écorce, et fabriquaient des paniers de foin d’odeur et d’autres, plus forts, avec des éclats de frêne. Si la plupart des Abénaquis émigrent

Une semaine avant la date prévue de son exécution, Barbina réussit à s’échapper de sa prison, mais fut rattrapé. Il allait toutefois obtenir un sursis par Maître Talbot, qui avait entamé des procédures judiciaires afin que l’on demande la tenue d’un nouveau procès, pour la première fois au Bas-Canada dans le cas d’un procès criminel. Le procès ayant été fortement médiatisé, notamment par l’entremise du journal Le Défricheur édité par Jean-Baptiste-Éric Dorion qui publia un compte-rendu du procès basé sur les notes de l’avocat Hemming, attira l’attention du grand public autant que des cercles judiciaires. Cette affaire allait ramener sur le tapis la question de la peine de mort, déjà dans l’air avec l’exécution du couple Aylward en Ontario en décembre 1862, présumé innocent du crime qui leur fut imputé et qui causa un grand tord au gouvernement. Peu de temps après le procès, le député Langevin proposa un bill qui interdisant les exécutions capitales en public; il préconisait que ceux-ci soient effectués entre les quatre murs d’une prison, avec comme seuls témoins les employés de la prison. Le verdict de culpabilité ne passa pas inaperçu lorsque huit des douze jurys, tous canadiens français, firent circuler une pétition demandant au gouverneur général que sa

En réaction à l’exode rural et l’essor de l’industrialisation au début du 20e siècle, le pouvoir politique soutenant le pouvoir religieux se tourne vers la femme pour développer une nouvelle politique de conservation des valeurs traditionnelles et maintenir l’ordre social. En lui offrant une formation selon les stéréotypes sexuels de l’époque et en vertu de la foi chrétienne, on vise à en faire une femme idéale, que l’on qualifie à l’époque de femme « dépareillé », c’est-à-dire, une femme sans pareilles, féminine, qui sait tenir maison, soumise à son mari, pieuse, cultivée, habile et intéressée à tout ce qui touche au foyer et à l’agriculture, généreuse de son temps et dévouée. C’est dans ce contexte de valorisation de la femme au foyer, tel que la doctrine catholique le prescrit, que s’introduit l’enseignement ménager au Québec. La première école ménagère est apparue à Roberval en 1882, mais c’est celle de St-Pascal de Kamouraska qui sert de modèle aux communautés religieuses qui vont alors intégrer le programme partout en province à partir de 1911. À Drummondville, ce sont les Sœurs de la Présentation de Marie qui initient le mouvement en 1912 à leur pensionnat. Le programme d’enseignement est davantage axé sur la technique et la pratique