Située au sud-ouest du lot 1 du premier rang du canton de Wendover (à la limite même du canton de Simpson), la ferme Lord compte parmi les établissements pionniers du comté de Drummond.  En effet, avant même la fondation de Drummondville, Artemus Lord construit, à la hauteur des tumultueuses chutes qui porteront le nom de Lord’s Falls, une auberge où les voyageurs font halte avant d'entreprendre un long portage sur la rivière. En novembre 1859, Robert James Millar achète l'emplacement de 100 acres ainsi qu'une maison en bois rond et une grange pour la somme de 800 $.  C'est un rêve vieux de vingt ans que réalise R.J. Millar lorsqu'il vient s'installer à la ferme Lord en 1860, avec sa femme née Eliza Ann Robins.  Ils entreprennent sans tarder la construction d'une maison québécoise, à deux étages, assez grande pour loger confortablement leurs huit enfants et ceux à naître. Quelques acres de terre sont consacrées à la culture de céréales fourragères destinées aux animaux de la petite ferme ; tout près de la maison s'étendent un grand potager et un verger fournissant légumes et fruits de toutes sortes. Robert James Millar meurt en 1877, à l'âge de 61 ans ; en plus de ses

Moins compliquée que maintenant, la médecine d’autrefois faisait appel à des remèdes simples tels que huile de ricin ou de foie de morue, infusions de plantes médicinales, cataplasmes, emplâtres, mouches de moutarde. Les gommes de pin, sapin et épinette étaient très employées pour guérir le rhume ou certaines blessures. Il y avait même certaines personnes qui avaient recours aux formules secrètes, à base d’herbes, concoctées par les Abénaquis qui fréquentaient notre région. Aussi, on se procurait des remèdes patentés qu’on retrouvait au magasin général. Il y a cent ans, l’Almanach du peuple de 1910 présentait entre autres les publicités du sirop Mathieu, du vin Saint-Michel, des pilules Moro pour les hommes ainsi que des pilules rouges pour les femmes pâles et faibles, ces dernières publicités étant suivies de témoignages, photos et adresses à l’appui. C’est à Kingsey en 1833 que le premier médecin du nom du Dr Calver Alexander se serait établi dans nos cantons. Suivirent à Drummondville en 1859, le Dr P.A. Bédard, en 1880 le Dr Ulric Gill et vers 1900, le Dr W. Alexander. Le Dr Gill, vieux médecin célibataire, était assez exceptionnel : il tricotait ses bas, confectionnait les robes, jupons et bas de ses nièces orphelines qu’il avait adoptées

En septembre dernier, monsieur Alonzo Malouin confiait au Village québécois d’Antan une horloge que lui avait légué, par testament, monsieur Joseph Charles Antoine Lemire, l’inventeur de ladite horloge.  Monsieur Malouin réalisait ainsi son souhait de déposer en un lieu sûr son précieux trésor et d’évoquer la mémoire de ce drummondvillois méconnu. Joe Lemire, tout court, comme on l’appelait communément, n’avait d’autres études que celles poursuivies à l’école du rang, qu’il quitte à 13 ans.  Dès 1905, sur la ferme familiale du 4e rang de Grantham, où il passe toute sa vie, il a l’idée de remplacer les sémaphores de chemin de fer par des signaux lumineux automatiques en utilisant le rail comme conducteur d’électricité; une invention qui sera exploitée dans le monde entier. S’enchaînent deux inventions d’importance : le moulin à vent Omega actionnant une pompe sans friction ainsi que l’aérateur de lait utilisé dans le processus de la fabrication du beurre et du fromage.  Toujours à l’affût des nouveautés et de l’inédit, il crée tour à tour une horloge à pile dont le mécanisme est composé d’une pile sèche, de deux roues d’engrenage et d’un pendule, un système électrique pour actionner les cloches d’église, un arc à souder ultrarapide et un système

Né à Saint-Cyrille de Wendover le 12 avril 1876, Joseph Rémi Guévremont se maria avec Rose-Anna Parent à Saint-Elphège, le 16 janvier 1900. Il eut 14 enfants dont 12 survécurent. C’était l’époque de la revanche des berceaux. Dans la liste des Maires de la Municipalité des Cantons Unis Wendover & Simpson, on y retrouve le nom de J.R.Guévremont, maire en 1916. De stature moyenne, de belle apparence, il était respecté de tous. Quoique doué pour les lettres, il  préféra « brasser des affaires ». Vers 1920, Jos. Guévremont fit l’achat d’un terrain occupé par la meunerie Roy pour y ériger une grange à foin avec des pièces de bois qu’il avait achetées de l’Aetna Chemical Company, une usine d’armes démolie après la guerre 1914-1918. C’est alors qu’il débuta son entreprise. Entreprenant et audacieux, il construisit l’Hôtel Windsor en 1932, lequel devint par la suite l’hôtel Normandie, situé sur la rue Lindsay  à Drummondville. En 1945, il vendit   son commerce à Paul Lussier pour la somme de 80 000$ et s’installa au 673, boulevard Mercure, dans la maison ayant déjà appartenu à Alexandre Mercure. Toujours dans un esprit d’entrepreneurship, il acheta au cours de sa vie 250 acres de terre sur le chemin Hemming, le long

« L’Université du 2 », c’est ainsi qu’on a appelé, avec humour, l’école située à l’intersection du 2e Rang de L’Avenir et de la route de la Longue Pointe.  On ne peut qu’admirer le dévouement sans limite démontré par les maîtresses d’école qui s’y sont succédé.  On leur confie jusqu’à une trentaine d’enfants à qui elles doivent inculquer les rudiments du catéchisme, de la lecture, de l’écriture et de l’arithmétique, un enseignement qui va de la première à la septième année.  Mademoiselle Letellier, entre autres, s’acquitte fort bien de sa tâche durant les années scolaires 1866-1867 et 1867-1868, puisque l’inspecteur Alexander note dans son rapport : « Justine Letellier mérite une mention toute particulière, les progrès y sont surprenants. »  À la suite de sa visite du printemps 1873, il écrit : « L’école est […] bien dirigée par Sarah Bouthillette.  Les progrès des élèves ont été satisfaisants. » Pour ces valeureuses institutrices, la récompense ne viendra pas de bénéfices matériels, puisque leur salaire annuel est plafonné à 80 $ pour une période de 25 ans.  En effet, de 1866 à 1891, diplômée ou pas, pédagogue ou pas, la maîtresse de l’école du 2e rang reçoit le misérable traitement de 80 $ pour les vexations et la fatigue de dix mois

Le lundi 15 août 1927, un incendie majeur s’est déclaré au Manoir Drummond. Le feu a pris naissance dans les murs de l’étage supérieur par un fil électrique défectueux. L’alarme a été donnée mais les flammes s’étaient déjà propagées au toit et atteint un niveau incontrôlable à l’arrivée des pompiers. Du lundi midi au mardi matin suivant, les sapeurs Drummondvillois et des volontaires ont combattu l’incendie. Malgré l’assistance de nombreux travailleurs des manufactures de la ville avec des échelles et des boyaux, le recours au réservoir d’eau de la Celanese pour apporter davantage de pression et tous les efforts des pompiers, le manoir s’est écroulé devant les yeux de centaines de citoyens. Ces spectateurs s’entassaient dans le parc face à l’église et sur la rue Heriot entre le bureau de poste et la rue du Couvent. L’édifice faisant la fierté des Drummondvillois a été complètement réduit en cendre.  Ce sinistre était le pire que Drummondville ait connu depuis celui de l’Église sept ans auparavant. Heureusement, on ne déplore que des pertes matérielles. Grâce à de nombreux braves, on réussit à sauver rapidement l’ameublement des deux premiers étages au début de l’incendie mais les pertes s’élevèrent à environ 100 000$. Rapidement, on s’engagea à

Au début des années 1940, Jules Cardin filme des événements drummondvillois à l’aide de sa caméra 16 mm. Il utilise alors ces images pour le montage des bulletins de nouvelles qui sont diffusés avant les représentations cinématographiques du cinéma Capitol, où il travaille comme projectionniste. À cette époque, à Drummondville comme dans d’innombrables petites villes au Canada, la guerre impose un nouveau rythme de vie. Si de nombreux citoyens travaillent directement ou indirectement pour l'industrie de guerre au Canada, d'autres plus aventureux s'embarquent pour aller combattre en Europe. Partout, dans les campagnes comme dans les métropoles, des millions d'hommes et de femmes se mobilisent pour défendre la paix et la liberté. Parmi ces personnes, Alphonse Béliveau, natif de Saint-Germain-de-Grantham, qui s’enrôle dans l’aviation (la RCAF) le 9 septembre 1940. En 1942, alors âgé de vingt-cinq ans, il s’entraîne en Angleterre comme sergent-observateur durant plus de dix mois. À son départ pour l’Angleterre, il écrit dans son journal :  « Le 2 mai- 10hrs. Parade sur le pont : check les présences; nous sommes tous groupés sur le pont et regardons arriver les bateaux qui transportent les troupes, au moins cinq jusqu’à présent, et aussi une dizaine de bateaux de guerre : croiseurs, lourds et légers, battleship, American

En octobre 1949, disparaissait dans les eaux de la baie d’Hudson, le Père Henri-Paul Dionne, 44 ans, missionnaire chez les Inuits depuis seize ans.  C’est la consternation dans le hameau d’Esquimo Point, dans la communauté des Oblats de Marie-Immaculée et dans sa famille de L’Avenir.  Comment ce gaillard aguerri à la rigueur et aux soubresauts du climat nordique, et qui ne dut son salut qu’à son courage et sa débrouillardise à plus d’une occasion, comment a-t-il pu périr avec ses deux compagnons d’infortune nés dans cet environnement hostile? Henri-Paul était le septième d’une famille de 17 enfants.  La maison qui l’a vu naître et grandir s’élevait à flanc de coteau sur une terre du deuxième rang de L’Avenir.  La foi de ses parents, Oscar Dionne et Eugénie Belcourt, était profonde et joyeuse.  Passionné pour le chant sacré, son père avait fait ses débuts comme chantre à l’église de L’Avenir à l’âge de huit ans.  Rien d’étonnant à ce qu’Henri-Paul soit décrit par ses contemporains comme un « donneur joyeux » qui ne ratait pas une occasion d’entonner un cantique en français ou en inuktitut. Henri-Paul poursuivit ses études classiques au séminaire de Nicolet.  De talent ordinaire en classe, plutôt lent d’expression et pas le