Alexander Bothwell s’établit au Canada en 1825. Lui et sa femme Rebecca Duncan,  leur fille, leurs huit fils et une tante aveugle sont les premiers Irlandais à venir s’établir entre Ulverton et L’Avenir. Ils sont de religion méthodiste. Un des fils, Frederick, et sa femme Margaret, s’établissent quelques années plus tard dans le 5e rang du Township de Durham. Le 10 juin 1857, le département des affaires indiennes, par l’entremise du chef Abénaquis Amable Paghikan, vend à Frederick Bothwell la demie nord-ouest du lot 19, rang 5, du Canton de Durham, pour la somme de 20 pounds, 16 shillings et 8 pences. Durant cette période, une soixantaine de Bothwell font la pluie et le beau temps dans le coin. Parmi eux, le fils de Frederick nommé James Bothwell achète de son paternel le lot 378 du Canton de Durham, tel que nous l’indique l’acte de vente enregistré chez le notaire Louis Bellerose, le 3 juillet 1882. Frederick Bothwell décède subitement le 18 juin 1887, à l’âge de 74 ans. Il est enterré dans le cimetière de Upper Durham. On retrouve aussi plusieurs descendants des familles Bothwell, reposant sur la colline du petit cimetière d’Ulverton de la route 143, en direction de Richmond. Bien

De  style géorgien, la résidence du 677 boulevard Mercure est construite en 1916  par Gustave Mercure, marchand de bois, à l’occasion de son mariage avec Léona Marier. Construite avec les meilleurs matériaux de l’époque, avec ses planchers en « BC Fir », ses moulures généreuses, ses hauts plafonds, ses poignées de porte en laiton, sa vue sur la rivière, cette maison possède un cachet particulier. Toute de brique rouge, elle a toujours eu fière allure, s'élevant parmi quelques petites maisons blanches alignées sur le bord du chemin public sur la propriété d'Alexandre Mercure. Gustave Mercure est le deuxième des dix enfants nés de l’union d' Alexandre Mercure et Marie-Louise Smith. La résidence d’Alexandre Mercure était voisine, côté ouest, de celle de Gustave, soit le 673 Mercure. Au début du 20e siècle, la Scierie Vassal-Mercure établie dans l'actuel parc Ste-Thérèse utilise le transport ferroviaire pour l'expédition du bois. On voit d'ailleurs sur les photographies anciennes une ligne de chemin de fer entre la maison d’Alexandre et de Gustave Mercure. Pour sa part, à partir de 1925, Gustave exploite une manufacture de portes et fenêtres, ayant appartenu auparavant à J.A. Nadeau. Il y ajoute bientôt la production de bois à tambours pour les filatures de soie et

Le 22 septembre dernier, lors du congrès annuel de l'Association québécoise pour le patrimoine industriel (AQPI) tenu à Drummondville, j'ai eu le privilège de visiter d'anciens sites industriels ayant marqué l'histoire locale et nationale. Quatre-vingt-cinq ans plus tôt, le premier ministre Taschereau inaugurait officiellement le complexe de la Canadian Celanese de Drummondville et faisait une visite très semblable à celle de l'AQPI en 2012. Il se dit alors «heureux de constater que rien n'avait été négligé pour que cette construction fût hygiénique au plus haut point et que les rayons du soleil pûssent y entrer en abondance».  Durant cette cérémonie protocolaire, le premier ministre activa la machinerie et observa le travail automatisé du tissage de la soie. Il visita également les autres départements dont bon nombre n'étaient pas encore en activité. L'hebdomadaire La Parole rapportait le 15 septembre 1927 : «En quittant la Celanese, on fit la visite du Poste Marconi qui irradie des messages en Angleterre et en Australie. Nous rappellerons en passant que c'est ce poste qui irradia les discours et le concert du carillon de la Tour de la Victoire le premier juillet dernier lors du soixantenaire de la Confédération. Les visiteurs furent reçus avec courtoisie et eurent le loisir

Pendant au-delà  de 60 ans, la compagnie Eagle Pencil a été une des entreprises les plus identifiées à la vie industrielle de Drummondville.  Elle a embauché selon les époques entre une quarantaine d’ouvriers et jusqu’à 245 (en 1975). Les conditions de travail n’étaient certes pas idéales en 1931, alors que sévissait la crise économique; Thérèse Grandmont, embauchée à 14 ans comme inspectrice, se souvient des longues semaines de travail qui s’étalaient sur cinq jours et demi, jusqu’au samedi midi, pour totaliser 48heures. Le salaire horaire dans les années 1930 était de 35c pour les femmes et de 45c pour les hommes (moyenne de 40c), mais certains employés travaillaient à la pièce, ce qui leur assurait 10-15c de plus l’heure. Ces salaires se comparaient avantageusement à ceux versés dans l’industrie textile à cette époque (30c en moyenne). Les ouvriers étaient regroupés au sein de l’Association des employés du crayon de Drummondville, qui négocia pour eux des conditions de travail sans doute acceptables, car « aucun différend ouvrier n’est venu interrompre les travaux de cette usine » selon les propos du maire Marcel Marier en 1956. Les séances de négociations étaient souvent qualifiées de cordiales et de franches; au pire, un dirigeant parlera en

La compagnie Eagle Pencil fut fondée en 1856 à New York par un immigrant allemand, Daniel Berolzheimer.  Eagle Pencil s’établit à Drummondville au 201 rue Saint-Jean en 1931, angle des Écoles, dans la bâtisse occupée auparavant par la Drummond Shirt Manufacturing Co., ensuite par la Canadian HW Gossard Co. (1919), puis par la Dominion Hosiery Co (1929).   On y produisait des crayons de plomb; le modèle Mirado était réputé pouvoir tracer une ligne sur une longueur de 60 km.  Par la suite s’ajoutèrent les plumes fontaines (1933), les marqueurs, les gommes à effacer (1945), les crayons automatiques, les stylos à bille et les crayons à mine de couleur Prismacolor et Canadiana (1952). Le bois utilisé dans la fabrication des crayons (cèdre de Californie) était importé, ainsi que la mine.  Celle-ci  se composait de graphite, d’argile et de cire, et sa dureté dépendait du dosage de ces divers matériaux. Un événement hors du commun se produisit le 5 mars 1940, quand à l’invitation du directeur de l’usine, M. Leonard C. Felser, le délégué apostolique Mgr Ildebrando Antoniutti fit une visite de courtoisie à Drummondville.  Il fut accueilli par le curé Georges Melançon et par l’évêque de Nicolet, Mgr Albini Lafortune, accompagnés par

En août 1949, une compagnie spécialisée dans la fabrication de produits d’éclairage loue les locaux de l’ancienne École d’Arts et Métiers, sur la rue Heriot, pour y installer une petite usine : cette compagnie, c’est la Sylvania Electric Canada Limited. Au départ, 25 personnes travaillent dans l’usine de 10 000 pieds carrés. La croissance de la production est toutefois si rapide qu’après seulement quelques mois, on se sent déjà à l’étroit dans les locaux de la rue Heriot. Dès 1952, la Sylvania achète donc un terrain de 20 acres situé entre le chemin de fer du CN et la rue Marchand. Grâce à une voie d’évitement, cet emplacement aura l’avantage de permettre aux trains d’entrer jusqu’à l’intérieur de l’usine pour y être chargés à l’abri des intempéries. La construction des installations est amorcée en août 1952 et prend fin en février 1953. Après une série d’agrandissements, l’usine atteindra une superficie de 372 000 pieds carrés. En 1959, la maison-mère américaine de la Sylvania passe aux mains de la firme General Telephone and Electronics (GTE) : l’entreprise prend alors le nom de GTE Sylvania. Avec les années, la gamme des lampes produites dans l’usine de Drummondville s’étoffe de plus en plus :

Vous souvenez-vous de Lionel Giroux et de son commerce d’appareils électroménagers du 252, rue Saint-Jean ? Lionel Giroux est né en 1914 dans une famille d’agriculteurs de Saint-Elzéar de Beauce. À la mort de son père, Lionel se retrouve – à l’âge de 14 ans – en charge de la terre familiale. Pendant près d’un an, il fait de son mieux pour s’occuper de la ferme, mais il se rend compte qu’il n’est pas fait pour l’agriculture. Avec sa famille, il déménage alors à Sainte-Marie de Beauce, où il travaille trois ans comme ouvrier. Après avoir suivi une formation en mécanique automobile à Québec, Lionel s’installe à Drummondville en 1932. Il est embauché à la Celanese en tant que mécanicien, poste qu’il occupera pendant exactement 20 ans. Bien qu’il soit doué pour la réparation des machines, Lionel n’aime pas vraiment le caractère routinier des tâches qu’il doit accomplir. En fait, il se verrait plutôt travailler avec le public. En autodidacte, Lionel parcourt dans ses temps libres des ouvrages de psychologie ou de vente au détail. De plus en plus, il songe à se lancer dans le commerce. En 1952, Lionel saisit l’occasion qui se présente à lui lorsque le fabriquant de réfrigérateurs

Le clocher de l’église St. George abrite une seule cloche qui rythme la vie de la communauté anglicane.  Elle convoque les fidèles à la messe.  Elle célèbre les mariages, les baptêmes, les visites épiscopales et les grandes fêtes religieuses.  Le son du glas signale la mort d’un de ses membres et accompagne le cortège funèbre jusqu’au cimetière.  Jadis, elle a servi d’alarme pour signaler les grands feux.  À contrario, elle s’est associée à des moments d’allégresse collective tels que la célébration de la fin des deux guerres mondiales. Cette cloche patrimoniale est aussi un objet d’art puisqu'elle est le fruit d’un travail spécialisé et soigné : elle doit être parfaite dans sa matière, dans sa forme et ses proportions, desquelles dépend un son juste et riche.  Enfin, elle est une pièce unique, puisque le mode de fabrication implique chaque fois la destruction du moule. Par qui diable cet objet si beau et parfait a-t-il été créé ? La cloche de l'église St. George, à l'instar de toutes les cloches d'importance, est «tatouée» de diverses inscriptions qui déclinent son identité.  Pour l'examiner de près, il faut cependant grimper les 15 mètres qui la séparent du sol par diverses échelles fixées à l'intérieur de la tour. 

Il y a cinquante ans de cela et beaucoup se souviennent de l'année 1962 comme l'une des plus mouvementées du XXe siècle à Drummondville et dans la région. À commencer par les élections! Tous les niveaux de gouvernement ont affronté le vote populaire en cette seule année. En premier, le monde municipal, le 1er mai, alors que le maire sortant Me Marcel Marier, recevait la vive opposition d'un ex-maire, le Dr Jean-Berchmans Michaud. M. Marier a été porté en triomphe par ses partisans dans les couloirs de l'hôtel-de-ville à l'issue du scrutin qui lui donnait une majorité de 435 voix (910 vs 475). Quelques semaines plus tard, le 18 juin, c'était au tour des élections fédérales dans Drummond-Arthabaska: le Crédit social a causé toute une surprise en faisant élire son porte-parole, David Ouellet, avec 4525 voix de majorité sur le député libéral sortant, Samuel Boulanger. Pendant son mandat d'une année, M. Ouellet s'est fait remarquer au niveau pan-canadien

Joseph-Germain Lampron est né le 4 juin 1909 à Ste-Monique. Il étudie à Nicolet puis à Montréal et débute sa carrière comme horloger sur les chantiers maritimes de Sorel, pour le gouvernement fédéral. En 1933, il épouse Alice Lebrun de St-Pierre de Sorel, puis vient s’installer à Drummondville pour démarrer sa propre entreprise. C’est à l’automne 1935 qu’est inaugurée la Bijouterie J.G. Lampron.  D’abord située sur le 3e rang (dans la portion qui correspond aujourd’hui à la rue Demers), cette bijouterie affiche une assez bonne croissance pour que son propriétaire décide de faire construire une nouvelle et moderne boutique à l’angle des rues St-Marcel et St-Jean en 1948. M. Lampron est un homme très engagé socialement. Chevalier de Colomb, membre de la Société St-Jean-Baptiste, il cumule divers mandats de présidence à la Corporation des Horlogers-Bijoutiers de la Province de Québec, à la Ligue du Sacré-Cœur et à l’Association des Hommes d’Affaires du Centre de Drummondville. Il s’illustre aussi dans la vie politique à titre d’échevin de Ville St-Joseph. À la fin des années 1940, M. Lampron multiplie les publicités dans les journaux. Argenterie, horlogerie, bijoux de luxe ou vaisselle haute gamme attirent une clientèle fidèle qui bénéficie d’un mode de paiement différé