C'est en 1880 que Joseph-Trefflé Caya se fait construire, tout en haut de la côte de la rue Brock, une résidence sortant de l'ordinaire par son gabarit, son style et ses matériaux. Il ne lésine pas sur les ornements qui qualifient le style victorien populaire à la fin du XIXe siècle, tels la balustrade en bois ouvragé de la galerie, l'oriel fermant la grande lucarne, les fenêtres en forme d'arc surbaissé, les dentelles de bois aux rives de toit et les épis de faitage. Il s'assure que la lucarne principale déborde largement du corps de la maison pour couvrir entièrement la porte centrale et parer, ainsi, aux rigueurs de l'hiver. Enfin, les murs sont construits en brique et le toit est recouvert d'ardoise. Originaire de Baie-du-Febvre, Joseph-Trefflé Caya est arrivé à Drummondville avec ses parents en 1843. Son père, Antoine, pratiquait le métier de boulanger. Quant à sa mère, née Esther Richer Laflèche, elle est décédée peu après avoir donné naissance à son sixième enfant. Une sœur cadette de Joseph-Trefflé, Élisa, épousera Henry Trent, gentilhomme d'origine anglaise qui a émigré au Canada en 1836. Joseph-Trefflé, le scribe À n'en pas douter, Joseph-Trefflé poursuit des études supérieures, puisqu'en 1859, il est nommé greffier de la

Madame Jeannette Massé poursuit son histoire, avec le début de sa carrière en secrétariat: "Au printemps 1948, après la mort de mon père, Miss Rose Ellis, qui m'avait enseigné, me trouva une place de secrétaire à la manufacture Triad Creations. Mes patrons étaient des Américains de religion juive: Mr. Alexander Stone et Mr. et Mrs. William White de Pawtucket, Rhode Island. Ils étaient très gentils mais ne parlaient pas français, excepté Mrs. Yvonne White. À cette époque, la manufacture de bijoux était située en ville, coin Heriot et Des Forges. Triad était situé au deuxième étage, tandis que le journal La Parole se trouvait au premier. J'allais travailler avec la bicyclette que mes parents m'avaient achetée à ma fête l'été précédent et l'hiver, je voyageais en autobus. Lorsque j'ai commencé à travailler, le salaire au bureau était de 15$ par semaine de 5 jours et demi. J'y ai travaillé environ deux ans. J'ai beaucoup aimé travailler pour cette entreprise familiale. En plus d'être secrétaire, je servais d'interprète pour traduire en français des instructions aux personnes qui travaillaient à domicile. La patronne expliquait en anglais comment fabriquer les bijoux et moi, je traduisais en français et quelques fois, j'allais avec Stanley White porter

J'ai fait mes études primaires à l'école Saint-Simon, à deux pas de chez moi, chez les Soeurs de l'Assomption de la Sainte Vierge. Ensuite, j'ai poursuivi au Ellis Business College, dont Miss Rose Ellis, Irlandaise, était la propriétaire et professeure. Nous apprenions l'anglais afin d'être bilingue, la sténographie, la dactylo, la comptabilité et la tenue de bureau. Notre professeure était très sévère et elle avait à cœur de nous voir réussir, mais aussi de ne pas faire perdre de l'argent à nos parents, parce que c'était des cours privés qui coutaient environ 100$ par mois. À la période de l'adolescence, j'avais rêvé d'être infirmière, mais vu ma petite taille, je pense que je n'aurais pas été assez forte pour cette vocation. J'ai eu aussi un autre rêve: devenir actrice de cinéma. Mais pour toutes sortes de raisons, ça ne s'est pas réalisé évidemment. Alors j'ai pensé devenir hôtesse de l'air; cela me fascinait, mais là encore, je n'avais pas la grandeur voulue. J'ai donc opté pour suivre un cours commercial qui a fait de moi une secrétaire. Ça m'a aidé à gagner ma vie et celle de ma famille. Être bilingue nous ouvre aussi bien des portes! Pour me pratiquer à devenir

Dès les années 1920, un hameau s'est formé sur la rive nord de la rivière Saint-François, à cinq kilomètres en amont de Drummondville. Au centre d'un grand parc dessiné par l'architecte paysagiste Leonard-E. Schlemm, la Southern Canada Power avait fait construire quelques maisons pour les familles de ses employés cadres. D'autres habitations et quelques commerces de proximité s'élevaient dans le périmètre immédiat de la centrale hydro-électrique. Pour se rendre à l'école, les enfants d'âge scolaire furent d'abord conduits à Drummondville dans une voiture tirée par une jument Clydesdale du nom de Pansy Brompton. Le charretier Melville Rutherford et son successeur Jos Dionne tiraient orgueil de Pansy qui avait gagné plusieurs prix à l'exposition de Sherbrooke. En raison d'une chaussée cahoteuse durant la saison estivale et de l'absence de déneigement durant l'hiver, l'aller-retour à l'école demeura hasardeux durant de nombreuses années. En 1939, on remplaça Pansy par une paire de trotteurs dénommés Bob et Nellie. La durée du trajet fut raccourcie de 25 minutes du temps initial de 60 minutes. Puis, à compter de 1950, une Plymouth familiale prit la relève des chevaux, diminuant cette fois la durée du trajet de 15 minutes. L'électricité, facteur prédominant d'industrialisation Incontestablement, l'énergie hydro-électrique est à l'origine de l'industrialisation à

Dans nos souvenirs récents, le déchaînement de Dame Nature touchant Drummondville et la région qui nous vient rapidement est le Grand Verglas de 1998. Mais certains parmi vous se rappellerons certainement d'autres tempêtes, de neige, verglas, ou forts vents, qui ont marqué notre histoire. Le 14 novembre 1935, le journal La Parole rapporte une tempête causant "de grands dégâts à Drummondville et ailleurs". En effet, un important verglas cause alors des dommages considérables. La majorité des arbres sont touchés et encombrent les rues de débris, les lignes téléphoniques et télégraphiques se rompent sous le poids de la glace et le service de distribution de l’énergie électrique de la Southern Canada Power est interrompu. En plus de l’éclairage des rues qui est affecté, le système d’alarme d’incendie constitué de bornes aux limites de la ville est aussi hors fonction. D'autres importants verglas sont enregistrés en décembre 1942, puis en février 1961, où 500 poteaux sont brisés et privent les abonnés de la Southern Canada Power du courant électrique. De forts vents en février 1953 causent aussi beaucoup de dommages aux toitures, dont celle de Mlle Rose Ellis de la rue Holmes et celle du garage Gaudet, situé sur le du boulevard Bernard. Les réclamations

Alexander Bothwell s’établit au Canada en 1825. Lui et sa femme Rebecca Duncan,  leur fille, leurs huit fils et une tante aveugle sont les premiers Irlandais à venir s’établir entre Ulverton et L’Avenir. Ils sont de religion méthodiste. Un des fils, Frederick, et sa femme Margaret, s’établissent quelques années plus tard dans le 5e rang du Township de Durham. Le 10 juin 1857, le département des affaires indiennes, par l’entremise du chef Abénaquis Amable Paghikan, vend à Frederick Bothwell la demie nord-ouest du lot 19, rang 5, du Canton de Durham, pour la somme de 20 pounds, 16 shillings et 8 pences. Durant cette période, une soixantaine de Bothwell font la pluie et le beau temps dans le coin. Parmi eux, le fils de Frederick nommé James Bothwell achète de son paternel le lot 378 du Canton de Durham, tel que nous l’indique l’acte de vente enregistré chez le notaire Louis Bellerose, le 3 juillet 1882. Frederick Bothwell décède subitement le 18 juin 1887, à l’âge de 74 ans. Il est enterré dans le cimetière de Upper Durham. On retrouve aussi plusieurs descendants des familles Bothwell, reposant sur la colline du petit cimetière d’Ulverton de la route 143, en direction de Richmond. Bien

De  style géorgien, la résidence du 677 boulevard Mercure est construite en 1916  par Gustave Mercure, marchand de bois, à l’occasion de son mariage avec Léona Marier. Construite avec les meilleurs matériaux de l’époque, avec ses planchers en « BC Fir », ses moulures généreuses, ses hauts plafonds, ses poignées de porte en laiton, sa vue sur la rivière, cette maison possède un cachet particulier. Toute de brique rouge, elle a toujours eu fière allure, s'élevant parmi quelques petites maisons blanches alignées sur le bord du chemin public sur la propriété d'Alexandre Mercure. Gustave Mercure est le deuxième des dix enfants nés de l’union d' Alexandre Mercure et Marie-Louise Smith. La résidence d’Alexandre Mercure était voisine, côté ouest, de celle de Gustave, soit le 673 Mercure. Au début du 20e siècle, la Scierie Vassal-Mercure établie dans l'actuel parc Ste-Thérèse utilise le transport ferroviaire pour l'expédition du bois. On voit d'ailleurs sur les photographies anciennes une ligne de chemin de fer entre la maison d’Alexandre et de Gustave Mercure. Pour sa part, à partir de 1925, Gustave exploite une manufacture de portes et fenêtres, ayant appartenu auparavant à J.A. Nadeau. Il y ajoute bientôt la production de bois à tambours pour les filatures de soie et

Le 22 septembre dernier, lors du congrès annuel de l'Association québécoise pour le patrimoine industriel (AQPI) tenu à Drummondville, j'ai eu le privilège de visiter d'anciens sites industriels ayant marqué l'histoire locale et nationale. Quatre-vingt-cinq ans plus tôt, le premier ministre Taschereau inaugurait officiellement le complexe de la Canadian Celanese de Drummondville et faisait une visite très semblable à celle de l'AQPI en 2012. Il se dit alors «heureux de constater que rien n'avait été négligé pour que cette construction fût hygiénique au plus haut point et que les rayons du soleil pûssent y entrer en abondance».  Durant cette cérémonie protocolaire, le premier ministre activa la machinerie et observa le travail automatisé du tissage de la soie. Il visita également les autres départements dont bon nombre n'étaient pas encore en activité. L'hebdomadaire La Parole rapportait le 15 septembre 1927 : «En quittant la Celanese, on fit la visite du Poste Marconi qui irradie des messages en Angleterre et en Australie. Nous rappellerons en passant que c'est ce poste qui irradia les discours et le concert du carillon de la Tour de la Victoire le premier juillet dernier lors du soixantenaire de la Confédération. Les visiteurs furent reçus avec courtoisie et eurent le loisir

Pendant au-delà  de 60 ans, la compagnie Eagle Pencil a été une des entreprises les plus identifiées à la vie industrielle de Drummondville.  Elle a embauché selon les époques entre une quarantaine d’ouvriers et jusqu’à 245 (en 1975). Les conditions de travail n’étaient certes pas idéales en 1931, alors que sévissait la crise économique; Thérèse Grandmont, embauchée à 14 ans comme inspectrice, se souvient des longues semaines de travail qui s’étalaient sur cinq jours et demi, jusqu’au samedi midi, pour totaliser 48heures. Le salaire horaire dans les années 1930 était de 35c pour les femmes et de 45c pour les hommes (moyenne de 40c), mais certains employés travaillaient à la pièce, ce qui leur assurait 10-15c de plus l’heure. Ces salaires se comparaient avantageusement à ceux versés dans l’industrie textile à cette époque (30c en moyenne). Les ouvriers étaient regroupés au sein de l’Association des employés du crayon de Drummondville, qui négocia pour eux des conditions de travail sans doute acceptables, car « aucun différend ouvrier n’est venu interrompre les travaux de cette usine » selon les propos du maire Marcel Marier en 1956. Les séances de négociations étaient souvent qualifiées de cordiales et de franches; au pire, un dirigeant parlera en