En 1930, la Southern Canada Power (SCP) abandonne le projet de construction d'une centrale hydro-électrique aux rapides Spicer de Saint-Joachim-de-Courval en raison de l'irrégularité du débit de la rivière Saint-François. Quelques années auparavant, elle avait fait l'acquisition de plusieurs fermes situées en amont et en aval de la centrale projetée. Afin d'éviter que ces terres ne deviennent des « terres en branches », la SCP se lance dans de grands travaux de reboisement dès 1939. La pépinière Au début du reboisement, les plants proviennent de la pépinière de Berthierville. En 1942, cependant, la SCP construit sa propre pépinière sur le rang Sainte-Anne à Saint-Joachim-de-Courval. Elle engage l'ingénieur forestier Elwood Wilson à titre de conseiller ainsi que Lorenzo « Larry » Morin pour diriger les différents travaux sur le terrain. En 1956, on amorce le déménagement de la pépinière vers Saint-Majorique-de-Grantham pour pallier les inconvénients du sol argileux de Saint-Joachim, lequel tarde à dégeler au printemps alors que les terres à reboiser sont prêtes à recevoir les jeunes plants. Le repiquage Chaque printemps, on engage une soixantaine de planteurs, pour la plupart cultivateurs de la région. La technique de repiquage est fort simple : le reboiseur pratique une fente dans le sol avec sa « ferrée », y dépose avec

C'est Joseph-Trefflé Caya, greffier à la Cour, qui construit la belle victorienne en 1880. La propriété passe successivement aux mains du commerçant de bois Ovide Brouillard, de l'hôtelier Birtz, de son épouse Alice Montplaisir et du marchand Joseph-Ovila Montplaisir. En février 1967, Roger Montplaisir vend le 209, rue Brock à deux entrepreneurs qui comptent exploiter son emplacement au cœur du quartier des affaires et l'attrait de son style romantique-victorien pour le convertir en boutique d'aménagement intérieur. L'intermède commercial est cependant de courte durée. La portion du jardin en bordure de la rue Lindsay est vendue en 1968, alors que la maison et ses dépendances deviennent la propriété de Rolland Bouvette, épicier à Saint-Cyrille-de-Wendover, en 1974. Armés de patience et animés d'une passion hors du commun pour les belles maisons anciennes, Rolland et son épouse Antoinette consacrent de nombreuses heures à panser les blessures laissées par les squatters qui s'y étaient introduits les mois précédant l'acquisition. Ils lui donnent ainsi le second souffle pour atteindre le podium des joyaux du patrimoine architectural de Drummondville. Deux maisons Montplaisir jadis côte à côte Deux résidences construites en enfilade sur la rue Brock étaient identifiées sous le nom de «maison Montplaisir». La présence de la même famille dans les deux

Les Montplaisir ont habité le 209, rue Brock plus de 50 ans! C'est le couple formé d'Alice Montplaisir et de Charles Birtz qui l'achète d'Ovide Brouillard en 1916. Charles tient hôtel sur la rue Heriot, à l'angle de la rue Cockburn. L'établissement sera identifié plus tard sous le nom de « Hôtel Grand Central ». En 1922, Alice se marie en secondes noces avec le Dr Lucien Hélie. Elle vend la maison et ses dépendances à son frère, Joseph-Ovila Montplaisir, en 1938. Joseph-Ovila Montplaisir Originaire de Saint-Grégoire de Nicolet, Joseph-Ovila arrive à Drummondville à l'âge de 19 ans. Il s'intéresse d'abord à la restauration et à l'alimentation. En 1901, il crée une révolution en vendant des bonbons à d'autres périodes que le temps de fêtes et en introduisant le commerce des bananes et de la crème glacée. Délaissant l'alimentation, il s'investit dans la construction sous la raison sociale Montplaisir et Archambault, puis dans la vente d'automobiles GM où il se crée une place enviable à l'échelle provinciale. Joseph-Ovila imprime littéralement son énergie à sa ville d'adoption. Il est, en effet, à la tête de plusieurs sociétés, dont la fonderie J.-A. Gosselin, la Corona Velvet et la Macdonald Wire Goods. À compter de 1937, il

En 1907, la famille d'Ovide Brouillard emménage dans la somptueuse résidence victorienne construite par Joseph-Trefflé Caya en 1880. Elle quitte ainsi Carmel (village à l'ouest de Notre-Dame-du-Bon-Conseil) où Ovide exploitait un magasin général et une scierie alimentée par d'immenses concessions forestières découpées dans les cantons de Wendover et de Simpson. C'est à Carmel que son épouse, née Démerise Gauthier, avait donné naissance à leurs cinq enfants. Ovide est doué d'un esprit d'entreprise hors du commun. Il étend ses activités forestières au Saguenay, dans Charlevoix et en Gaspésie. Il investit dans des entreprises situées à Saint-Hyacinthe (distillerie, moulin à vent, moteur diesel), à Valleyfield (brasserie), à Drummondville (allumettes, chaussures) et à Montréal. Il est curieux de tout et à l'affût d'inventions. Vers 1920, il met sur pied la société Omega pour exploiter deux brevets délivrés à l'inventeur Joseph Lemire de Drummondville, soit celui d'un moulin à vent et celui d'une pompe sans friction. L'arène publique Les luttes politiques passionnent Ovide tout autant que les affaires. Il est tour à tour conseiller et maire de Notre-Dame-du-Bon-Conseil, conseiller et maire de Drummondville et député fédéral de Drummond-Arthabaska sous la bannière libérale de 1911 à 1921. À l'élection provinciale de 1908, son opposant Joseph Laferté l'avait emporté

C'est en 1880 que Joseph-Trefflé Caya se fait construire, tout en haut de la côte de la rue Brock, une résidence sortant de l'ordinaire par son gabarit, son style et ses matériaux. Il ne lésine pas sur les ornements qui qualifient le style victorien populaire à la fin du XIXe siècle, tels la balustrade en bois ouvragé de la galerie, l'oriel fermant la grande lucarne, les fenêtres en forme d'arc surbaissé, les dentelles de bois aux rives de toit et les épis de faitage. Il s'assure que la lucarne principale déborde largement du corps de la maison pour couvrir entièrement la porte centrale et parer, ainsi, aux rigueurs de l'hiver. Enfin, les murs sont construits en brique et le toit est recouvert d'ardoise. Originaire de Baie-du-Febvre, Joseph-Trefflé Caya est arrivé à Drummondville avec ses parents en 1843. Son père, Antoine, pratiquait le métier de boulanger. Quant à sa mère, née Esther Richer Laflèche, elle est décédée peu après avoir donné naissance à son sixième enfant. Une sœur cadette de Joseph-Trefflé, Élisa, épousera Henry Trent, gentilhomme d'origine anglaise qui a émigré au Canada en 1836. Joseph-Trefflé, le scribe À n'en pas douter, Joseph-Trefflé poursuit des études supérieures, puisqu'en 1859, il est nommé greffier de la

Madame Jeannette Massé poursuit son histoire, avec le début de sa carrière en secrétariat: "Au printemps 1948, après la mort de mon père, Miss Rose Ellis, qui m'avait enseigné, me trouva une place de secrétaire à la manufacture Triad Creations. Mes patrons étaient des Américains de religion juive: Mr. Alexander Stone et Mr. et Mrs. William White de Pawtucket, Rhode Island. Ils étaient très gentils mais ne parlaient pas français, excepté Mrs. Yvonne White. À cette époque, la manufacture de bijoux était située en ville, coin Heriot et Des Forges. Triad était situé au deuxième étage, tandis que le journal La Parole se trouvait au premier. J'allais travailler avec la bicyclette que mes parents m'avaient achetée à ma fête l'été précédent et l'hiver, je voyageais en autobus. Lorsque j'ai commencé à travailler, le salaire au bureau était de 15$ par semaine de 5 jours et demi. J'y ai travaillé environ deux ans. J'ai beaucoup aimé travailler pour cette entreprise familiale. En plus d'être secrétaire, je servais d'interprète pour traduire en français des instructions aux personnes qui travaillaient à domicile. La patronne expliquait en anglais comment fabriquer les bijoux et moi, je traduisais en français et quelques fois, j'allais avec Stanley White porter

J'ai fait mes études primaires à l'école Saint-Simon, à deux pas de chez moi, chez les Soeurs de l'Assomption de la Sainte Vierge. Ensuite, j'ai poursuivi au Ellis Business College, dont Miss Rose Ellis, Irlandaise, était la propriétaire et professeure. Nous apprenions l'anglais afin d'être bilingue, la sténographie, la dactylo, la comptabilité et la tenue de bureau. Notre professeure était très sévère et elle avait à cœur de nous voir réussir, mais aussi de ne pas faire perdre de l'argent à nos parents, parce que c'était des cours privés qui coutaient environ 100$ par mois. À la période de l'adolescence, j'avais rêvé d'être infirmière, mais vu ma petite taille, je pense que je n'aurais pas été assez forte pour cette vocation. J'ai eu aussi un autre rêve: devenir actrice de cinéma. Mais pour toutes sortes de raisons, ça ne s'est pas réalisé évidemment. Alors j'ai pensé devenir hôtesse de l'air; cela me fascinait, mais là encore, je n'avais pas la grandeur voulue. J'ai donc opté pour suivre un cours commercial qui a fait de moi une secrétaire. Ça m'a aidé à gagner ma vie et celle de ma famille. Être bilingue nous ouvre aussi bien des portes! Pour me pratiquer à devenir

Dès les années 1920, un hameau s'est formé sur la rive nord de la rivière Saint-François, à cinq kilomètres en amont de Drummondville. Au centre d'un grand parc dessiné par l'architecte paysagiste Leonard-E. Schlemm, la Southern Canada Power avait fait construire quelques maisons pour les familles de ses employés cadres. D'autres habitations et quelques commerces de proximité s'élevaient dans le périmètre immédiat de la centrale hydro-électrique. Pour se rendre à l'école, les enfants d'âge scolaire furent d'abord conduits à Drummondville dans une voiture tirée par une jument Clydesdale du nom de Pansy Brompton. Le charretier Melville Rutherford et son successeur Jos Dionne tiraient orgueil de Pansy qui avait gagné plusieurs prix à l'exposition de Sherbrooke. En raison d'une chaussée cahoteuse durant la saison estivale et de l'absence de déneigement durant l'hiver, l'aller-retour à l'école demeura hasardeux durant de nombreuses années. En 1939, on remplaça Pansy par une paire de trotteurs dénommés Bob et Nellie. La durée du trajet fut raccourcie de 25 minutes du temps initial de 60 minutes. Puis, à compter de 1950, une Plymouth familiale prit la relève des chevaux, diminuant cette fois la durée du trajet de 15 minutes. L'électricité, facteur prédominant d'industrialisation Incontestablement, l'énergie hydro-électrique est à l'origine de l'industrialisation à

Dans nos souvenirs récents, le déchaînement de Dame Nature touchant Drummondville et la région qui nous vient rapidement est le Grand Verglas de 1998. Mais certains parmi vous se rappellerons certainement d'autres tempêtes, de neige, verglas, ou forts vents, qui ont marqué notre histoire. Le 14 novembre 1935, le journal La Parole rapporte une tempête causant "de grands dégâts à Drummondville et ailleurs". En effet, un important verglas cause alors des dommages considérables. La majorité des arbres sont touchés et encombrent les rues de débris, les lignes téléphoniques et télégraphiques se rompent sous le poids de la glace et le service de distribution de l’énergie électrique de la Southern Canada Power est interrompu. En plus de l’éclairage des rues qui est affecté, le système d’alarme d’incendie constitué de bornes aux limites de la ville est aussi hors fonction. D'autres importants verglas sont enregistrés en décembre 1942, puis en février 1961, où 500 poteaux sont brisés et privent les abonnés de la Southern Canada Power du courant électrique. De forts vents en février 1953 causent aussi beaucoup de dommages aux toitures, dont celle de Mlle Rose Ellis de la rue Holmes et celle du garage Gaudet, situé sur le du boulevard Bernard. Les réclamations