Dans les années 1930, l’édifice Cadieux était situé sur la rue Heriot, à l’emplacement actuel des Terrasses St-Frédéric. Il abritait la pharmacie Cadieux, la pharmacie de Jacques Montplaisir et un restaurant à l’atmosphère « gai et appétissant », Le Louvre. Comme en témoigne cette publicité distribuée aux quatre coins de la ville, ses clients pouvaient s’y délecter sans se ruiner. « Drummondville possède avec Le Louvre un restaurant qui ne le cède en rien à ce que l’on peut trouver de meilleur ailleurs. C’est un établissement où le chic se joint à la distinction, à la délicatesse du service et à la qualité des mets qu’on y sert. Ceux qui fréquentent habituellement Le Louvre, et ils se font toujours plus nombreux de jour en jour, savent que c’est un endroit d’une propreté minutieuse, d’une élégance à bon aloi, où l’on fait bon se délecter d’un rafraîchissement quelconque ou d’un repas succulent, dans un atmosphère gai et appétissant. Au surplus, le propriétaire, M. Rousso, qui s’occupe de ce genre d’affaires depuis plus de vingt ans et qui a acquis son expérience dans les établissements les plus réputés d’Europe et d’Amérique, ne néglige rien pour faire bénéficier ses clients de son savoir-faire et de ses connaissances. Qu’il s’agisse de

Herminie Dionne obtient son brevet de capacité à Trois-Rivières, le 3 mai 1881, puis débute sa carrière d’institutrice dans une école de rang, située à Saint-Cyrille-de-Wendover. L’année scolaire débute le premier lundi de septembre et se termine à la fin du mois de juin. Arrivée à Saint-Cyrille quelques jours avant la rentrée, Herminie en profite pour sentir l’ambiance de sa classe. Les commissaires ont bien fait leurs devoirs. Les pupitres ont été nettoyés, puis alignés en rangées bien droites. Le tableau noir brille et le plancher a été lavé avec soin. Elle ferme les yeux et s’imagine déjà enseigner, une craie blanche à la main, ses leçons de grammaire, d’arithmétique et d’histoire, répondre aux questions des plus curieux et discipliner, s’il le faut, les plus téméraires. Elle a déjà hâte de les rencontrer. Lundi matin 7h, Herminie ne dort plus. Sa vie de maîtresse d’école commence ce jour-là. Elle met une bûche à chauffer dans le poêle à bois, puis s’installe à son bureau. 8h25, les premiers enfants arrivent. Encore timides, ils s’assoient en silence. 8h30, la séance commence. Mlle Dionne entame la prière du matin, puis prend les présences : -Arsénia Lauzière? -Présente Mlle! Jean-Baptiste Verrier? -Présent Mlle! Sa classe compte 42 élèves, 23 filles et

Un élément important du patrimoine bâti de Drummondville Au début du 20e siècle, plusieurs industries, favorisées par l’établissement d’un barrage hydroélectrique de la Southern Canada Power Co, s’installent à Drummondville, dont la Canadian Celanese, en 1926. Dès son arrivée, la compagnie fait construire une douzaine de maisons destinées à loger ses dirigeants. Ces maisons bourgeoises sont implantées sur des terrains boisés autour d’un square, le Carré Celanese. La valeur patrimoniale de cet ensemble résidentiel, situé à proximité de la rivière Saint-François, repose sur son intérêt historique, puisqu’il rappelle le développement économique de Drummondville au cours des années 1920. Le Carré Celanese a été constitué site patrimonial en 2005 et inscrit au répertoire canadien en 2009. La protection s’applique aux terrains, ainsi qu’à l’enveloppe extérieure des 12 bâtiments, dont la maison Boulay, située au 5, rue Carré Celanese. Legs et nouvelle vocation En 1977, la Celanese cède un terrain de 122 000 pieds carrés, de même que l’immeuble de trois étages qui s’y trouve, à la Cité de Drummondville. La nouvelle paraît dans le journal La Parole du mercredi 7 septembre et plusieurs organismes à caractère culturel, dont la Corporation du Carrefour Socio-culturel Drummond Inc., l’Association des Artistes et Artisans de chez nous Inc. et

C’est la 2e guerre mondiale. Les salaires sont bons partout sauf dans le textile. Comme le commerce LeMaire Fourrures va bien, Germaine et Hermas décident d’élever des visons et de vendre leurs propres peaux. Ainsi débute une grande aventure. Hermas LeMaire, en homme prudent, établit son mini-ranch au 673 boulevard Mercure à Drummondville, à l’été 1945. Comme les affaires progressent et vont de mieux en mieux, il décide de déménager ses visons à Hemming’s Falls sur le terrain du Domaine  Guévremont, en face de la petite chapelle Sainte-Thérèse. C’est en été que la visonnière atteint sa plus grande population, environ 700 visons, chats sauvages et nutrias (castors d’Afrique). Comme le vison est un animal délicat, sa nourriture doit être fraîche et équilibrée. À toutes les deux semaines, arrivent des centaines de livres de viande de cheval, des caisses de poissons, du poulet et de la moulée. À cette nourriture, on ajoute de l’huile de morue, des vitamines et parfois des médicaments. L’on conserve tous ces aliments dans une chambre froide. Un gros moulin les broie et chaque vison reçoit deux repas par jour, sans oublier de leur apporter de l’eau fraîche et de nettoyer les cages. Chaque automne, il faut tuer près de 400 

Si la vie culturelle de Drummondville connaît ses premiers balbutiements au début du 20e siècle, aux parcs Woodyatt et Saint-Frédéric, c’est aux cours des années 1930-1940 que la ville entre dans un véritable processus de développement culturel et que l’on assiste à l’émergence d’une culture populaire, favorisée par l’apparition des premiers théâtres et des premières salles de spectacles. Les décennies suivantes sont marquées par la mise en place d’une première bibliothèque municipale et l’inauguration, en 1967, du Centre culturel de Drummondville, dont la vocation est essentiellement d’offrir un lieu de pratique et de consommation culturelle. Au début des années 1970, M. Claude Boucher, directeur des services récréatifs et communautaires de la Ville, et divers collaborateurs planchent sur un nouveau système de gestion des loisirs, basé sur la coordination, la concertation et la participation communautaires des organismes drummondvillois déjà actifs en matières de loisir et de culture. Le projet aboutit, en 1976, à l’incorporation du Carrefour Socio-culturel Drummond (CSCD). Son siège social est situé dans les locaux du Centre culturel, au 175 de la rue Ringuet. Le CSCD est une compagnie sans but lucratif formée de représentants de trois institutions publiques de Drummondville, soit la Cité de Drummondville, le Cégep Bourgchemin et la

Le Guide du commerce de la Cité de Drummondville, paru  en avril 1936, contient une mine d’informations sur de nombreuses entreprises autrefois établies à Drummondville ou encore  existantes aujourd’hui. Parmi ces descriptions publicitaires, on y retrouve des éloges pour le commerce Bouchard & Milot, Drummond Taxi inc. « Au nombre des établissements les plus anciens et les mieux organisés de Drummondville, nous devons ajouter DRUMMOND TAXI INC., combinant les services de taxi-auto, d’entrepreneurs de pompes funèbres, de salons mortuaires et d’embaumement, dont les propriétaires MM. Bouchard et Milot de par la réputation qu’ils se sont créés, tant par l’excellence de leur service que par leur délicatesse à l’égard des éprouvés, jouissent de l’estime et de la considération de leurs concitoyens. Fondée depuis plus de trente ans, cette institution est en effet la plus ancienne de Drummondville. Messieurs Bouchard et Milot en firent l’acquisition en 1925 et l’améliorèrent d’une façon remarquable. Son expansion se fit graduellement et solidement pour en faire incontestablement la meilleure du genre en notre ville. Son service de taxi-auto met à la disposition du public voyageur et des citoyens, pour mariages, baptêmes, sépultures, etc., neuf voitures automobiles, dont plusieurs de grande valeur, toujours entretenues scrupuleusement proposes, en parfait état mécanique

Edward John Hemming (1823-1905) naît à Londres, puis immigre au Canada en 1851. En 1858, à la suggestion de son cousin Christopher Dunkin, Hemming quitte son bureau d’avocats de Montréal pour s’installer à Drummondville. Ce petit bourg d’à peine plus de cents habitants promet de devenir important, étant à cette époque le chef-lieu du comté de Drummond. À travers ses écrits personnels, Hemming raconte sa venue à Drummondville : « Je me rappelle, la première fois que je suis venu à Drummondville, en septembre 1858, le seul moyen d’apporter mes meubles a été par la voie fluviale de Sorel, en montant la rivière Noire et la rivière David, dans un petit bateau à vapeur appelé Mouche à feu, pour finalement avoir vingt-et-un milles de mauvais chemins à faire dans une petite charrette en bois, les voitures à quatre roues n’étant pas disponibles ni pour or ni pour argent. À cette époque la population du village de Drummondville n’était que d’une centaine de personnes. Les seuls édifices de quelque valeur étaient les deux églises catholique et protestante, la résidence de M. R. N Watts, le magasin Marler, l’hôtel Boisvert et la boutique de forge de M. Jones. » Cet avocat infatigable, devient maire de Drummondville à deux

Gilles St-Pierre se souvient de l’arrivée de sa famille à Drummondville le 1er septembre 1933, le jour même de son 12e anniversaire. Dès leur arrivée dans la région, le jeune homme entre à l’Académie David, où il obtient son diplôme quatre ans plus tard. Après sa 8e année, Gilles se fait offrir par son père, Armand St-Pierre, de poursuivre vers les études classiques, mais ce dernier refuse, préférant s’impliquer davantage dans l’entreprise familiale. Dès l’ouverture du magasin de meubles A. St-Pierre en 1936, Gilles est chargé de la livraison, alors que sa mère et son père s’occupent de la gérance du magasin. Il n’a alors que 15 ans et le travail est dur : des mobiliers ou encore des poêles en fonte à monter parfois sur deux ou trois étages. Dans le milieu des années 1940, Mme St-Pierre tombe malade. À la demande de son père, Gilles passe de la livraison à l’administration et la vente au détail, malgré son manque d’expérience. Rapidement, il s’adapte à son nouvel environnement, entre autres en lisant des livres pour perfectionner son service à la clientèle. Tout comme son père, il se crée rapidement un bon réseau social. Il fait partie de quelques clubs sociaux, dont le Club des

Armand St-Pierre vient s’établir à Drummondville en 1933 avec sa famille. Il vient tout juste d’être nommé gérant du détaillant de machines à laver «Beatty», qui a un point de vente dans l’édifice du Manoir Drummond. À ce moment, la concurrence était forte dans la région. Un certain M. Langlais, vendeur pour la compagnie «Eureka», propose à M. St-Pierre de lui fournir des produits Eureka à très bon prix pour que celui-ci ouvre son propre commerce. Avec l’appui du docteur Pelletier de Saint-Cyrille, Armand St-Pierre confie alors à l’entrepreneur Égide Malouin la construction d’un édifice de trois étages au 759, boulevard Mercure. L’immeuble, qui abritera un magasin de meubles et des logements, est complété en 1936 au coût de 12 000$. Rapidement, le nouveau commerce se fait une bonne réputation. On y offre des meubles très diversifiés, de très bonne qualité, quoique souvent dispendieux.  Plusieurs des fournisseurs du magasin sont établis en Ontario et emploient des Allemands, ébénistes de père en fils. Le magasin jouit donc d’une certaine exclusivité régionale. M. St-Pierre commence peu à peu à se faire une place dans les affaires municipales. En février 1938, il est élu échevin du quartier centre (district no.2) de Drummondville. Il démissionne cependant deux