Le Guide du commerce de la Cité de Drummondville, paru  en avril 1936, contient une mine d’informations sur de nombreuses entreprises autrefois établies à Drummondville ou encore  existantes aujourd’hui. Parmi ces descriptions publicitaires, on y retrouve des éloges pour le commerce Bouchard & Milot, Drummond Taxi inc. « Au nombre des établissements les plus anciens et les mieux organisés de Drummondville, nous devons ajouter DRUMMOND TAXI INC., combinant les services de taxi-auto, d’entrepreneurs de pompes funèbres, de salons mortuaires et d’embaumement, dont les propriétaires MM. Bouchard et Milot de par la réputation qu’ils se sont créés, tant par l’excellence de leur service que par leur délicatesse à l’égard des éprouvés, jouissent de l’estime et de la considération de leurs concitoyens. Fondée depuis plus de trente ans, cette institution est en effet la plus ancienne de Drummondville. Messieurs Bouchard et Milot en firent l’acquisition en 1925 et l’améliorèrent d’une façon remarquable. Son expansion se fit graduellement et solidement pour en faire incontestablement la meilleure du genre en notre ville. Son service de taxi-auto met à la disposition du public voyageur et des citoyens, pour mariages, baptêmes, sépultures, etc., neuf voitures automobiles, dont plusieurs de grande valeur, toujours entretenues scrupuleusement proposes, en parfait état mécanique

Edward John Hemming (1823-1905) naît à Londres, puis immigre au Canada en 1851. En 1858, à la suggestion de son cousin Christopher Dunkin, Hemming quitte son bureau d’avocats de Montréal pour s’installer à Drummondville. Ce petit bourg d’à peine plus de cents habitants promet de devenir important, étant à cette époque le chef-lieu du comté de Drummond. À travers ses écrits personnels, Hemming raconte sa venue à Drummondville : « Je me rappelle, la première fois que je suis venu à Drummondville, en septembre 1858, le seul moyen d’apporter mes meubles a été par la voie fluviale de Sorel, en montant la rivière Noire et la rivière David, dans un petit bateau à vapeur appelé Mouche à feu, pour finalement avoir vingt-et-un milles de mauvais chemins à faire dans une petite charrette en bois, les voitures à quatre roues n’étant pas disponibles ni pour or ni pour argent. À cette époque la population du village de Drummondville n’était que d’une centaine de personnes. Les seuls édifices de quelque valeur étaient les deux églises catholique et protestante, la résidence de M. R. N Watts, le magasin Marler, l’hôtel Boisvert et la boutique de forge de M. Jones. » Cet avocat infatigable, devient maire de Drummondville à deux

Gilles St-Pierre se souvient de l’arrivée de sa famille à Drummondville le 1er septembre 1933, le jour même de son 12e anniversaire. Dès leur arrivée dans la région, le jeune homme entre à l’Académie David, où il obtient son diplôme quatre ans plus tard. Après sa 8e année, Gilles se fait offrir par son père, Armand St-Pierre, de poursuivre vers les études classiques, mais ce dernier refuse, préférant s’impliquer davantage dans l’entreprise familiale. Dès l’ouverture du magasin de meubles A. St-Pierre en 1936, Gilles est chargé de la livraison, alors que sa mère et son père s’occupent de la gérance du magasin. Il n’a alors que 15 ans et le travail est dur : des mobiliers ou encore des poêles en fonte à monter parfois sur deux ou trois étages. Dans le milieu des années 1940, Mme St-Pierre tombe malade. À la demande de son père, Gilles passe de la livraison à l’administration et la vente au détail, malgré son manque d’expérience. Rapidement, il s’adapte à son nouvel environnement, entre autres en lisant des livres pour perfectionner son service à la clientèle. Tout comme son père, il se crée rapidement un bon réseau social. Il fait partie de quelques clubs sociaux, dont le Club des

Armand St-Pierre vient s’établir à Drummondville en 1933 avec sa famille. Il vient tout juste d’être nommé gérant du détaillant de machines à laver «Beatty», qui a un point de vente dans l’édifice du Manoir Drummond. À ce moment, la concurrence était forte dans la région. Un certain M. Langlais, vendeur pour la compagnie «Eureka», propose à M. St-Pierre de lui fournir des produits Eureka à très bon prix pour que celui-ci ouvre son propre commerce. Avec l’appui du docteur Pelletier de Saint-Cyrille, Armand St-Pierre confie alors à l’entrepreneur Égide Malouin la construction d’un édifice de trois étages au 759, boulevard Mercure. L’immeuble, qui abritera un magasin de meubles et des logements, est complété en 1936 au coût de 12 000$. Rapidement, le nouveau commerce se fait une bonne réputation. On y offre des meubles très diversifiés, de très bonne qualité, quoique souvent dispendieux.  Plusieurs des fournisseurs du magasin sont établis en Ontario et emploient des Allemands, ébénistes de père en fils. Le magasin jouit donc d’une certaine exclusivité régionale. M. St-Pierre commence peu à peu à se faire une place dans les affaires municipales. En février 1938, il est élu échevin du quartier centre (district no.2) de Drummondville. Il démissionne cependant deux

Le 11 août 1937, les employés de la Holtite quittent l’usine en mi-journée et déclarent la grève. Ils réclament de meilleures conditions de travail, principalement relatives aux salaires. Après négociations, les deux partis en viennent à une entente le 31 août. Signée par M. A. A. Easterson, propriétaire de la Holtite, et par les  représentants du Syndicat catholique national de Drummondville fondé le 22 juin 1935, l’entente prévoit essentiellement une augmentation de salaire de 10%, soit 18 cents de l’heure. Visiblement insatisfait de l’accord, M. Keim, gérant de la manufacture, aurait par la suite déclaré qu’il ne voulait plus se conformer à l’entente, congédiant tout son personnel en lui mentionnant que ceux qui voulaient retourner au travail pourraient le faire, mais aux mêmes conditions qu’avant la grève. La situation s’enlise ainsi jusqu’à la fin septembre, où  l’entente du 31 août est ratifiée par tous les acteurs, y compris M. Keim. En février 1948, les employés de l’usine forment leur propre syndicat affilié à la Confédération des travailleurs catholiques du Canada (C.T.C.C.) : l’Association des employés de la Holtite rubber de Drummondville. L’organisation se veut garante de la défense et du développement des intérêts sociaux, moraux et économiques de ses membres. La première convention collective

En février 1930, des représentants de la Holtite Manufacturing Co., un grand manufacturier de Baltimore au Maryland dans le domaine du caoutchouc, viennent donner le feu vert pour débuter les travaux d’aménagement dans les bâtiments de l’ancienne manufacture d’allumettes chimiques (1905-1916), sur la rue Lindsay. L’usine drummondvilloise de la Holtite Company of Canada Limited est officiellement inaugurée le 4 mai 1930, lors d’un grand banquet donné au Manoir Drummond. De grands personnages de la ville sont présents, dont le maire Walter Moisan et M. Aaron Swartz de la Southern Canada Power, qui préside la soirée. À ses débuts, l’industrie fabriquant des semelles et des talons de chaussures en caoutchouc est opérée par une quarantaine d’employés. En 1941, des rumeurs d’agrandissement visent la Holtite qui, en décembre 1942, fait l’acquisition d’une propriété privée aux abords de l’usine située au coin de la rue Lindsay et St-François (aujourd'hui Hervé-Tessier). Cette dernière est détruite en août 1949, alors que le journal La Parole annonce un agrandissement de 70 par 115 pieds, qui portera la superficie totale de l’usine à 50 000 pieds carrés. L’investissement est de 40 000$. En 1963, la Holtite, achetée entre temps par la Cat’s Paw, une division de l’American Biltrite, fait part de plans

C’est à l’été au mois d’août que j’ai quitté seul, pour la première fois, le foyer familial pour le camp d’été de santé, j’avais 9 ans. Le père de mon ami Gilles, nous y a reconduit un beau dimanche après-midi. Nous allions découvrir une foule d’activités et de nouveaux amis. Détail important, il y avait une piscine, denrée rare à cette époque dans notre ville; alors que la magnifique St-François était presqu’un égout à ciel ouvert dans ces années-là. Le contraste était d’autant plus frappant car fraîchement arrivés à Drummondville nous avions connu les eaux cristallines de la Matapédia et le lac à l’onde limpide au pied de notre chalet. Ce camp fut pour ma mère qui était veuve, une libération. Elle me savait en lieu sûr et n’avait pas à se soucier pour un mois à savoir si j’étais à faire un mauvais coup ou si je me trouvais dans un endroit défendu. J’avais 5 sœurs à la maison et pour ma part c’était un temps de paix et j’imagine qu’il en fût de même pour elles. Nous avions des monitrices pour diriger les activités sportives et autres, sans oublier les sœurs du Bon-Conseil responsables du camp. Nous couchions dans des dortoirs

En 1918, Francis Calvin Christman rencontra à la Bourse de New York Frédéric Tétreau, curé de la paroisse Saint-Frédéric de Drummondville, qui avait exercé son ministère en Nouvelle-Angleterre pendant 17 ans.  Le prêtre convainquit Christman, qui était dans la fabrication de bas de soie, de venir implanter une usine à Drummondville; une centrale électrique construite en 1915 commençait en effet à y attirer les industriels.  La compagnie pourrait ainsi exploiter un vaste marché couvrant l’Ontario, le Québec et les Provinces maritimes. Francis Calvin Christman était né en Pennsylvanie le 16 septembre 1878 dans la religion luthérienne et avait épousé Mabel Esther Bitting. En 1919, Francis Christman décida de s’installer à Drummondville; il acquit une partie des  terrains des Forges McDougall, fermées depuis 1911 et y fit construire l’usine de la Butterfly Hosiery Company Limited au 412, rue Heriot.  Cette compagnie employa jusqu’à 400 ouvriers et fut en opération jusqu’en 1963. Il dirigea l’usine jusqu’en 1929, mais la quitta pour fonder sa propre compagnie de bas de soie, la Dominion Hosiery Company Limited, angle Saint-Jean et Des écoles (Eagle Pencil par la suite).  Mais l’affaire tourna court, à la suite du désistement d’un investisseur, dans la foulée du krach boursier de New York. Christman

Un horodateur est une horloge destinée à imprimer la date et l’heure sur une carte ou une fiche. Aujourd’hui il est surtout utilisé pour vérifier les présences des employés dans les usines ainsi que dans beaucoup de stationnements payants pour véhicules. La photo montre un objet cylindrique dans lequel il y a une feuille sur laquelle sont imprimées les heures. On y introduisait une clé située dans une petite boîte métallique accrochée au mur d’un appartement ou d’un entrepôt et en la tournant, l’heure s’inscrivait sur la feuille. Dans les entreprises, les horodateurs de cette génération ont été remplacés par les caméras de surveillance. Au début des années soixante, grâce à mon père, cadre à la Celanese, j’ai obtenu un emploi d’été à l’usine. La première année, on m’a affecté au remplacement des plombiers qui à tour de rôle prenaient leurs vacances estivales. L’année suivante, je me suis retrouvé au département de la police de l’usine. J’ai alors fait connaissance avec l’horodateur. Il était surtout utilisé la nuit dans les endroits où personne ne travaillait. La clé était toujours située à l’extrémité de l’appartement. Il fallait le traverser de façon à constater si un bris ou un événement quelconque méritait une intervention. Il

Sur la première page du journal local, en grosses lettres majuscules, nous apprenons la construction d’un aréna. Quelques hommes d’affaires se réunissent pour doter la ville de cette réalisation tant attendue. Sous la forme d’une immense grange, avec des loges au deuxième, accessibles par une échelle de bois, elle se remplit régulièrement pour les sports d’hiver. Elle a comme avantage d’éviter le déneigement des patinoires extérieures à chaque tempête de neige et protège des grands vents glacials. Le service d’aiguisage de patins permet d’être au meilleur de sa performance. De plus, un bon « hot dog » en fin de soirée termine bien chaque événement. À cette époque, le hockey prend de l’expansion. Les petits villages des environs s’organisent des équipes. Des mécènes fournissent aux jeunes des gilets à l’effigie de leur commerce. Bien sûr, le patin est parfois un peu serré ou un peu grand, il faut se contenter de ce que l’on a. L’assistance s’époumone à crier à l’arbitre « de mettre ses lunettes »! Pour renforcer le confort, une couverture est glissée sous les fesses et les bas tricotés par grand-mère gardent les orteils au chaud. À force de pratiquer, les talents se développent et les étoiles montent au firmament. Les pères, fiers de leur