Samedi le 22 juillet 1967. Louise se lève tôt. Elle attend, avec son père, l'arrivée des 50 autres jeunes filles fébriles de représenter Drummondville à l'Exposition Universelle. Le départ est prévu à 6h30 chez les Giroux. Les jeunes majorettes Conquistadores ont bien l'habitude de voyager pour différents championnats, mais cette fois, c'est particulier. Elles devront performer devant des milliers de personnes provenant des quatre coins du monde. Louise est confiante, les filles sont prêtes. Elles ont pratiqué tous les lundis et mercredis soirs en sections, puis elles ont mis tout en commun pour une générale au gymnase de l'école Saint-Frédéric la fin de semaine dernière. Reste que l'horaire de ce samedi est chargé. Dès leur arrivée à Montréal à 8h, elles rencontrent les dirigeants de l'Expo pour recevoir toutes les instructions nécessaires pour leurs activités de la journée. Elles ont le temps d'enfiler leur superbe costume rouge, jaune et noir et d'accorder leur instrument avant de se produire une première fois à 11h au Pavillon des Nations. C'est une foule de 2000 personnes qui est ravie de cette démonstration. S'enchaînent ensuite une parade, un concert au Pavillon des États-Unis, puis quelques morceaux supplémentaires au Pavillon du Maine en guise de remerciements

En 1985, lorsque la Société des établissements de plein air du Québec (SÉPAQ) prend en charge l'administration du Parc des Voltigeurs, on déplore déjà une diminution importante de l'achalandage qui vient dépeindre une certaine baisse de popularité du camping dans la Belle Province. S'entame alors une série de mesures pour accroître la rentabilité, notamment l'établissement de partenariat avec les organismes publics et touristiques locaux. Une série de réussites et d'échecs. D'abord, avec les droits d'entrée au parc qui ne faisaient pas l'unanimité, le site aura vécu plusieurs périodes troubles avec rebondissements mais aussi de bons débats politiques sur la vocation qu'il devrait prendre, surtout en 1989, en pleine période électorale: promouvoir la visite du site peu importe l'activité s'y implantant ou protéger le site dans sa fonction de ferme d'origine. Le gouvernement venait de céder le Domaine (site et bâtiments) à la Corporation des Compagnons de l'École hôtelière de Drummondville pour en faire un centre des vins, le premier en Amérique du Nord. On mettait alors complètement de côté le musée agricole mis en place en 1975. La grange double qui abritait les instruments aratoires d'époque se voyait reconvertie en restaurant. Les premières années d'exploitation par l'École hôtelière n'étant pas aussi rentables

Ah les "vacances de la construction"! Depuis 1971, par un décret gouvernemental, un congé obligatoire de deux semaines est instauré pour l'ensemble des travailleurs de l'industrie de la construction. Chaque année, c'est près du quart de la population active qui s'arrête pour prendre des vacances durant cette période. Et une partie de ces gens choisiront de sortir de chez eux pour aller camper en famille. Les années 1970 sont aussi marquées par une popularité grandissante du camping au Québec. À Drummondville, le camping des Voltigeurs est certainement le plus connu. Les visiteurs n'ont que quelques minutes à faire en voiture à partir de l'autoroute Jean-Lesage pour s'installer et profiter du site de villégiature au bord de la rivière Saint-François. La saison 1978 fut particulièrement achalandée et des centaines de touristes ont même été refusés à l’entrée du parc alors que les 549 terrains étaient occupés. Heureusement, des règlements stricts limitaient à deux semaines le temps de camping que les résidents de Drummondville pouvaient utiliser, laissant ensuite leur place aux vacanciers de passage. Ce potentiel touristique avait bien été évalué par le Ministère du Tourisme, de la Chasse et de la Pêche en 1966 alors qu'il débute les travaux majeurs d'aménagement du parc