Date de parution : Mars 2022
Par Yolande Allard
En 1874, le curé Majorique Marchand sollicite la présence de religieuses de la Présentation de Marie pour enseigner aux enfants des catholiques alors en minorité à Drummondville. Cinq sœurs sont à l’œuvre, dès 1875, dans un édifice construit à la hâte à proximité du presbytère Saint-Frédéric.
La population étant sans cesse croissante et, par conséquent, la fréquentation scolaire, le couvent de la rue Brock s’avère trop petit pour loger tout son monde. Un nouveau bâtiment est érigé, en 1890, sur ce qui est aujourd’hui la rue Moisan. Le «grand couvent» impressionne par ses proportions et les nombreux rappels du style Second Empire, dont le toit mansardé percé de larges lucarnes, les corniches ouvragées, le clocheton bien aligné avec le porche d’entrée et les galeries latérales où il fait bon se délasser. La fréquentation scolaire étant toujours grandissante, on ajoute, dès 1915, une aile du côté ouest.
Bon an mal an, le pensionnat accueille 65 pensionnaires, 100 quart-pensionnaires (externes du privé) et autant d’externes du public. Le programme d’enseignement est calqué sur les règlements du comité catholique du Conseil de l’instruction publique de la province de Québec. Les parents des quart-pensionnaires déboursent, sur une base mensuelle, 2,50$ pour les frais de scolarité et un supplément de 2,50$ pour les cours de piano.
L’expression artistique constitue une composante majeure du cursus scolaire. Les élèves ont l’occasion de faire valoir leurs talents dans le cadre de petites opérettes et de pièces de théâtre mises en scène pour souligner de grands événements, tels les anniversaires du curé et de la supérieure ou la fête de la Présentation célébrée le 21 novembre.
Selon la coutume française, le congé hebdomadaire a lieu le jeudi après-midi. Pas question de flâner le samedi, jour de classe ordinaire, ni même le dimanche alors que les couventines sont regroupées par classes, avec leurs professeurs, pour assister à la messe depuis la tribune de l’église Saint-Frédéric. Chaque jour, l’enseignement du catéchisme occupe une période d’une demi-heure en plus de deux visites à la chapelle pour le chapelet et la prière du soir, la tête couverte d’un petit voile noir, le blanc étant réservé aux occasions spéciales. On apprend par cœur les manuels scolaires afin de pouvoir les réciter et répondre mot à mot aux questions d’examen.
À la fin de l’année scolaire, la direction du pensionnat publie son tableau d’honneur dans les journaux locaux, soit La Parole et Le Présent.

