Armand St-Pierre, un commerçant impliqué à Drummondville

Armand St-Pierre vient s’établir à Drummondville en 1933 avec sa famille. Il vient tout juste d’être nommé gérant du détaillant de machines à laver «Beatty», qui a un point de vente dans l’édifice du Manoir Drummond.

À ce moment, la concurrence était forte dans la région. Un certain M. Langlais, vendeur pour la compagnie «Eureka», propose à M. St-Pierre de lui fournir des produits Eureka à très bon prix pour que celui-ci ouvre son propre commerce. Avec l’appui du docteur Pelletier de Saint-Cyrille, Armand St-Pierre confie alors à l’entrepreneur Égide Malouin la construction d’un édifice de trois étages au 759, boulevard Mercure. L’immeuble, qui abritera un magasin de meubles et des logements, est complété en 1936 au coût de 12 000$.

Rapidement, le nouveau commerce se fait une bonne réputation. On y offre des meubles très diversifiés, de très bonne qualité, quoique souvent dispendieux.  Plusieurs des fournisseurs du magasin sont établis en Ontario et emploient des Allemands, ébénistes de père en fils. Le magasin jouit donc d’une certaine exclusivité régionale.

M. St-Pierre commence peu à peu à se faire une place dans les affaires municipales. En février 1938, il est élu échevin du quartier centre (district no.2) de Drummondville. Il démissionne cependant deux semaines plus tard sans donner aucune raison.

Sa popularité est telle que trois ans plus tard, une délégation de citoyens se rend à sa demeure, alors qu’il est président de l’association locale des commerçants, pour le prier de se représenter aux prochaines élections municipales. Il est néanmoins battu par un candidat du nouveau maire, Joseph Garon. La vie publique du commerçant ne s’arrête pas là. Le journal La Parole, dans l’édition du 20 janvier 1944, annonce l’élection d’Armand St-Pierre à titre de Vice-président de la Chambre de commerce du comté de Drummond.

Suite au décès de l’épouse d’Armand en 1945,  «Armand St-Pierre et fils» voit peu à peu son nouvel administrateur, Gilles, l’aîné de la famille, prendre les rennes de l’entreprise.

M. Armand St-Pierre est arrivé à Drummondville avec peu et s’est construit une réputation solide. À sa mort, en 1962, il laisse à ses proches un héritage des plus impressionnants, ainsi que l’image d’un grand commerçant dévoué dans sa communauté.

Maxime Lussier, selon une entrevue menée par Jean Thibault avec Gilles Saint-Pierre.

 

VISUEL : Dans la rangée supérieure, au centre, on reconnaît M. Armand St-Pierre photographié après son élection à titre de vice-président de la Chambre de commerce de Drummondville, en 1944. (SHD, Fonds La Parole, 1944)