1er novembre 1987 : souvenirs d’une campagne électorale historique

La ville s’était transformée le temps de la campagne et revêtait une allure de jeunesse. Les nombreux poteaux d’électricité qui arpentent les rues principales de la ville étaient placardés d’affiches électorales. Mis en évidence, les candidats y posaient tout sourire dans l’espoir de courtiser une majorité d’électeurs. C’est sur cette toile de fond que s’est déroulée la campagne électorale en vue des élections municipales du 1er novembre 1987 à Drummondville.

Une campagne trépidante

La campagne allait être ardue et la lutte féroce. Élu sans opposition aux élections de 1983, en remplacement de Philippe Bernier, le maire sortant Serge Ménard briguait les suffrages pour un second mandat et se présentait devant l’électorat de 1987 avec un excellent bilan de réalisations.

La plupart des observateurs de l’époque croyaient qu’en ce sens il allait être réélu sans trop de problèmes. Mais ne laissant rien au hasard, M. Ménard avait tout de même fondé un parti politique pour l’occasion et allait donc se présenter aux électeurs sous la bannière de «Drummondville en action» (DEA) avec une équipe complète de candidats.

Son adversaire, Francine Ruest Jutras, se présentait quant à elle avec une équipe partielle, appuyée en cours de route par les candidats indépendants des neuf districts électoraux de la ville. Son expérience des quatre années précédentes à l’Hôtel de ville, où elle avait joué le rôle de l’opposition, avait donné le ton à la campagne. Les divergences d’opinions des deux candidats à la mairie quant à la gestion des finances publiques notamment étaient palpables.

Les quotidiens de l’époque titraient d’ailleurs que leur implication en politique provinciale donnait également une couleur particulière aux élections municipales de notre ville puisque M. Ménard était bien connu pour entretenir des liens privilégiés avec le Parti libéral (PLQ) de Robert Bourassa, tandis que Mme Ruest Jutras avait été très active au sein du Parti québécois (PQ), notamment durant le congrès de 1985 qui avait fait élire Pierre Marc Johnson.

Les débats allaient bon train et les citoyens vivaient une campagne à couper le souffle. La plus grosse depuis longtemps selon plusieurs.

Une victoire à l’arrachée de 551 voix

Si les premiers sondages de la campagne assuraient la victoire au chef fondateur de Drummondville en action, les prédictions annoncées quelques jours avant la date butoir des élections prévoyaient une lutte plutôt serrée. Nul doute, les Drummondvillois avaient eu droit à une campagne électorale historique. D’abord parce que le taux de participation avait été très élevé par rapport aux élections précédentes, mais surtout parce que Francine Ruest Jutras avait accompli un exploit grandiose, ce jour-là, en devenant la première femme de l’histoire de Drummondville à être élue au poste de maire.

Martin Bergevin

 

VISUEL P89, 87-11-05-04.JPG: Le maire sortant, M. Serge Ménard, félicite Mme Francine Ruest-Jutras à la suite de l’annonce officielle de sa victoire (La Parole, 5 novembre 1987).