La Société d'Histoire de Drummond
défraie la chronique

Connaissez-vous la Meuronie ?

Publiée le 14 November 2017 par Maurice Vallée
Couverture du livre La colonie de la rivière Saint-François. Les vétérans concessionnaires, publié par l’historien Maurice Vallée. (Collection Maurice Vallée)

Tel était le titre d’un article écrit par le vicaire de St-Germain-de-Grantham, Jonathan Lemire, au tout début des années 1960. Ses recherches lui ont fait découvrir la contribution plus qu’importante des vétérans du Régiment suisse de Meuron à la colonisation de la colonie de la rivière St-François nommée Drummond’s ville par le jeune lieutenant-colonel Heriot en 1815. Le nom de la Meuronie est également avancé en 1961 par certains membres de la Société d’histoire pour nommer la région entourant Drummondville à l’instar de la Montérégie.

Mais le bouillant curé Bergeron de Wickham s’y oppose. Selon ce dernier : « Il y avait à peine deux ou trois soldats du régiment fondé par Meuron ». Nos recherches ont cependant prouvé le contraire. Ils étaient plus une centaine. Parmi ces vétérans de la Guerre de 1812 qui ont défriché les forêts des cantons de Grantham et Wickham, cœur de la colonie militaire de Drummondville, ceux du Régiment de Meuron furent les plus nombreux. Rien à voir avec la petite dizaine de vétérans du Corps des Voltigeurs. De plus, ces Meurons mercenaires nous ont laissé les plus importantes descendances encore présentes dans la région que ce soit par le biais des familles Bonner, Demanche, Morstein (Mastine), Neiderer (Nidre) ou Riff.

L’austère colonie d’Heriot fut également le fruit d’une trentaine de vétérans du 49e Régiment d’infanterie britannique dont certains furent surnommés « Tigres verts » par l’ennemi. « Tigres » pour leur férocité sans borne au combat et « verts » pour les parements de leur uniforme. L’histoire d’un fameux sergent de ce régiment, Peter Plunkett, prompt à se battre au fusil, a été racontée par le notaire Saint-Amant de L’Avenir. Parmi les vétérans des autres régiments qui accompagnèrent Heriot, plusieurs s’étaient mérités de nombreuses médailles pour avoir participé en Espagne à de durs combats impliquant des centaines de milliers d’hommes. À côté de ces géants, défenseurs de l’Empire britannique contre les troupes de Napoléon, Heriot faisait piètre figure de combattant avec sa médaille de la petite bataille de la ferme Crysler dans le Haut-Canada.

Et qu’advient-il dans tout ça du capitaine Jacques Adhémar du Corps des Voltigeurs, le grand oublié de l’histoire de la colonie? Il fut pourtant le fondateur du Drummondville catholique tout comme Heriot fut le fondateur du Drummondville anglican! Les Drummondvillois devront un jour lui rendre hommage et lui redonner la place qu’il mérite.

Pour celles et ceux qui désirent approfondir le sujet et connaître ces farouches pionniers des premières heures de cette étrange colonie de Drummondville surnommée Heriotville par certains historiens anglophones, la lecture de mon livre sur ces vétérans concessionnaires vous est chaudement recommandée.

 Le contenu de cet article est tiré du livre La colonie de la rivière Saint-François. Les vétérans concessionnaires, publié par l’historien Maurice Vallée, en 2014. Cet ouvrage est en vente à la Société d’histoire de Drummond au coût de 25.00$.

 

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